Trail des Gueules Noires (53km / 2200m D+)

Alors que je m’apprête pour ma dernière course de l’année, ce n’est pas mon non respect des bases de l’alimentation sportive de ces dernières semaines mois qui occupe mon esprit … mais plutôt le «  comment m’habiller  » !
On est mi décembre, il fait entre 10° et 14°. Je n’ai pas envie de m’encombrer d’un sac à dos pendant la course, je dois donc viser juste! Après moulte consultations de la météo qui s’annonce sèche, je laisse tomber l’option kawé et prépare ma tenue printanière traditionnelle : haut longue manche style seconde peau + tee-shirt.

Réveil à 6h, je suis debout avant qu’il ne sonne (habitude de lève tôt) et me prépare avec mini moi dans les pattes (famille de lève tôt !! ) et m’en vais direction Blegny pour mon petit rituel d’avant course. On est mi décembre et je m’habille tranquillement à coté de la voiture … c’est le kif, mais c’est quand même inquiétant …
De retour dans la salle, je croise Cédric. Son seul but de la journée (à part de paraître dans mon CR) est de s’amuser. Ne connaissant pas mon niveau de recup d’OSO, je n’ai pas de grandes ambitions. On décide donc de partir ensemble.

Les premiers kilomètres m’ont été annoncé roulant par Laurent (qui l’a fait l’année dernière). Effectivement, ils le sont, mais, avec une succession de traversées de champs et de singles assez agréables, sont loin d’être ennuyant. Et ils sont même déjà fort cassant car assez techniques, bourrés de relances ( notamment à cause de tous ces tourniquets d’entrée et sortie de champs … on va en passer assez en une journée pour en être dégoutter un certain temps) et boueux (du vrai patinage à certains endroits). Comme à notre habitude, on progresse trop vite et sans s’arrêter une seconde de parler :roll:

Le peloton s’est vite étiré et peut être dû à notre position fort avancée nous ne rencontrons pour ainsi dire pas de ralentissements.
Après le passage du premier terril (escaladé via une rangée d’escaliers), changement de physionomie de course. On entre en plein dans du typé «  Lucioles  »  (pour ceux qui ne connaissent pas : une succession de raidillons casses cul suivis de descentes droit dans la pente dans les quelles on peut entrainer la technique du « viser l’arbre »). Les rares passages plats se font dans une boue hyper collante (aux chaussures) et glissante (une fois les dessins des semelles sous 5cm de boue, ils sont moins efficaces). C’est épuisant, j’en profite pour me ramasser 2 fois en 500m durant lesquels j’aurai vraiment souffert. Heureusement, la traversée d’un village redonnera un minimum de grip à mes pompes !

Après 18km, les jambes sont déjà hyper lourdes, et Cédric n’arrive déjà plus trop à relancer. C’est lors d’une erreur de balisage (petit bémol de la journée) que je me rends compte qu’il était 100m derrière moi (je n’étais pas suivi par la bonne personne ;-) ). Cédric me dit plusieurs fois de ne pas l’attendre, mais je sais qu’aujourd’hui, ça ne sert à rien de me la jouer solo et je préfère rester à 2 (il me sera bien utile à un moment ou l’autre)
Encore 3 sacrés bosses et on arrive enfin au ravito du 23eme kilomètre. Il était temps, car on a vraiment soif. Près de 3H pour rejoindre ce premier point. Bien plus que prévu. En plus il fait chaud. Je pense que ce manque d’hydratation sera une des causes des mes qq passages à vide.

3cocas, 3 verres d’eau et un remplissage de gourde plus tard, on peut se remettre en route.
Et on est reparti de plus belle. 2 nouveaux casses pattes. Je ressens l’effet post ravito et démontre mes qualités de grimpeur … la casquette enlevée, ce qui est un signe que je rame quand même ;-)

En haut, un chouette single se présente devant nous : « je mène un rythme et, si il a lâché, j’attends Cédric en haut de la prochaine grosse bosse ou au 30ème  ». Le single est comme je les aime, plein de petites relances. Souple, un peu de boue, mais praticable. Je tire (en tout bien tout honneur) Rachel car je sais Cédric pas trop loin. On travaille bien. A un point qu’on remonte 2 personnes (plutôt pas mal quand on pense que c’était plutôt le contraire les derniers km). Au bout de ce chemin, on débarque sur une route, j’en profites pour attendre Cédric qui était à peine 20m derrière.

Dans la descente, notre amie Rachel n’a aucun remord à nous déposer comme deux grosses merdes .. et bien, ca fait plaisir ;-) Je fais le malin encore 2minutes, puis c’est « THE passage à vide de la course  » : passage fort urbain. Plutôt ascendant mais léger. De celui qu’on devrait courir, mais je n’ai plus rien dans le sac. La déchéance la plus complète. C’est la que Cédric est utile. «  Il me faut un peu de roulant descendant pour relancer la machine  »  que je lui dit, mais ça tarde à venir → on se traîne. Objectif : ravito 2 au 37ème !!

Heureusement, ce que je demandais arrive enfin : grosse bosse (pour amoindrir la forme du copain) + relance en haut (pour dégourdir mes jambes). Soyons honnête et ajoutons le fait de voir tout un groupe nous ayant dépassé récemment et ayant loupé un balisage se taper une remontée de village en bonus m’a aidé :evil:

Bender is back ! … ou du moins un semblant, car les jambes tirent toujours la gueules:-s

Nous menons donc un bon petit groupe d’une dizaine de personnes vers le deuxième point de ravitaillement. Ils ont tous l’air marqué et, ça se voit, cette erreur de balisage leur à causé d’énorme dégâts.
Les 500 derniers mètres avant le ravitaillement se feront en marchant en parlant avec un petit français qui en a plein le c.l (on l’avait déjà remarqué à plusieurs reprises).

Lors de la pause, un passage en revue des troupes : les têtes sont basses. Tout le monde est marqué par l’effort. Je me jette sur le coca et le potage (nos bénévoles étant à court d’eau).

Coup de gueule et prix citron :
Arrivée du con de jour : un connard de flamand ne trouvant pas plus intéressant que d’engueuler les bénévoles car elles n’ont pas relevé son dossard lors de son arrivée au milieu de la foule !!! Crétin fini. T’as rien compris !! T’as vraiment rien à faire sur des trails sympa et familiaux !! En fait tu n’as rien à faire sur des trails tout court ! Garde ta rancœur et ta mauvaise humeur dans ton cul ! Je vomis les gens comme toi qui n’ont aucun de respect pour des personnes qui sacrifient une de leur journée pour que tu puisse exercer ta passion !!!

Bon, laissons ce déchet de la nature où il est et revenons en à cette chouette course.
Je me remplis donc de chips au sel en attendant la livraison d’eau. Une fois que la gourde peut être remplie mi eau mi coca, on peut partir. Je propose à Eric (le français) de finir avec nous (si il le veut). Il n’hésite pas une seconde et me remercie pour l’offre. «  franchement, c’est avec plaisir, on fait des ultras aussi pour rencontrer des gens !  »

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J’espère juste que notre nouveau compagnon de route ne va pas trop regretter son choix … surtout que l’on voit directement poindre la prochaine difficulté : le Terril du hasard. Il pointe haut dans le paysage, et ce ne sera pas via plusieurs rampes d’escalier qu’on ira en haut de celui-ci, mais droit dans la pente !

La montée est raide. Le soleil tape la tête. Les gouttes de transpiration coulent. Mais, au final, c’est le genre de montée que j’apprécie. Donc, à mon habitude, c’est par petits pas que j’arrive relativement facilement en haut.
Eric est arrivé juste avant moi. On s’assied 30 secondes pour attendre Cédric, puis on repart quand on le voit approcher du sommet car le bougre descend bien et se ferra un plaisir de nous rejoindre dans la descente … et c’est ce qu’il se passera., Cédric étant en bas avant moi (bon, faut avouer que j’ai pris TOUT mon temps ;-) ).

En bas, on s’inquiète un peu des 14 derniers km qui nous attendent, mais comme on est sur du faux plat descendant, on « court ». Un vol plané juste devant nos yeux me donne le sourire nécessaire pour affronter la longue ligne droite qui nous attendait. J’ai toujours aussi chaud et décide, comme imaginé avant le 2eme ravito, d’enlever une couche pour éviter de trop me déshydrater.

La fin de course, se passera sans difficulté majeure, à part une nouvelle erreur dans le suivi des balisages. Le terrain reste humide, agréable, bourré de tourniquets, mais roulant → on court, parle beaucoup et remonte même quelques coureurs. Finalement, on mettra moins de 2h30 pour faire les 16 derniers km.

Fatigué, mais content d’être venu et d’avoir passé une journée bien agréable en ayant croisé autant de personnes sympathiques.
On profite encore quelques instants de cette belle journée autour de la traditionnelle Céleste.
Puis une douche froide, non, GLACÉE (on ne peut pas gagner à tout les coups :-( ) et le zombie peut rentrer à la maison