Les Lucioles Soironaises

Les Lucioles … que dirent de plus que depuis leur découverte en 2014, je le sais, c’est une course pour moi. Et c’est donc assez motivé que je me rends à Soiron … surtout que les conditions humides de ces derniers jours sont exactement ce que j’attendais … « aujourd’hui, je veux m’amuser » (ma première pensée)

Le dossard est retiré assez rapidement. Je m’en fuis dans la tente et y croise mon cousin (lui qui pensait pouvoir finir en 3H … nos avertissements de ces derniers jours lui ont fait comprendre que cette course c’est du costaud et qu’il passera bien plus de temps dans la boue), Cédric (inscrit lui aussi sur la TDS), Vincent et Benny (avec qui je partirai).

Nous nous dirigeons à 3 vers la ligne de départ. « Je vais partir un peu vite, je veux me tester » « J’aimerai aussi faire mieux que l’année dernière (où j’étais un peu plus avancé dans ma préparation des échéances de l’année) » … L’excitation du départ aidant, voilà que mes intentions changent (même si, évidement, l’amusement reste prioritaire !

Dans mes souvenirs, les 6 premiers km sont roulant… sauf que le parcours à un peu changé et qu’après un début jogging, un petit bouchon et une longue descente, on se tape une première belle petite grimpette. Alors que je pensais courir seul, Vincent (toujours aussi bon grimpeur) me rattrape et me dépasse. J’en profite pour prendre sa « roue ». Benny arrive un peu après et je me décide de m’incruster qq temps avec eux … bon ce sera plus m’accrocher, car les lièvres ont un sacré rythme quand même ;-)

Des champs, de la boue, un piège dans lequel Vincent tombe à moitié. Le reste jusqu’au château est assez roulant, mais bien agréable. Mais maintenant, il va falloir enchainer car on va jouer aux montagnes russes pendant quelques kilomètres !

La deuxième bosse est plus longue que raide. Distancé dès les premiers mètres, je m’accroche, pour finalement trouver mon rythme et recoller à mes amis (une perte de chaussure du petit mexicain m’aura quand même bien aidé :oops: )

Une fois en haut, c’est pour moi car, autant Vincent monte bien, autant, moi, je n’assure pas trop mal en descente 8-) Je prends donc les devants dans la descente … 2m et une glissade plus loin, je me rappelle que j’espérais de l’humidité pour l’amusement… mais c’est plus difficile et plus « dangereux » … Pas de risque, pas besoin de distancer mes compagnons. On glisse tranquillement jusqu’en bas. Prêt à affronter le premier mur de la « journée ». Il est raide. Je me dis que c’est une chouette mise en jambe pour la TDS et m’accroche.

On enchaine deux nouvelle descentes dans la gadoue (avec la tactique déjà maintes fois approuvée du « quand ca tourne tu vise l’arbre » :roll: ) et autant de remontée « à travers tout » (en mode « les randonneurs » il y a la file et on n’avance pas très vite :-( ).

12eme kilomètres, ce faux rythme a eu raison de la bonne tenue de mes jambes et sur ce chemin en faux plat ascendant composé de boue, flaques d’eau, racines, pierres et obstacles humain (dont l’arrêt brusque du gars devant moi pour ramasser qq chose qui m’a envoyé dans un arbre :! ) je me fait légèrement distancer par mes compagnons de début de course. Je sais que je peux facilement revenir en descente, mais il commence à y avoir du monde entre nous (et dépasser en descente peut se révéler délicat). Je profite de l’élargissement et d’un retour de praticabilité du chemin pour piquer une petite accélération et revenir sur mes amis juste avant la descente … je profite de l’élan pour passer devant. Moins de boue, mais assez technique quand même, je pars en représentation 8-) et, sans le vouloir, creuse tout de suite un certain écart avec Vincent. En bas je relance autant que je peux en me disant qu’ils reviendront dans la prochaine cote (en fait, je ne les reverrai pas, tant pis, finalement, il était prévu que je leur fausse compagnie à quelque kilomètres de l’arrivée … ca devait être le moment).

Il reste 7km. « Je peux lâcher les chevaux » : Relance sur plat. Rythme soutenu en montée. Et surtout un peu fou quand c’est technique ou que ca descend :roll:
Je me rappelle :
- d’une descente droit dans le talus effectuée en glissade contrôlées (ou non) sur les pieds et sur les fesses … en me disant que ceux qui passaient par la dans 200 bonhommes allaient déguster (n’est pas Thierry :mrgreen: )
- D’une montée assez raide, étroite, glissante et en bord de pente très raide sur une partie commune avec les marcheurs. Tantôt à les suivre tranquillement, tantôt à prendre des risques en voulant montrer mes qualités techniques en les dépassant :oops:
- D’une longue descente dans laquelle j’ai l’étrange sensation que le sol est en train de geler … et çà je n’aime pas … mais ca ira, le reste redeviendra humide comme il le faut :roll:

Km 18, je dois être au pied de l’avant dernière difficulté (vu que je sais le mur qui nous attend pour remonter sur Soiron). Ayant été un peu optimiste sur les derniers kilomètres, je sens les forces m’abandonner. J’ai besoin de sucre rapide … c’est la que mon petit sachet de bonbons au coca sort de ma poche. Ils sont gelés et un peu dur à manger, mais le principal est là : LE SUCRE. Cette montée est plus longue que prévue, mais finalement passe assez bien.

En haut, il va falloir redescendre au pied du dernier mur … et ca va être hyper ludique : monotrace en dévers de colline (ravin ?) avec des pierres, des petits talus de boue, quelque cordes pour nous assurer. C’est technique et assez dangereux. Je suis là pour m’amuser et … la tête la première, m’élance dans le vide, prends un minimum de risque pour m’éclater sur cette super partie … heureusement les trailers que je rattrape se mettent volontiers sur le coté pour laisser passer l’idiot inconscient (avec un petit avertissement : « Attention, la dernière est costaude » … je la connais, mais même si je dois y ramper, je veux continuer à m’éclater dans cette portion :roll: ).

Que c’était bon ! … mais maintenant, il faut remonter à Soiron. Je me mets donc en mode un pied devant l’autre. La tête bien basse, je me dis que ce n’est pas possible, je n’avance pas « plus lentement je recule » … en fait, non, pas tant que ca, car je remonte encore qq coureurs… il est encore vaillant le gros bender :roll:

En fait non : en haut, il faut/on peu relancer une dernière fois pour contourner une ferme et rejoindre les derniers hectomètres de la course. Les même qui m’ont couvert de crampes l’année dernière. Les mêmes qui m’ont vu « voler » euphorique début Juin quand après 160km dans la canicule je m’étais mis à courir le dernier km comme si des zombies étaient à mes trousses. Aujourd’hui, j’ai beau me dire que si j’étais capable de courir à la fin de la Grande Randonnée Celeste, je devrais être capable de le faire à la fin des Lucioles … et bien non, j’alternerai marche/course à pied … bravo le champion :oops:

2H44 : c’est plutôt fatigué que je passe l’arche d’arrivée et réussi à louper le GOC qui est pourtant au milieu du passage … 2-3 pas en arrière pour le remercier pour ce super parcours ! 4’ de moins de l’année dernière avec presque 2km de plus, pas mal … 156ème sur 562, je ne suis pas si mauvais finalement 8-)

Mais le principal, c’est que je me suis éclaté … comme je m’étais fait un plaisir de le crier haut et fort sur facebook le soir même de mon retour :

Lucioles 2015 : Je voulais un tracé ludico-amusant … j’ai été servi (sacré Bernard).
Je voulais de la boue, j’ai été servi
Je voulais glisser, tomber, … sans me faire mal, j’ai été servi
Je voulais rencontrer les potes, j’ai été servi
Je voulais un lièvre pour le début de course, j’ai été servi (j’en ai eu deux)
Je voulais de la Celeste … on m’a servi (oui, tout ca pour ca ;-) )

Bref, 22km / 1100m de D+ / 2h42 de bonheur !!

Merci les Célestes pour cette soirée !!
— reconnaissant.