sur les Traces des Ducs de Savoie (TDS – 119km – 7250m D+)

TDS 2015 : L’enfer au paradis

Bientôt ma première course de montagne. Pour cette première course, il parait que j’ai mis la barre relativement haute. J’ai donc droit à une répétition de « c’est une course de fou », « Quoi ta première expérience montagnarde sur la TDS ? Mais t’es fou ? », « Tu vas en chier », « c’est pas de la petite course » …
Pas de soucis, j’ai l’habitude des comparaisons avec des personnes ayant une déficience mentale! Et, heureusement j’entends de temps en temps des « tu va te régaler », « c’est la plus belle », … sinon, je pense que j’aurai puisé une excuse bidon ou l’autre dans le manuel du parfais dégonfler pour justifier mon absence à Chamonix en cette belle journée d’août 2015… en fait, non, je suis une tête brûlée et je pense que je le resterai :oops:

profil tds

La journée s’annonce belle… Ça fait maintenant 3 semaines que je scrute les prévisions météo car, ne supportant pas très bien les excès de chaleur, une chose m’inquiète plus que tout : la montée vers le Fort de la Platte en plein cagnard (je vous parlerai des cauchemars dû au col du Tricot plus tard). En plein après-midi, en sortant de la cuvette made in vallée, je crains de trop grosses chaleurs …. Et bingo 32° sont annoncé début d’après-midi à Bourg St Maurice. Youhou, pile ce que j’appréhendais. Moment choisi par un collègue ayant participé à la CCC version 2011 (et ses conditions hivernales) pour m’expliquer que la chaleur ça se gère, mais que le froid, la pluie et la neige, ça se subit et c’est une horreur !

C’est donc convaincu que tout se passera bien, et après 3 journées à vérifier le matos dans le sac de course, le sac d’allègement, le sac d’avant course, le sac d’après course, le sac de voyage, le sac de couchage, … que je démarre enfin la voiture (plus chargée que pour partir en vacances :oops: ) direction Chamonix. Car oui, la TDS se déroule à Chamonix. Bon c’est surtout le retrait de dossard, l’arrivée et la bière de recup qui ont lieu à Cham (il parait que maintenant que je suis cool, je peux dire Cham). On est mardi 25 août, il est 8h30 et mon arrivée au pied du mont Blanc est prévue vers 16h (ma Belgique n’est pas toute proche :-( ), l’ultra autour de l’ultra a commencé !

C’est la première fois que je viens dans les Alpes, c’est donc avec une excitation de plus en plus palpable que je traverse le Jura et arrive au pied du massif du Mont Blanc. Tout est si beau et si grand … une chose m’étonne : je m’attendais à un léger vent de panique une fois au pied de toutes ces montagnes autour des quelles je devais me balader. En fait, non, je suis serein. Relativement sûr de moi : la préparation s’est plutôt bien passée et je suis du style à penser qu’il est inutile de perdre de l’énergie avec un stress excessif.
Mon hôtel est relativement loin du centre de Cham (2km). Autant ca ne me pose pas trop de problème pour mercredi matin, autant je suis plus perplexe pour mon retour jeudi après midi. Je tente de trouver place plus près, mais me résigne assez vite tellement tout est saturé. Retrait de dossard, plat de pâte dans le premier resto croisé, préparations du sac de délestage et du sac de course … puis au lit, histoire d’avoir quelques heures de sommeil, car le réveil est programmé à 2H !

DSCN3003Shakira et son « Loca Loca » matinal me sorte du lit. Ayant vu qu’il y avait un bébé dans la chambre d’à coté, j’essaye de faire le moins de bruit possible … mais une douche à 2h du matin, ça ne passe pas inaperçu. Un gatosport et une pause technique plus tard, je suis prêt pour ma première ballade du jour. Comme les 119km au programme me semble trop facile, j’ajoute 2 km de marche avec 3 sacs à dos pour rejoindre les bus. En route, je fais quelque pas avec d’autres noctambules (de ceux qui vont bientôt dormir et qui en ont besoin :roll: ) et en profite pour récolter les premières bribes de félicitations et d’admiration 8-)

35 minutes de bus avec la traversée du tunnel du Mt Blanc (rien que le prix de passage rembourse presque la course :shock: ) et 1h d’attente dans le froid des gradins d’une patinoire, une nouvelle ballade vers l’arche de départ. Voilà, on y est, plus moyen de faire marche arrière (encore aurais je voulus !), je vais faire la TDS !!

Mais trêve de blabla d’introduction et place à la course. Suiveurs attentifs, voici le mode d’emploi du récit :
En bleu  : la théorie de ma feuille de route. Obtenue juste grâce aux nombreux Comptes Rendus lus (merci à tous pour ces bons moments de lectures pleins d’informations au combien importantes !)
En vert  : ma situation physique/morale ET ma réévaluation de l’objectif en début de tronçon
En noir : la réalité

Courmayeur –> Maison Vieille / Chécruit

2 km de route puis une longue montée sur piste 4*4
GOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

2 km de route puis une longue montée sur piste 4*4 ;-)

DSCN3023Sinon, pour être plus complet, j’ai quitté Courmayeur avec Steve et Cédric. Il s ont l’air chaud patate et je préfère les laisser partir dès que la route commence à monter. Les jambes sont bien (manquerait plus que çà), et je monte à mon rythme. Admirant autant que possible le paysage : la vue sur la vallée, et un peu plus tard sur le massif du Mont Blanc. Le chemin est large, mais il y a énormément de monde. Je décide de ne pas trop dépasser histoire de ne pas user de l’énergie inutilement. J’essaye de boire assez souvent et me rend compte que je n’ai pas sorti la pipette de la poche d’eau du sac … Erreur qui ne coûte finalement pas cher, car ma gourde est remplie (ah oui, la peur de la soif et l’envie de varier les plaisir m’a fait embarquer 2 litres d’eau dans le sac et une gourde de 60cl sur la bretelle du dit sac )

J’arrive au pointage de Chécruit en 01:18:29
001 checruit
Le jour s’est levé et une magnifique journée s’annonce

Maison Vieille / Chécruit -> Lac Combal

Pas d’arret.
[Col] Arret Mont Favre : Single peu raide 400m D+ pour 4km (2420m).
Descente tranquille
+- 3km de plat vent de face vers le ravito

jusque là, tout se passe comme prévu … les jambes commencent à répondre présentes. Parfait !

DSCN3032Je ne me suis pas arrêté et ai dû gagner 100 places d’un coup. Le chemin est devenu étroit et ça cale bien. J’en profite pour faire quelque photos et, surprise, Steve revient sur moi lors d’une de ces photos … ils se sont arrêté boire un coup.
Une fois récupéré un rythme convenable on (maintenant je suis 2) enchaîne une série de petites bosses et relances tranquillement (au rythme de la file quoi).

Cédric nous rattrape dans la descente qui suit. Celle-ci est chouette. Pas trop difficile, ni trop roulante. Avec juste assez d’obstacles pour la rendre relativement ludique. Je me dis que l’avantage des courses en montagne, c’est que les descentes sont longues et quand elles sont chouettes comme celle-ci, on en profite plus longtemps ;-) (je ne penserai pas cela toute la course … ).
DSCN3055Pause pipi en bas, puis, on a le choix : courir ou marcher. On est bien, on décide donc de courir. Il commence à faire chaud, mais sans vent de face, ca passe très facilement. Dans la bonne humeur.
Premier ravitaillement (pour moi) atteint en 03:01:34

003 Combal

Là, il faut bien remplir les stocks d’eau car le prochain ravito est prévu dans 21km, 2 cols et un peu moins de 4h. Je mange une gaufre à la cannelle faite maison (en suivant la recette GTLC ;-) ), un peu de TUCs, du chocolat et plein de fromage (put..n il est bon ! ), puis je me considère bon pour reprendre la route.

Lac Combal -> Col Chavanne

[Col] Chavanne : Début roulant et large fin raide et en single. 600m D+ en 5,4km (2581m)

Un peu de fatigue, mais je me sens bien

Nous voilà donc en route pour le Col Chavanne. Il faut d’abord parcourir un peu la vallée. J’écoute les histoires de reconnaissances plus ou moins foireuses faites par Cédric il y a 2 ans tout en profitant du paysage. Car punaise, comme c’est BEAU !!! Le temps parfait pour en prendre plein la vue.
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Le chemin commence à s’élever. D’abord doucement. Je suis bien dans la course, tellement bien que je suis surpris de l’altitude que l’on a déjà pris. Un coup d’œil en haut, il reste encore pas mal de chemin et la pente commence à être significative. Quelque dépassement. Alors que la montée se passe bien, le décor change et devient plus rocailleux. On gagne en altitude, je commence à ressentir de légers symptômes de celle-ci. J’ai un peu la tête qui tourne, rien de bien grave si ce n’est qu’il vaut mieux être attentif, car la trace n’est pas fort large et l’éventuelle chute via le talus pourrait être très douloureuse.
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2560m, ca y est, on est en haut après 04:20:14 de course.
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004. chavanne

Col chavanne -> Col du Petit St Bernard

Longue Descente roulant : 8km 770m D-
Montée en pente « douce »
Lac Verney
[Col] Raidillon du Petit Saint Bernard à travers tout 300m pour 100m de D+

Pour le moment, c’est le kif absolu.
Place à la première longue descente : ATTENTION à la gestion

DSCN3094Quelques photos, puis en route pour la premières longue descente de ce début de course … et comme prévu, elle est légère et roulante. Un but : ne pas s’emballer. On se tient donc à un rythme de 10 km/h dépassant plus de coureurs que l’inverse. Ma montre vibre tous les 500m et me sers d’alarme « bois un coup ». Seul problème : sur la fin de cette descente, une des attaches de mon porte dossard a décidé de ne plus faire son travail … tous les 100m je me vois obligé de refixer le dossard -> petit énervement qui doit aider mes mauvaises sensations sur la fin (et le fait que je courrai 50m derrières mes 2 comparses).

DSCN3107Un peu moins de 6H de course pour arriver dans le fond, et on est toujours autant sur excitation du début de course et avons du mal à nous tenir calme :oops: et remontons pas mal de gens.
Le cap des 30 km est passé depuis quelque minutes, et mes jambes deviennent lourdes : normal, c’est la distance habituelle … mais un peu inquiétant quand même. Aurais-je été trop ambitieux ou téméraire ces derniers kilomètres ? La montée un peu sauvage vers le Lac Verney et la traversée de celui-ci (par le coté) se fait plus tranquillement. On en profite pour apprécier ce morceau de paradis (et éviter certaines de ces chères vaches installées sur notre trace).
DSCN3128Reste le petit raidillon vers le Col du petit St Bernard dont tout le monde parle dans leur CR. M’étant entraîné à base de « droit dans la pente à 45% de moyenne », je n’ai pas trop de mal à franchir le talus … surtout qu’il est impossible de dépasser et que je me retrouve vite bloqué dans la file.

06:47:05 pour arriver jusqu’au ravitaillement. Une nouvelle fois, on va à l’essentiel : remplir les stock d’eau, une tasse de coca, une tasse d’eau pétillante, un bol de potage, du fromage (toujours aussi bon), du chocolat et du saucissons … j’en profite juste pour faire une petite remarque sur le fait que madame tirerai de sacré yeux en voyant le mélange qu’on fait lors d’un ravito   :roll:

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005. st bernard

Col du Petit St Bernard -> Bourg St Maurice

14km de descente !!
Début roulant et pas trop raide.
Plus on descend plus c’est raide et en plus, ca devient technique
Attention à la chaleur dans la vallée

J’espère que la descente sera moins monotone et éprouvante que la précédente :-(
On continue à ne pas trop s’emballer et gérer l’effort !

Comme annoncé dans la théorie, la descente commence très calmement. Un peu plus de 7H de course. Il ne faut pas être nécessairement fort en math pour se rendre compte qu’il est 13H et qu’il commence à faire bien chaud. Au fur et à mesure de la descente, on alterne entre les parties roulantes et un peu plus techniques.
DSCN3143Accompagné d’un bon descendeur et d’un descendeur kamikaze, Steve essaye de s’accrocher… sa présence nous permet de ne pas trop nous emballer. Cela ne nous empêche pas de dépasser pendant toute la descente !
Je passe ma descente à regarder la température affichée par la montre en me rappelant qu’on annonce la fournaise en bas … alors que j’ai déjà plus de 30° affiché.
Un peu stressé par cette chaleur, je soigne au max l’hydratation : 2 gorgées tous les kilomètres. Les pieds commencent à chauffer (je ne le sais pas encore, mais ca va ruiner la fin de ma course) et essaye d’alléger un peu ma foulée. Les passages dans l’ombre sont accueillis avec sourire … mais sont peu nombreux.
Sur les 2h30 espéré, on en mettra moins de 2 pour rejoindre la vallée. Le dernier kilomètre sera fait en marchant histoire de récupérer un peu et assurer la transition … car après, c’est le gros morceau de la journée.
J’entends dire qu’après cette descente, les gens ne courent plus … on verra … en tout cas, je garderai cette remarque dans un coin de ma tête pour le moment M ;-)
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Arrivée au ravitaillement après 08:53:54 de course. Une nouvelle fois, faute de places assises, on ira de nouveau à l’essentiel :
- remplir les stocks d’eau
- boire de la St Yorre pour optimiser l’hydratation
- boire du coca pour le sucre instantané
- boire un potage pour avoir quelque chose dans l’estomac
- manger plein de fromage, chocolat, saucissons, TUCs, … car il faut bien … et que j’aime ca ;-)

Malgré le règlement qui semblait assez strict, je m’essaye à faire remplir ma gourde d’appoint avec de l’eau pétillante (La St Yorre pleine de minéraux est top pour ce que l’on vit). Pas de soucis, je peux m’en aller avec ce précieux breuvage … et il me sera utile !

Contrôle du matériel (GSM – Veste – Frontales) et on peut sortir de la zone de ravitaillement après 15’ (et 123 places gagnées) :shock: Belle performance, moi qui pensais m’arrêter au moins 30’ (surtout qu’habituellement je ne suis pas des plus performant à cet exercice)
007. st maurice out

Bourg St Maurice -> Fort de la Platte

[Col] Fort du Truc : 2,75km pour 625m D+ – 23% assez ombragé et large pour dépasser (1473m)
[Col] Fort de la Plate : 2km pour 500mD+ – 25% plus exposé (1973m)

Il fait chaud, c’est ce que je craignais. Bon, go go go

Nous voilà donc parti à l’assaut du gros morceau de la journée : 1200m de D+ en 5km, et tout cela accompagné d’une chaleur étouffante. Après 50m je suis déjà en nage, ca promet. Je commence à me demander si nous n’aurions pas dû nous arrêter un peu plus longtemps. J’apprécie le rafraîchissement à base de tuyau d’arrosage, ainsi que, un peu plus loin, le ravitaillement maison tenu par deux charmantes demoiselles.
5’ qu’on a quitté les stands que je bois volontiers tout le gobelet tendu. Ces marques d’attention font vraiment chaud au cœur (en plus de la météo, je vais finir grillé ! ), mais comme je me plais à dire à mes compagnons de route, une fois quitter le village, ces aides vont devenir difficile à mettre en œuvre et on sera livré à nous même …
Ca y est, on arrive dans les premiers serpentins de l’ascension ! Je lance un « J’en rêve depuis 1 an » à mes amis (disons que c’est surtout de l’arrivée au fort de la Platte que je rêve) … réponse de Cédric : « moi j’en fais des cauchemars » ! J’entends la réponse d’une oreille, et avec la surexcitation du moment je me mets à dépasser le groupe devant nous.
100m plus tard, je me retourne et me rends compte que je suis le seul à dépasser. Tant pis. Je vais faire ma montée et attendrai 10’ au Fort de la Platte pour voir qui arrive.

DSCN3150Début plutôt costaud. Il fait chaud mais on est à l’ombre. Je me force à bien soigner l’hydratation , mais ce n’est pas facile. Je continue à remonter pas mal de monde. Il y a également de plus en plus de monde assis sur le coté. « Ne pas s’arrêter », telle est ma consigne. J’en profites pour me rappeller mes aller-retour dans le talus en dessous de chez moi, me répétant inlassablement les mêmes consignes : – Des petits pas – Se tenir bien droit – Maîtriser la respiration – ne pas trop forcer avec les bras.
Plus on monte, plus il fait chaud et il y a moins d’ombre ! Un gel salé et je continue sur ce chemin raide, mais techniquement facile. Maintenant qu’on a quitté l’ombre des bois, ca cogne sec ! Plein soleil, les jambes commencent à souffrir et je n’ai plus l’explosivité pour dépasser. Je dois donc attendre qu’on me laisse passer.
DSCN3152Alors qu’on contourne le fort du Truc, on est en flanc de « colline », le soleil tape vraiment fort, et mes pas deviennent plus hésitants et chancelants … ce n’est pas le moment de tomber, car la chute pourrai durer pas mal de temps :-s Je suis assez content de bifurquer et « rentrer » dans les terres (m’éloigner du vide quoi).

On voit le fort. Il semble si loin. Ma montre indique 41.8° … alors que je rattrape un compatriote, celui-ci s’effondre juste devant moi. C’est Alain, un des organisateurs du TDC que j’ai fait 3 semaines plus tôt. La chaleur a eu raison de lui. Il est mal en point, mais après m’être assurer qu’il « allait bien » et que je ne pouvais rien pour lui (à ma surprise, le bougre finira cette TDS, au vu de sa tête, ce n’était vraiment pas gagné), je reprends mon ascension.
La tête basse, je reste dans la file. Tellement tout le monde est marqué, silencieux et la tête basse, on dirait un cortège funèbre. Un coup d’œil de temps en temps pour voir que le fort ne semble pas se rapprocher :cry:
C’est un peu le trou noir jusqu’à mon réveil par des supportaires qui m’annoncent le point d’eau dans la cour. Chouette on y est ! 3 gourdes d’eau renversées sur la tête, une 4ème pour boire. Je sors mon paquet de cacahuètes et m’assieds par terre pour la première fois de la journée. Profitant de la vue et de l’apéro et attendant mes potes.
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10’ plus tard Steve fait son apparition. Cédric était dans le dur et il l’a laissé agoniser à son rythme. A cause de la surchauffe lors de la descente vers BSM, mes pieds me font souffrir. Je les NOK pendant que Steve se rafraîchit.
Ca y est, on peut aller voir comment ca se passe du coté de Pralognan. 2ème point de la journée dont je rêvais … et je ne vais pas être déçu !
Le pointage se fait à la sortie du fort. Dommage pour mes stats, car même avec les 20 bonnes minutes d’arrêt, je suis monté en moins de 2H !
008. Platte

Fort de la Platte -> Passeur de Pralognan

[Col] Forclaz : pas trop raide : 330m D+ pour 3,25km (2352m)
Descente sur les lacs : assez technique
[Col] Passeur de Pralognan : 300m D+ en 1,5km. Raide et étroit (2547m)

Il fait chaud et mes pieds m’inquiètent !

DSCN3162Je m’attendais à évoluer tout de suite sur du moins raide, mais non, le début de l’ascension vers Forclaz reste assez soutenu, mais ca ne dure pas longtemps et ensuite, on peut profiter des alpages en se permettant même de relancer de temps en temps. On voit arriver le début de soirée avec soulagement.
DSCN3165La descente suivante était annoncée technique … et elle l’était. Un enchaînement de rochers et autres pierres peu stables … avec en point de mire le vide :shock: qui se fait tranquillement. Mes pieds commencent à protester.
La remontée qui suit est tout aussi acrobatique. C’est raide, sur flanc de montagne, avec quelques passages rocailleux, étroits. Je me dis que c’est quand même limite par endroit et je plains ceux qui devaient passer par la de nuit
Une fois en haut, on a le plaisir de la vue … et de se voir offrir un verre de coca par les bénévoles … ca c’est une bonne surprise ;-)
009. Pralognan

Passeur de Pralognan -> Cormet de Roselend

Descente : Début hyper raide et technique. Reste assez technique
Dans le fond on rejoint le cormet sur piste assez roulante

C’est raide 200m. Puis vous traversez le pierrier et vous voyez où ca devient vers, à partir de la c’est roulant jusque Roselend

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Ca y est on y est : Pralognan. D’après la quantité de CR lus, c’est la terreur de la majorité des runners. Moi, à force d’en entendre parler, je rêvais d’enfin pouvoir affronter ce passeur. Quelques rochers, un peu de corde, le vide en dessous de nos pieds. Les gens sont disciplinés, il fait toujours plein jour. Un régal avec une pensée émue pour ceux qui doivent passer ici de nuit.
Le pierrier qui suis descend toujours bien et, au vu de mes pieds, est presque plus difficile que le passeur en lui-même.
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On arrive où c’est vert … et donc roulant … bon bin, pour le roulant on repassera, les montagnards ont vraiment une autre notion de roulant. On évolue sur des singles étroit, parsemé de rocher à enjamber, de relance plus ou moins délicates. Premier gros coup de mous. Alors que je m’attendais à dérouler jusque la base de vie, je me traine dans les pierres. C’est un premier coup au moral. Et évidement, après plus de 13h de course, ce moral est utile :cry:
Après m’être trainé des heures (oui, la notion de temps est fort approximative) sur ce single, on arrive sur le fameux chemin 4*4 qui amène au ravito. C’est roulant (pour de vrai), mes jambes répondent toujours présentes … c’est donc en trottinant qu’on ferra les 3 km qui nous séparent de Roselend ! Moi, je dit : « bel exploit » 8-)
010. Roselend

Notre mission : manger, se changer, réorganiser les sacs, remplir les poches d’eau, sortir la frontale. Si on peut en plus ne pas prendre trop de temps, c’est encore mieux … bon on se sera quand même arrêté 45’. Le temps de voir Cédric revenir (ca nous rassure, il a au moins passé la big ascension et la big descente). Il est chaud patate et nous dit qu’il va nous rattraper. Alors qu’on s’apprête à quitter le chapiteau, on annonce que Pau BARTOLO vient de gagner la TDS !!

Cormet de Roselend -> La Gitte

[Col] Col de la Sauce : début 4*4 puis vers single. Attention balisage car nuit et pas de balisage superflu
Pas trop dure. Risque d’humidité (2307m)
Descente très technique (boue-pierres- racines)
Passage du Curé (chaud)
On descend encore bcp jusque la Gittaz


En relisant mes notes, je me rends compte que ma feuille de route était plutôt pas mal pour quelqu’un qui n’avait pas reconnu le moindre km !
On commence donc bien par un sentier 4*4 bien peinard … et la frontale éteinte 8-) La nuit commence à tomber, et même si le ciel est super clair et dégagé, on doit allumer nos lupiottes au moment de quitter la route/chemin.
Après, effectivement, c’est un peu chaotique. On remonte la pente un peu au milieu de nulle part. C’est difficile d’imaginer la trace et devons fréquemment faire du hors piste pour rejoindre les balises.
Le sol est spongieux, on traverse de temps à autre des filets d’eau, mais la montée en elle-même passe vraiment facilement. C’est juste dommage que le bénéfice des nouvelles chaussettes dure si peu de temps.
Une fois en haut, on n’est nulle part. On traverse des champs, contourne des vaches. Le ciel est clair, la température agréable, la ballade est toujours aussi chouette.
Puis, vient le moment de redescendre. Dans les alpages, à éviter des pieds de vaches (c’est ainsi qu’on nous a nommé les obstacles fait de marches/trous plein de boue). Ma technique de pied est toujours aussi délicate … mais elle est cachée par la descente spectaculaire de Steve qui se retrouve sur les fesses tous les 10m :roll:
Vient le moment du passage du curé. En fait, il n’y a rien de vraiment inquiétant : une autoroute sous un rocher. C’est large, le sol est rocailleux, on entend bien l’eau qui coule en dessous, c’est beau, mais il ne faut vraiment pas s’en faire … juste peut être éviter de lâcher les bâtons en cas de glissade ;-)
Entre toutes ces péripéties, on se sera même permis de relancer à plusieurs reprises (qui a dit qu’on ne courait plus après Bourg St Maurice ?).

La Gitte -> Col Joly

[Col] La Gitte : Single raide puis 4*4 Puis un peu moins raide . Puis faux plat. Fort long (surtout sur la fin) (2308m)
Descente vers Bolche
Petite remontée
De nouveau descente vers Joly

Mes piiieeedddsss :–((((((

Le ravitaillement de la Gitte est composé d’un abreuvoir à vache et un tuyaux d’arrosage … personnellement, je rempli ma gourde et je suis prêt … j’attends donc mon coéquipier assis dans l’herbe un peu plus loin … je ne sais pas ce qu’il fait exactement (et je ne veux pas le savoir), mais il arrivera 15’ plus tard :grrr: j’ai faillit attendre !
J’ai eu le temps de consulter ma carte, et une fois en haut, on va beaucoup descendre, et ca, aujourd’hui, je redoute !

On peut enfin y aller. Et effectivement, c’est assez raide, avec l’impression d’aller droit dans la pente. Comme depuis le début de la journée, on maintient un plutôt bon rythme. On dépasse encore un peu, puis nous nous laissons « conduire » par un gars qui a un rythme qui finalement nous convient à merveille. A peine le temps d’entamer la série de lacets qui suit que l’on doit s’arrêter car Steve doit recharger sa montre avec tous les aléas que ca implique : retrouver la batterie, recapter le signal GPS, … nous voila arrêté sur un single bien étroit en plein milieu d’une cote.
Une fois prêt à repartir, vu qu’il nous a fait perdre notre guide, je l’invite à mener la cadence … et elle sera soutenue … et on aura repris les 4-5 minutes d’arrêt sur notre ex guide avant d’entamer la 2eme partie de l’ascension : un long faux plat sur chemin 4*4.

Steve continue sur sa lancée … et mon gros point faible est directement mis en lumière : je ne marche pas vite :cry: Je m’accroche autant que je peux, mais je le vois quand même s’éloigner tout doucement. La pente se durci très légèrement, j’en profite pour augmenter mon effort et garder la même allure de marche. Ce qui me permet de recoller (un coup d’œil à ma montre, j’ai atteint 650m/h sur une pente légère :shock: ). Avec encore une dizaine de personnes remontées sur les 4 derniers kilomètres, on peut dire qu’on a, une nouvelle fois, fait une grosse ascension !

En haut, c’est légèrement technique, mais avec plus de terre que de pierres, j’en profite donc pour relancer (car je n’en ai pas encore assez). C’est bizarre cette sensation d’être vraiment bien. Beaucoup mieux qu’espéré … bon ca ne va plus durer. Le sol devient plus dur, Steve reprend la tête, quelque dépassement hors piste (que j’ai quand même du mal à gérer). Puis de plus en plus de pierres et les douleurs au pied de moins en moins gérables. Je décroche tout doucement. Un nouveau dépassement de Steve. Je n’arrive pas à le suivre … puis tout s’effondre ! Je dois me résoudre à le laisser filer et me mets à marcher comme je peux … et je commence à me faire dépasser :cry:

Le chemin qui me sépare du col Joly est sauvage ! Que du single et de la pierre. C’est beau, mais il faut être honnête, sur le moment, je n’en profite pas. Je ne veux qu’une chose : c’est arriver au ravitaillement, même si je sais qu’après, c’est la descente tant redoutée vers les contamines. J’évolue la tête basse. Je suis même complètement essoufflé après un raidillon d’une centaine de mètres. Je commence à m’asseoir tous les 500m. Ma moyenne en prend un sale coup ;-) Dès que le chemin le permet, j’essaye de trottiner pour finalement arriver au Col Joly en un peu moins de 19H

Après presqu’un kilomètre de « sprint », c’est chancelant que j’entre dans la tente. Il fait vide, mais la bonne humeur des bénévoles me mets du baume au cœur. En plus, Steve est toujours là. Comme il est sur des bases de Histoire de bien m’imprégner de ce qu’il me reste à survivre, je jette un nouveau coup d’œil au profil de la course. Je ne sais pas pourquoi, mais depuis le cornet de Roselend, cette descente vers les contas m’inquiète !

012. Joly

Col Joly -> Les Contamines

Descente en 3 parties:
-> Port Romain : piste/sentier pente moyenne
-> ND de la Gorge : Chemin caillouteux
-> Contamines : 4km quasi à plat

Il me reste deux descentes à affronter. Le col du Tricot, j’ai les jambes, j’en fais mon affaire !

Comme annoncé dans le roadbook, le début est assez calme, et même si j’ai toujours du mal à trouver de bons appuis et que je continue à me faire dépasser, je n’évolue pas si mal (à partir d’un certain moment, on se contente de peu).

Puis, c’est parti pour du « plus raide et plus technique ». Et là, je me traine pour de bon. Devant me mettre de plus en plus fréquemment de coté pour laisser des coureurs en meilleur état que moi. La tête basse, je mords sur ma chique. C’est vraiment dur psychologiquement. En plus, comme je vais plutôt lentement, je commence à glisser et me retrouver les fesses à terres plus souvent que mon moral ne me le permet ! Une nouvelle glissade. J’en perds un de mes bâtons. De rage, l’autre le rejoint aussi tôt. Ca y est, je suis à deux doigts de craquer ! Il va me falloir une bonne minute pour me décider de me relever. Récupérer mes bâtons et repartir.

Il reste 30 bornes, je suis très large au niveau des barrières. Je décide donc de me trainer en marchant jusque Chamonix !
Alors que j’avance sans aucun but, si ce n’est celui de rejoindre tranquillement l’arrivée, je passe devant un panneau « ND de la Gorges : 1H40″. Allez, je me remotive, je peux le faire en moins d’1H20. Un but, voilà ce qu’il me fallait, surtout qu’après on annonce 2-3km sur route.
Ca reste peut glorieux, mais ce retour de positivisme va m’amener en moins d’1H10 de galère à ND de la Gorges. Petite pause et puis je repars.

Mon roadbook annonce 4km légèrement descendant sur route. Alors que c’est l’enfer du commun des mortels (je parle des débiles, qui, comme moi, se lancent dans des courses telle que la TDS), moi, je le vois comme un cadeau du ciel :roll:
« Allez, t’as les jambes, donc tu cours jusqu’aux Contamines »
Me voilà en train de courir. La batterie de ma montre m’a lâché, je sais juste que j’ai mis un peu plus de 30’ pour rejoindre le ravito. Ce n’est pas de la route, mais du chemin hyper carrossable. Le profil n’est pas réellement descendant, mais je m’y tiens : je cours … et dépasse même une dizaine de personnes (qui en passant doivent se demander comment le boiteux vu il y a 5’ peut courir de la sorte).

Après plus de 90km en montagne, même si ce moment jogging me met le moral au zénith, je m’essouffle rapidement. Mais j’ai dit que je courais jusqu’au ravito, alors, je cours. Et à part une belle petite bosse en ville, j’y serais arrivé (au moins une petite victoire personnelle ;-) en en période de crise, c’est important) en 21h20.
Engaillardi par cette « victoire », je ne m’attarde pas plus qu’il ne faut. Aussi bizarre que ca puisse paraître, je suis toujours sur des bases de 27h. Et comme le col du tricot va passer comme une lettre à la poste, je retrouve une confiance/motivation sans faille (ou presque).
Le temps quand même de me ravitailler et de remplir les stocks de liquide et je repars, en mode canard boiteux … ma démarche dans les rues des Contamines semble susciter pas mal d’interrogations :roll:

013. contas

Les Contamines -> Col du Tricot

[Col] Tricot 1. Jusque Chalet du Truc (1716m)
Descente sur Chalet du Miage (1566m)
[Col] Tricot 2 : Raide. Jusqu’au sommet 425m de D+ en 1,6km (2109m)

[mode hyper confiant : ON ] Dernier Col : finger in the nose

Un peu de bitume et quelques escaliers. Il faut le temps de relancer la machine, mais une fois que la pente est bien marquée, je prends mon rythme de croisière : se tenir droit / petits pas / bien contrôler la respiration (le refrain ne change pas). Sur ce chemin raide, mais dépourvu de toute technique, je me fais un plaisir à grappiller quelques places.
Alors que je commence à fatiguer, mais aussi à être limite euphorique, virage à droite, et les conditions de route changent radicalement : fini l’autoroute, place au single de racines, pierre et « talus » à enjamber.

Je fais un peu moins le malin, mais essaye de tenir la cadence car je me sens poussé au cul par le petit groupe que je viens juste de dépasser.
Des lancements au genou droit rejoignent mes traditionnelles douleurs aux pieds. Tous ces obstacles à enjamber me font vraiment mal. Même en montée, je suis obligé de laisser passer le bus. En serrant les dents, j’arrive en haut du premier pallié et m’arrête 2 minutes pour retrouver mon souffle … et un peu d’énergie mentale.

La descente qui suit est également annoncée technique. Rien d’insurmontable en soit. Mais, il faut aussi faire avec l’état physique du moment, et le mien n’est pas glorieux. Je me traine donc en mode randonneur jusqu’en bas. Le genou est de plus en plus douloureux,
Tellement douloureux que, une fois en bas, je n’arrive plus à plier le genou. Je suis face à un mur.
De nuit, grâce aux lampes frontales des coureurs, on peut facilement se rendre compte du parcours à effectuer … et pour la première fois, je me demande vraiment ce que je peux faire. Je suis dans la vallée, et quelle que soit la décision, j’aurais un sacré bout de chemin à faire pour trouver quelqu’un de l’organisation. Il ne me reste qu’une solution, affronter ce géant de face !!
Avec un peu de chance, la montée ne sera pas trop technique …

Bon, je vais vite déchanter ! On peut comparer ce col à un escalier de géants fait de marche de pierres. Avec un genou qui ne plie plus, je n’ai pas beaucoup le choix, je dois monter tout via la jambe gauche (et en trainant la droite autant que possible derrière).
Clopin clopant, je passe les marches unes à unes. Un coup d’œil de temps en temps en haut ou an bas, pour me rendre compte que je ne suis pas prêt d’arriver.

Quelques chutes de désespoir plus tard, je me décide enfin à arrêter quelqu’un pour avoir un anti douleur. Évidement, j’ai réussi à arrêter un gars qui ne parle pas français :roll: … ce n’est pas grave, j’arrive quand même à me faire comprendre, et en cadeau, j’ai droit à 2 Nurofen. « Attends 15’ que ca fasse effet » qu’il me dit en partant. Je m’assieds donc par terre, la jambe tendue, en essayant de ne pas trop déranger (il faut dire, qu’il n’y a pas beaucoup de place à cet endroit).
Après un quart d’heure caché dans la capuche de ma gore tex, je me relève pour voir si le Nurofen a eu l’effet miracle tant espéré … la réponse est ……….. non :cry: le chemin risque d’être encore TRÈS long.

Pierres par pierres, j’avance. En essayant de temps en temps de passer une plus petite avec la jambe droite. Ca ne se passe pas sans douleur, mais, au moins, j’ai l’impression de récupérer.
Puis, de moins en moins de marches, le sol se fait plus « lisse ». Et là je peux prendre un semblant de marche normal (plus besoin de lever les pieds), et je retrouve un rythme décent. J’arrive même à dépasser 2 personnes.
Je commence à voir le sommet. Je serre les dents pour ces derniers mètres. Et une fois en haut, je dois me reposer et m’assieds juste à coté du panneau « Col du Tricot ». J’ai bien mérité une photo ;-)
DSCN3179
Je profite de la présence d’un poste de secours pour me faire prescrire 2 doliprane et un tape bricolé avec les moyen du bord. Alors que je suis couché au sol, qu’est ce que je vois ? Un mec qui essaye de passer le plus discrètement possible. Espérant ne pas se faire remarquer et pouvoir continuer sa course sans le moindre remord. Raté, il est tellement gros que je ne pouvais louper l’éclipse temporaire. Bon ca ne l’empêchera pas de continuer sa route sans moi et sans remord. « tu me rattraperas plus loin … » (c’est peut être pour ca que je suis un peu méchant avec lui !)

014. Tricot

Col du Tricot -> Bellevue

Descente Technique jusque Bionnassay
Passerrelle
Attention, il y a encore une bosse de 100D+ avant de rejoindre Bellevue

C’est beau le lever du jour

30 minutes de soins plus tard, je suis prêt à affronter la longue descente vers Les Houches. Le jour s’est levé. Ce sera une nouvelle belle journée … on va éviter de rester trop longtemps dehors ;-)
Les premiers pas sont aussi boiteux qu’avant. J’enjambe très tranquillement les obstacles qui se font de moins en moins nombreux. Alors je trottine un peu. Arrive à trouver une position qui ne me fait pas trop souffrir. Alors quand je me fais rattraper par un petit groupe, je force un peu l’allure pour rester devant. Bel effort jusqu’à la passerelle de Bionnassay. Une fois sur place, je laisse passer le groupe pour prendre quelques photos.
DSCN3188
La traversée est vraiment chouette, mais après. Oui après, il reste un raidillon dans la roche pour arriver à Bellevue … et je vais regretter l’excès de zèle lors de la descente précédente ! Le genou recommence à protester. Ce sera donc en mode « vieux monsieur qui serre les dents et doit réfléchir comment passer chaque difficultés » que j’arriverai à Bellevue.
De nouveau la sympathie est au rendez vous. Bon j’aurai bien aimé aussi du ravitaillement, mais on ne peut pas tout avoir. Je profite quand même de la pause pour aller remplir la gourde dans les toilettes (il y avait un évier hein ;-) )

Au vu de ma démarche hasardeuse, on me propose de passer par un petit chemin sur le coté : C’est moins difficile qu’on me dit. Bin on va prendre l’option moins difficile alors :roll:

015. Bellevue

Bellevue -> Les Houches

Descente très technique vers Bellevue
Puis sur route

Reste à survivre à la portion plus difficile puis je cours sur la route

Le début est assez raide, mais dans l’herbe. J’arrive à courir. Puis on entre dans le bosquet et là, il y a quelques passages bien raides. Mais au final, j’ai pris un certain rythme, et j’avance beaucoup mieux que prévu il y a 10 minutes. La preuve, je ne me fais presque plus dépasser et j’arrive même à remonter un ou deux coureurs.
Il commence à faire bien chaud et profite de ma gourde fraîchement remplie. A la sortie des bois, comme prévu, c’est la route. Je me mets à courir et dépasser … mais punaise, c’est toujours raide et, au final, je me résigne à descendre en marchant et perfectionnant un peu mon anglais ;-)

Une fois dans le fond, je me remets en mode course à pied pour arriver aux Houches !
La dizaine de personnes présentes qui applaudissent autant qu’elles peuvent … C’est trop bon, j’y suis presque et je sens l’émotion me gagner …

016. Houches

Les Houches -> Chamonix

8km de petites bosses (Dénivelé légèrement ascendant)
sur route et chemin peu ludique
Le calvère des finisher !

Un gros finish qu’il doit faire le gros Bender : TU COURS !!!

Dans presque toutes les stratégies de course établies durant les 8 derniers mois, il n’y avait pas d’arrêt aux Houches. Ma poche d’eau suffirait et il ne servait à rien de manger.
Mais au moment M, j’ai :
- soif
- envie de me changer
- plus besoin des bâtons

Je profite donc d’une table libre pour déposer la packtage, me changer, m’essuyer un peu et enfiler mon beau tee-shirt finisher du Grand Trail des Lacs et Châteaux (ultratrail.be si vous avez un jour l’occasion d’y faire un tour ;-) ) et ranger mes bâtons.
Comme je suis arrêté, j’en profite pour boire un coup d’eau et remplir ma gourde d’eau pétillante !
Puis il est temps d’affronter ce tueur de moral annoncé dans tant de CR. Je m’imagine la même souffrance que lors de mon arrivé à l’ecotrail de Paris. Ces 10 km le long de la Seine, de nuit, sous la pluie, …

En fait, non, car aujourd’hui, il fait jour, le soleil brille, on n’est pas en ville (même si on est loin de ce que l’on a vécu ces dernières heures), mes jambes répondent présentes.
Donc, je cours. Plutôt, je trottine. Sauf dans deux montées qui sont un peu trop longue et forte pour moi. Je me remets même à dépasser.
Quelques minutes à coté d’un autre coureur à discuter. Puis on arrive devant le panneau « Chamonix ». Il doit rester un petit kilomètre, j’appelle donc madame pour qu’elle réunisse toute la famille devant la télé, une star va arriver 8-)
Alors que mon compagnon des 3 derniers km doit marcher, moi, je me dit que je vais courir ce dernier km … qui, au final, doit bien en faire 3 … Punaise, ne connaissant pas les lieux, je pense que j’ai été vraiment ambitieux.

L’entrée de la ville, un vélo m’accompagne 500m en m’expliquant ce qui va arriver puis il s’en va retrouver un autre coureur. Ca y est, je tourne à gauche où il m’a dit puis on rentre vraiment dans le piétonnier. Place aux 500 derniers mètres sous les félicitations d’une ville.
Le tour de la place, c’est trop bon, j’arrive. Tellement excité que j’oublie de ralentir un peu pour la vidéo :oops:
J’aurais mis 28 heures 18 minutes et 36 secondes pour boucler cette TDS !!!

017. Cham

28H de pur bonheur, même dans la souffrance depuis le Col Joly, j’ai kiffé d’être là ! Que cette course est belle !
Je pourrai encore passer 15 pages à dire tout le bien que je pense de la TDS, de l’organisation, du parcours, des paysages, des bénévoles, … mais bon, j’ai déjà mis 4 semaines pour écrire ce récit jusqu’ici … et si je veux publier un jour mon aventure, il faut bien que je m’arrête là ;-)
Mon mot de la fin sera pour les bénévoles : MERCI

DSCN3190

On dit toujours pas de bénévoles, pas de course. Ceci est encore plus vrai sur de telles aventures. Et vous avez TOUS été exceptionnel. Sans vous, votre gentillesse, votre disponibilité, votre sourire, votre bonne humeur, … cette journée (et un chouïa) n’aurait jamais pût être une telle réussite !!!! MERCI !!!!!

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