Triplette des Hivernales

En 2014, les pierres du Diable se sont arrêtées :cry: Plus de course un peu folle entre les fêtes ? … pas grave, à la place, ce samedi 3 janvier, on a droit à la 3ème (en fait, en réalité, c’est la 4ème) manche du challenge des 3 vallées. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on sera une nouvelle fois servit par les conditions. Je dirais même que, à l’heure d’aujourd’hui, c’est les pires que je n’ai eu à affronter !

Samedi matin : Il neige. Et de la celle qui tient ! Fin de matinée, je fais un petit échauffement à base de tours du jardin en tirant une luge lestée à tour de rôle par Emmy et Enzo. Il est tombé pas loin de 10cm, et juste au moment où je me réjouis de courir dans la neige, un courant d’air « chaud » passe par là et transforme la neige en pluie … et comme le débit ne faiblit pas, il risque de ne pas faire blanc à Malmedy… par contre, une chose est sure, il ferra humide !

Samedi soir : SMS de Loïc qui me dit où il m’attend et j’arrive sur place. Me gare dans le parking voisin, sort de la voiture … et splash : les pieds dans une mélasse de neige fondue de plusieurs cm -> les pieds sont déjà trempés :-( La motivation pré-course est de nouveau au abonnée absente, mais bon, je sais que dès que je serais en mouvement, ca ira mieux ;-)

Départ : Il va se dérouler dans le bordel – chaos – foutoir – … un gros n’importe quoi. Les organisateurs étant submergés par le monde et les gens ne respectant pas le principe des vagues. Dommage ! C’est donc non sans mal que nous nous faufilons jusque la ligne de départ équipé de notre dossard numéro 6. A peine parti, on fait connaissance avec les conditions du jour : 300m de gadoue puis direction le Ravel et ses 4 cm de mélasse de neige fondue. Splash splash splash les pieds sont trempés après 500m de course. On y va tranquillement car on sait que la première difficulté arrive assez vite et est looongue.

Direction Apollinaire : On quitte le Ravel, passe sur un petit pont (déjà en mode glissade) et puis place à une longue montée au pourcentage de dénivelé abordable. Je prends les devants en tentant un rythme régulier assez calme (en gros, je ne dépasse pas les autres qui courent :roll: ) pour ne pas perdre trop vite des forces (notre approche est plutôt prudente ;-) ). Le chemin est accidenté et humide : une alternance de passage dans la neige – neige fondue – eau et boue. 1km plus loin, j’ai quand même creusé un petit écart. Les pieds dans la boue, j’attends Loïc et Maga. Une fois la jonction, j’essaye d’aider Maga en la poussant … erreur car laissant la trace dans la neige à la dame, je me retrouve à remonter dans un ruisseau temporaire d’eau à 0°, Je suis trempé jusqu’au genou. Les pieds sont gelés. Et de plus en plus gelé. J’en arrive à me demander comment je vais réussir à couvrir les 8km restant. Des doutes sur un status finisher, ca m’est déjà (souvent) arrivé, mais pas sur une si « courte » distance. Presqu’en haut, le chemin s’élargit, la pente se réduit, le sol s’assèche. Un peu de recup, alors que tout le monde semble avoir les pieds qui ont réchauffé, mes miens restent désespérément gelés et douloureux.

Retour à Malmedy : Sur le sommet, nous évoluons dans un chemin agricole gelé et recouvert de neige. Difficile pour moi de trouver un rythme avec des pieds aussi dur et peu réactif. Puis place à la descente vers Malmedy … et le moins qu’on puisse dire c’est que c’est technique et assez dangereux (surtout grâce aux conditions du jour). Glissade de 2 coureurs de devant moi. Puis figure artistique et contrôlée de Magali et dans la foulée, c’est moi qui fait un petit 360° en glissade. Je prends pas mal de plaisir dans la descente. En bas, un chemin à deux niveaux… et dans l’optique de ne plus mouiller les pieds, je décide de faire l’équilibriste sur celui du dessus : 10m plus loin, je pars en tacle non préparé et peux me redresser 5m plus loin (et oui, il fait glissant).

Intermills : Un peu d’asphalte pour terminer de réchauffer les pieds. 6km et c’est bon, je me sens enfin bien dans la course. La traversée de l’ancien site de Steinbach est brève, mais agréable. Traversée de la route, puis c’est le Calvaire. Loïc prend les choses en mains et pousse Magali jusqu’en haut. Je suis et prends le relai pour la dernière bosse et toutes les relances qui suivent. Ca y est la machine est lancée, et Maga n’aura de nouveau plus une minute de répits :oops: La descente se fait sur un chemin assez roulant, mais entre coupé de nombreuses marches faite à partir de bille de chemin de fer. J’essaye de pousser mentalement Magali tout en lui éclairant au max le chemin.

En ville : On en est à 8 km et on arrive dans Malmedy. Passage sur la place Albert 1er puis dans le marché couvert qui sert de ravitaillement. Mais on ne s’y arrête pas (je ne pense pas qu’aussi « tard » dans la course, il y ait beaucoup de monde qui s’y soit arrêté). On remonte dans la ville. Il y a pas mal d’asphalte (en fait, à part une descente très technique, le parcours est hyper roulant).
Dernière bosse où on dépasse pas mal de monde (des 6kms) et avons l’impression d’être super rapide. La descente qui suis semble inquiétante car assez droite dans la pente, mais finalement ca ne glisse pas trop et je m’amuse à allonger le pas. En bas, il ne reste qu’à rejoindre l’arrivée par un chemin de cross. C’est donc dans la gadoue qu’on rejoint l’arrivée et son verre de vin chaud en 1h10. Plutôt satisfait de notre temps.

Comme quoi, comme prévu, malgré la date, le manque d’envie, le temps, … une fois sur les chemins, on arrive à se dépasser et s’éclater … y a pas a dire, ces « petites » courses d’hiver sont géniales ;-)

Juste le temps de monter pour la première fois de ma carrière de trailer sur un podium (toutes les équipes ayant participé à au moins 3 courses du challenge ont été mises à l’honneur ;-) ) la soirée sera courte pour moi mais très longue pour mes amis ;-)