Grand Trail des Lacs et Chateaux version Fous furieux (105km D+2600m)

C’est ma 3ème participation au Grand Trail des Lacs et Châteaux qui semble toujours se chercher la formule parfaite :
2013 : 4 distances (30-46-66-84) le samedi et 4 autres (25-42-58-75) le dimanche. J’avais opté pour la version fous-furieux (84km) du samedi entre Eupen et Surister
2014 : 3 distances (30-45-98) le samedi et 2 distances découvertes le Dimanche. J’avais de nouveau opté pour la version longue (fous furieux) qui était de 95km.
2015 : Même formule qu’en 2014, mais avec des distances légèrement augmentée … pour rapporter un peu plus de point ITRA/UTMB (30-60-105).
Il y a quand même une constante : je suis inscrit dans la catégorie « fous-furieux » … qui me va si bien ;-)

Régime sportif

Soyons honnête, je ne suis pas du style à surveiller ce que je mange ou bois 365 jours / an. Mais je me suis quand même mis en place un régime pré course qui me permet de remplir convenablement les stocks énergétiques et affuter autant que possible l’état de forme pour le jour J. Ce régime commençant une semaine avant le jour J me permet également de rentrer tout doucement dans ma course.

Je me trouvais assez foireux, lors de la préparation de la Bouillonnante, mais ici j’ai fait fort : oublié l’hyper protéiné, l’embargo de féculent, … place au gras et à l’alcool : tartes, chips, cacahuètes, bière, vin, croissants et même pâté gaumais ont été au menu du lundi au jeudi … mouais, on a vu mieux comme régime sportif … j’ai juste tenu le « manger des pates midi et soir la veille » … bon, aucun mérite, des pâtes, j’en mangerai tous les jours.
C’est donc avec une petite appréhension que je vais me coucher vers 22h.

Réveil à 1h30

Il est certain que çà fait une petite nuit, mais au moins, contrairement à la Bouillonnante, je me serais un peu reposé.
Une douche, le petit dej. La fin des préparatifs pour la course et c’est bon, je peux partir. Après 200m, un renard traverse la route juste devant moi. L’idéal pour me rappeler qu’on est la nuit et que la quasi intégralité de ma route se déroule dans les bois …
dossardArrivé à Surister, place à mon petit rituel d’avant course : retrait dossard – pause technique – Immodium – changement à la voiture – photo du dossard – retour au point de départ. Bon ici, on ajoute installation dans le premier bus qui se présente.
Dans le bus, je suis entouré de personnes qui ont fait la Bouillonnante et qui prépare une des courses de l’UTMB … comme quoi on fonctionne tous pareil ;-)

45’ minutes de route

Durant lesquelles je discuterai un peu course (comme si on avait d’autres sujets de discussion) puis mes yeux se fermeront quelques minutes. Au réveil, il faut affronter l’humidité de Butgenbach. Pipi – débriefing et puis, c’est parti.

Dans la nuit noire

Brigitte avec qui j’avais couru le trail de Stavelot l’année dernière m’accompagne (apparemment, elle aime bien courir la nuit avec moi … dois-je avoir peur ? ;-) ). Le début est facile et roulant : tour du lac – ravel – petite ballade dans les bois autour du lac de Robertville.
11377383_10206909244478681_968735015578308724_nA part pour trouver un rythme pas trop rapide et comment vaincre les maux d’estomac du jour (dû au régime de la veille ? ), il n’y a pas de véritable difficulté. Les chemins empruntés n’en sont pas moins beaux et agréables. Je suis assez fier d’avoir conseillé à Brigitte de prendre sa frontale la plus légère car le jour se levait vite et qu’on ne parcourrait rien de trop technique de nuit. Bon ca ne m’empêche pas de me tordre légèrement la cheville et me trébucher quelques fois … j’en profite pour expliquer à Bridge qu’elle ne doit pas paniquer chaque fois que je dérive, sinon, elle va passer une journée stressante :roll:
1553097_798045323627055_6013946891113011487_oAprès 20km voilà le premier ravitaillement … et moi qui l’attendais, comme l’année dernière et sur le roadbook, en haut de la piste de ski. Bon j’apprendrai qu’il y a un ravito en plus que prévu et qu’ils sont à peu près tous les 20km. Ok, finalement je n’ai pas besoin d’en savoir plus.
Après quelques minutes d’arrêt, quelques chocolats et tuc, on repart pour aller découvrir …

… la fameuse nouvelle boucle.

D’après le profil de la course, cette nouvelle boucle m’inquiète, car elle semble être composée d’un long faux plat montant pour arriver jusque Botrange et puis d’une ballade dans les Fagnes.
Mais avant, il y a la piste de ski d’Ovifat. Qui en passant me semble beaucoup moins difficile que l’année dernière (bon signe ?).
C’est parti pour le faux plat tant redouté … si ce n’est un point qui n’apparaissait pas sur le profil : la surface du sentier que nous allons emprunter : Racines – rochers – eau – boue – pont cassé (leçon du jour : si on a des mains, c’est pour s’en servir ). Ca y est, la moyenne horaire descend ;-)

Ces conditions ne vont pas durer jusque en haut : bonne nouvelle ?
Je ne sais toujours pas, car après, c’est un chemin hyper large et peu ludique en faux plat montant (bien 3 bornes). On court. J’essaye de gérer au mieux l’effort en marchant de temps en temps (Brigitte se plie au rythme de l’homme d’expérience :roll: ). Arrivé à Botrange, je n’aurai pas été contre une petite boucle autour de la tour histoire de nous féliciter pour l’effort.

35km, ca y est, les jambes sont lourdes et j’avance péniblement. Heureusement, on court sur caillebotis (et non dans la boue comme redouté). Par contre, il fait froid à 8h du mat sur le toit de la Belgique.
11225257_10206909247358753_6346354725840521024_nUn gel, un peu de marche en discutant avec Crollé pour amortir un arrêt technique de mon équipière et on repart. De longues lignes droites (on n’a pas fini d’en croiser) descendantes. On court, mais je ne suis pas très bien. Le souffle devient vite court, les secousses dérangent mon estomac et les jambes sont fébriles. Je me réjouis donc dès que l’on peut (doit ? ) marcher :-(
Encore quelques kilomètre dans les bois puis arrive le ravitaillement numéro 2 où règne la bon humeur.

Autour de Malmedy.

Ce n’est pas qu’on n’est pas bien, mais on a encore pas mal de route avant de pouvoir savourer une bonne petite bière à Surister. Je quitte donc nos nouveaux amis avec la tuerie du GTLC : UNE GAUFFRE A LA CANELLE !!!

Je profite du redémarrage tranquille pour expliquer ce qui nous attend et ma stratégie de course :
- Autour de Malmedy c’est terrible !
- Une fois à Bernister (km60), je durci le rythme

Le soleil commence à percer. La température est idéale et le cadre magnifique. Le passage sur un des plus beaux passages (tant pour la vue que pour l’ « agréabilité » du sentier) du coin (découvert lors du THF 2013) me redonne des jambes. Je me sens bien. Tellement bien que tout à coup, je me rends compte qu’on vient de se transformer en randonneurs profitant de la vue : « Bon faut pas s’endormir ! » On se remet donc à courir à une allure un peu plus sportive.

Un petit épisode perte-de-clé/organisation du retour/appel-à-l’organisation/ah-non-les-clés-sont-dans-ma-poche/rappel-à-l’organisation nous occupe encore quelques kilomètre … juste le temps d’arriver au pied de la montagne russe malmédienne.

Je me rappelle surtout d’une descente terrible où j’avais été déplorablement lent et hésitant l’année dernière et la montée vers le belvédère.
Mais cette année, c’est différent, je me sens en forme. Petite montée dans une clairière (le soleil commence quand même à taper), et puis la descente tant attendue. On suit un monsieur qui tente de descendre en s’accrochant comme il peut aux arbres… après être resté calme 10mètres et 2 arbres derrière le monsieur, le petit grain de folie me prends et je pars droit dans la pente … merde, la descente était en 3 parties et je n’en attendais que 2 .. mais ca va, je maitrise l’arrêt et peux attendre tranquillement Brigitte en exprimant ma joie d’avoir pris ma revanche sur ce talus :! … et en vidant mes pompes :roll:

Petite remontée, puis on court quelque temps le long des tuyaux d’eau… on arrive bientôt à Malmedy. Encore une cote bien sèche et une belle descente.
19689_10206909250678836_8961603756848668087_nComme annoncé, on n’a plus de répits avant d’être de l’autre coté de Malmedy. Montées des escaliers bien pénible puis belle longue descente qui nous amène derrière la cathédrale. L’année dernière, le ravitaillement était en haut d’outrelepont. Et dans mes souvenirs, la route était plus dure que la montée dite de l’impossible.

Autour de Malmedy Part 2

Je décide donc de faire l’impasse sur le gel qui me serait nécessaire car j’ai un petit coup de mou … la montée d’outrelepont est toujours aussi corsée. Une fois en haut, pas de ravito .. d’après ma montre, si on respecte la série des 20km, j’en ai encore pour 4-5 km -> ce sera donc surement après la ballade sur les hauteurs malmédiennes :cry:

Il est donc temps de prendre un gel ! Brigitte creuse vite un écart de quelques dizaines de mètres et s’inquiète pour moi « Pas de problème, je me ravitaille puis monte à mon rythme » Mon rythme calme mais constant me permet, je le pense, de ne pas trop ralentir la miss
11391638_794818343949753_5283087122943656307_nNous voilà devant la montée dite de l’impossible. Elle est relativement impressionnante, surtout que je ne suis pas encore au mieux et que je me rappelle les assauts de crampes à cet endroit même il y a à peine 1 an. Toujours à mon rythme que je veux le plus constant, on gravit finalement assez rapidement l’obstacle.

De là, on redescend presque jusque Malmedy … et je me fais plaisir … l’idéal pour reprendre gout à la course ;-) Mais on descend beaucoup … et tout cà, il va falloir le remonter… Le moment idéal pour sortir mon arme secrète : LES BONBONS (chiques en Belgique) au COCA !!
Le ravito est en haut. Je remplis ma poche d’eau qui était presque sèche et mange un petit pain jambon/fromage (je me force, car j’ai la fâcheuse habitude de ne pas bien gérer le coté alimentaire dans lors des longues courses … et je ne peux pas manquer de carburant fin aout ! ).

C’est maintenant qu’il est prévu de durcir le pas

On repart après une dizaine de minutes d’arrêt en direction des Fagnes : bois (et ses racine) en bordure de vallée, ruisseau (et ses pierres glissante), bike park (et ses fous en BMX), finalement on ne voit pas le temps passer et on se retrouve sur les caillebottis.
11377143_794820477282873_7000472297305755230_nD’après mes décomptes et ma mémoire, on va courir et avancer car maintenant, il est temps d’aller rejoindre la Hoegne :! Une ligne droite de 4km en faux plat descendant (à un peu plus de 10 km/h de moyenne … pas mal après plus de 70 bornes) et nous voilà au pont du centenaire … place au sentier le long de la Hoegne.
Quelque pas en marchant pour faire la transition entre la course soutenue et la future technicité des chemins en laissant souffler les jambes et en se ravitaillant correctement. Les escaliers me font mal aux genoux et je tire donc un peu la langue en début de sentier … mais, les jambes, elles, vont à merveille … et j’adore ce passage … j’accélère, je vole, le trip !! … je me force quand même à ne pas partir trop vite et ralentir par moment. On le sait trop bien, les moment d’euphories ont une fin et si je m’emballe trop, je risquerai de perdre mes jambes … et Brigitte :roll:

A l’attaque du pierrié

10401880_10206909274199424_4311138054957562769_n79ème kilomètre, c’est déjà le moment de se ravitailler. 5 minutes d’arrêt et on repart. Les jambes sont toujours au top. On loge encore un peu le ruisseau pour après remonter sur route au dessus de Solwaster. J’en profite pour échanger quelques mots avec Gauthier (le temps qu’il s’arrête pour parler à ses supportaires). Renaud (connaissance de Brigitte) nous rattrape et décide de rester avec nous. Je peux donc faire le lièvre pour 2 personnes ;-) .
Après quelques kilomètres assez roulants on se retrouve pour une 3ème fois dans les pierres. C’est plat, mais on marche calmement, enjambant les rochers les uns après les autres, essayant de prendre la trajectoire la moins difficile et fatigante (on appelle çà rouler à l’économie :roll: ), évitant de prendre des risques inutiles. Un fois que l’on rentre dans le lieu appelé « le pierrié », je sais que ca va être entre plus encombrer, mais que après c’est la fin :mrgreen: .

Quand même un coup de mou

11357372_794817807283140_1050837377112191446_oJ’en profite pour me ravitailler une dernière fois … erreur : les maux de ventre reviennent de plus belle, J’ai la nausée, la tête qui tourne … bref, je ne suis vraiment pas au mieux. L’état gastrique du jour et la disparition des TUCs une fois sur les traces des barjots (60km) auront eu raison de mon petit corps. Au pied d’une longue montée, je me fais vite décrocher… et devant l’inquiétude de mes co-équipiers du jour, je les rassure en leur disant que je vais essayer de récupérer à mon rythme qu’on n’a qu’à s’attendre en haut.
A ce moment, je préfère être un peu seul et monte calmement. A force de renvoi et de travail sur la respiration, mon mal être commence à passer et au fur et à mesure de la cote, mon rythme redevient bon et je reviens tout doucement sur le duo qui discute tranquillement devant moi. Au « ça va ? » de Brigitte à 100m du sommet, je lui réponds avec un petit « profite d’être devant, car après ca redescends et tu va devoir me suivre » … assez significatif du fait que les hauts le cœur sont passés :oops:

Longue descente où je repasse devant (emmenant toujours un rythme plutôt convenable), encore quelque cailloux à négocier, une partie plutôt en relance et c’est 2 traileurs essoufflés que je ramène au dernier ravito.
Après un coup de téléphone à madame pour voir si la famille serait présente sur la ligne d’arrivée (hélas non, j’ai été trop lent pour la petite dernière :cry: ). Après une petite discussion avec Didier, on redémarre à 2 (Renaud ne s’étant pas arrêté).
Gros coup de froid. Après 100m je décide d’enfiler le Kawé. La fatigue et le manque de sucre sur les derniers kilomètre se fait sentir. Le redémarrage est dur.

Sprint final

Allez, 2 bosses et puis la petite boucle autour de Surister. Une, puis deux … et toujours pas la salle Douce France (arrivée dans Surister) en vue … et on redescend de plus belle … d’un coup le moral me lâche. C’est con, mais avec la fatigue, tout bascule si vite. Brigitte essaye de faire la conversation, mais là non, je n’ai plus envie et j’en ai marre et lui fait savoir avec le peu de diplomatie de fin d’ultra :oops:

Une fois la troisième et avant dernière bosse passée et avoir quitté la route sur un profil de nouveau descendant, l’envie de courir reviendra tout aussi soudainement. Je galope. La descente est un peu plus longue que je ne le voudrais et Brigitte souffre derrière. Puis enfin la dernière bosse avant l’arrivée : une petite chique au coca pour fêter ça et une fois la bouche vide, on peut courir jusque l’arche d’arrivée !
14h37, voilà le temps que l’on aura mis pour parcourir ce magnifique parcours (il n’y a pas a dire, mais notre région est quand même belle ;-) ). Le tee-shirt est tout aussi beau ;-) Renaud qui nous a fait faux bond à Gospinal se rattrapera en apportant une bonne petite bière. Cette bien belle journée se terminera à la maison, en ouvrant la traditionnelle CELESTE !!! mmmmmm que c’est bon :mrgreen:

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Bravo à Christophe et toute son équipe pour cette belle organisation. Merci pour le trésor découvert sur le gobelet ;-) Si je pouvais juste émettre deux toutes petites remarques :
- trouver une alternative à cette longue montée vers Botrange
- Mettre qq TUCs de coté pour les fous furieux