Uewersauer (53.1km / D+2000m)

Préambule :

Le trail Uewersauer, il y a deux ans était mon premier trail longue distance (et pas le dernier :roll: ). J’avais souffert et découvert les idées noires des moments de galère, mais je m’étais accroché et avais fini dans un temps honorable de 6h18. Cette année, histoire d’éviter une fin de saison trop en roue libre, je me suis fixé 2 objectifs de fin d’année :
- L’Uewersauer pour tester ma progression et préparer OSO
- OSO pour essayer de faire le <8H qui m’avait été suggéré l’année dernière (bien que je m’étais dit "plus d‘objectif temps sur longue distance" après l’Eco Trail de Bxl)

Travaux dans la maison oblige, c’est avec 15 jours de retard que j’entame mon module de préparation :? … mais ce n’est pas trop grave car je viens de remarquer que le parcours de l’Uewersauer avait changé : dans l’autre sens et avec 3km en plus … ça va être difficile de comparer sur 2 parcours différents (déjà que, en trail, les conditions de courses peuvent faire pas mal varier une performance et le chrono).

Je ne sais pas si c’est le changement de saison, mais ces 3 semaines de préparation restantes sont assez moyenne. Je n’arrive pas trop à me mettre en tête que j’ai un objectif … je fais mes séances (comme elles viennent) et suis plutôt satisfait de ma forme … si je ne me trimballais pas avec 4kg superflu (décidément, j’ai dû mal avec le mois d’octobre)
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Bon, et la course ? C’était comment ?

Chapitre 1 : Échauffement

4 collègues sont présents avec moi sur la ligne de départ. Lio est assisté d’Anne-So pour son premier longue distance et vise 6H (à ce moment, personne n’a trop en tête que 3km (et pas des moindre) se sont ajouté aux temps références des autres années). Je me décide d’aller avec eux jusque mi course et de voir après suivant les sensations si je peux accélérer.
On y va assez peinard, et, comme Lio se plait à le répéter tous les 500m, le parcours est plutôt descendant. De son coté, Anne-So compte les arrêts pipi d’un autre coureur (on s’occupe comme on peut :roll: ). On est facile. Trop facile. Un ravito, puis deux de passé (il y en a tellement qu’on se croirai à un jogging ;-) ).

Vers le 14eme on arrive dans le single track qui m’avait achevé il y a 2 ans. Il est hyper boueux. Je suis avec mes pneus slicks de la TrioPontoise et patine un max. Ce serait un chouette moment si on n’était pas en train de se trainer en file indienne. Ensuite une bosse un peu plus sèche durant laquelle Lio commence à montrer des premiers signes de fatigue. Je ne sourcille pas, mais les derniers km m’ont alourdi considérablement les jambes :-(

Arrive le 3eme ravitaillement. Je commence à être vraiment moins bien et fait part de ma condition à Pascal (qui nous a rattrapé juste avant le ravito). « Tu dis toujours ca et tu finis toujours avant moi » me répond t’il … « olala, pas cette fois »

Chapitre 2 : Le creux

Je le laisse partir devant et réintègre le groupe Lio/Anne-so… mais je suis moins bien et reste un peu en retrait. Long faux plat montant où on alterne marche et course à pied. Je me fais décrocher à chaque période de marche et reviens à chaque période de course. Je suis en mode « je m’accroche le plus longtemps possible à mes copains ».

Lors d’une vraie montée, je me rappelle que je n’ai pas pris de gel. 25km dans les pattes, ca me ferra peu être du bien. La descente suivante, je retrouve assez d’énergie pour intégrer le groupe. Mais dès qu’on marche, je me fait distancer et doit revenir au trot. Grosse descente sur asphalte. « La dernière où je m’accroche, faut pas me mettre minable pour la suite non plus ». Est ma pensée du moment

Puis un mur. Un bien costaud. Un peu par erreur, je me trouve à la tête du groupe et commence l’ascension. Je prends vite qq mètres d’avance. Rattrape et dépasse qq autres coureurs (dont Pascal). Ce dénivelé brusque monté à mon rythme me va bien. Je sais qu’en haut c’est le ravitaillement. Je prends donc un peu d’avance sur mon groupe pour savourer la pause ;-)

Chapitre 3 : Le sprint Final

20141116_152448 - CopieJe quitte seul le ravitaillement en pensant (espérant) me laisser reprendre vers le 40ème (on est au 28ème). Beaucoup de chemin roulant sur lesquels je me force à garder le rythme.
35ème. C’est toujours roulant. Je suis toujours en train de courir. Une longue boucle me fait remarquer que j’ai pris pas mal d’avance sur mes anciens équipiers. « Vas y, continue, tu es dans le bon ».

La force revient tout doucement. Je me remets même à penser aux moins de 6H
Au 5ème ravitaillement, on m’annonce qu’il reste 11km et encore un ravitaillement. J’ai fait le plein de ma gourde et note 4h30 de course. Je me résigne temporairement à faire <6H :cry:

Arrive le plateau des éoliennes et son interminable faux plat montant avec vent de face. J’alterne marche et course à pied. Au loin je repère Stella (vainqueur féminine du GTLC 2014) et me dit que je vais essayer de la rejoindre. Elle est forte et pourrai m’amener jusque l’arrivée. Je marche plus que je ne le voudrai, mais m’accroche et, juste avant le dernier ravitaillement, arrive à rattraper le duo que j’ai en ligne de mire depuis un quart d’heure.

Ensuite, je me rappelle : longue descente en faux plat suivie d’une belle bosse puis l’arrivée (ça, c’est la théorie :? ).

Je prends le risque de me griller dans la descente et suis Stella. On est a un peu plus de 12km/h dans une descente relativement roulante. Dans la vallée, je garde le rythme et dépasse la demoiselle. Je marche quand la pente ascendante devient trop forte et relance dès que possible avant que …. AAAAHHHH non, on revient encore par ce satané champ que j’avais maudit il y a deux ans et que je croyais loin de moi car on était partis par là :cry:

Donc, il reste 2km de faux plat (dont 1 dans la gadoue) pour rejoindre l’arche d’arrivée … et une nouvelle surprise : il faut faire le tour de salle avant de rentrer par la porte de secours en 6h00’54"

Conclusion :

Temps plus qu’honorable. Je me suis bien accroché … mais j’ai dû batailler beaucoup plus qu’espéré pour finir ce trail … et j’espère que je ne le regretterai pas dans 14 jours … car 16km de plus sont au programme.
Pour la course en elle-même, j’ai moyennement apprécié. Et ce, malgré l’organisation bien rodée, les quelques passages agréables dans les bois, les chouettes points de vue sur le lac, la boue qui a rendu certains chemins ludiques, les ravitaillements top (il y avait même des gels dispo), la lasagne de fin de course… Est-ce dû aux problèmes intestinaux de la veille, mais je n’avais pas réellement la tête à la course et, honnêtement, ai passé pas mal de temps dans ma bulle sans vraiment profiter de la ballade.