Trail des Hautes Fagnes (38km – D+1000m)

La décision de prendre part au THF 2014 a été prise lors d’un barbecue à peine arrosé de juin. Mon cousin en faisait son objectif. Etant assez nouveau dans le monde de la course à pied et carrément novice dans celui du trail, je me proposais de le faire avec lui. « Il y a 2 semaines entre le THF et les 24H, mais ca le ferra, ne t’inquiète pas je serais là ! ». Ca tombe bien, car j’avais adoré le parcours de ces 2 années. J’avais donc une bonne raison de faire le débile en enchainant 24h et THF … et en plus, un frein naturel qui m’éviterai de partir comme une balle et le regretter après 30 bornes … surtout si les jambes sont lourdes :roll:

Les 24H passées dans la douleur sans avoir atteint mon objectif, c’était un peu dépité que je me préparais pour le THF : une semaine d’arrêt complet suivie de 2 sortie de 11km à allure convenable pour la première et soutenue pour la deuxième… Bin oui, le cousin courre beaucoup plus vite que je ne l’avais imaginé en juin et je ne veux pas non plus passer de soutient à boulet :oops:

J-2 : C’était dans l’air depuis le début de semaine, mais, maintenant, c’est officiel, j’ai la carotte. Problème d’essuie glace, mon cousin doit annuler … même si ils annoncent du temps sec à la météo :roll:

« Qu’est ce que je fais ? » Je vais à Xhoffraix, ça c’est sur … mais avec quelle « tactique »? Suivre d’autres potes plus fort ou moins fort ? Aucune idée. Alors que je suis parti pour le faire tranquillou, je lis mon CR de l’année dernière et me rend compte que déjà l’année dernière, je venais à Xhoffraix avec 14 jours de récup post eco trail de Bxls dans les pattes … Donc pourquoi pas essayer de faire mieux que l’année dernière ? ;-)

La stratégie sera donc :
- partir calmement les 20 premiers km
- accélérer une fois dans les fagnes
- Gérer la descente vers le dernier ravito pour garder des forces pour les 2 murs finaux
- Passer ces 2 murs sans aucune difficulté

IMG_5931Retrait du dossard :

Après avoir croisé et encouragé Thierry qui se prépare pour une longue journée dans les bois et les Fagnes.
Après avoir Croisé et félicité Marc (pour son Tor), Loïc (pour sa TDS), Sarah (pour ses 24h), je retrouve Philippe (après son UTMB) sur la ligne de départ … et oui, ca en fait des fameux exploits ! On commence avec Phil. « Il est un peu plus fort que moi, mais normalement plus réfléchis, ca me semble être une bonne roue »

10655210_791491267581961_5715424365252128954_oPart 1

Même si on se laisse descendre à un bon petit rythme (c’est un bon petit descendeur le copain), on démarre vraiment calmement et nous nous faisons assez bien dépasser dans la carrière.
Jusque là, je ma mémoire était plutôt bonne. Ensuite la première bosse qui est un peu plus longue que dans ma mémoire. Mais bon, après 5km, il n’y a quand même pas de soucis 8-)
En haut, on arrive dans un monotrace, puis sur un chemin sur flanc de colline. La vue est toujours aussi belle. Le chemin plus accidenté qu’à mon souvenir. Toujours en mode tranquille, on marche assez souvent.
Après 5 km de montagnes russes, on arrive au barrage de Robertville où se situe le premier ravitaillement

13km – 1h30

DSC04016Part 2 :

Nous prenons tranquillement notre ravitaillement sous les flashes de ma marraine, mon tonton, ma cousine et sa petite demoiselle (tous venus supporter Thierry). Au départ du ravitaillement, Phil qui parle de 4H, accélère un peu le pas (Faut dire que la suite est hyper roulante).

Il y a toujours autant de promeneurs dans les bois … d’un coté, je les plains de se retrouver ici le jour où un millier de trailers parcourent les bois … et d’un autre coté, je les maudits d’être aussi nombreux et autant au milieu du chemin :evil:

2 passages à gué et un long faux plat plus tard, on arrive au 2eme ravitaillement. « Il fait moins chaud que l’année dernière, mais le chemin sont beaucoup plus humide !  »

20km – 2h15

IMG_6262Part 3 :

Eau – Isostar orange – TUCs et une poignée de bonbons plus tard on repart vers les Fagnes. Un gros kilomètre à monter puis on y est.

C’est à ce moment que ma « stratégie de course » me dicte de placer mon accélération :roll: qui sera fatale à notre tandem

De la Fagnes, des looooongue ligne droite, des bourbiers, une descente un peu sotte dans les racines. Le retour de bourbier et de trèèèèès looooongues lignes droites hyper pénibles. Je maintiens un sacré rythme en suivant un coureur motivé. « Ensemble », on remonte pas mal de monde.

Km 28 en 3h03. Je sais ce qui m’attends et oublie directement la possibilité de faire moins de 4H, par contre, pourquoi pas 4h15. Il reste une ligne droite, je le sais, après, c’est retour des caillebottis, des racines et des pierres. Ca va redevenir ludique et je vais moins voir le temps passer.

Au risque de m’épuiser pour le final, je m’éclate. Accélère sur les caillebotis et prends un paquet de risque au milieu des traces de boue-racines-pierres. Les sensations sont super. Les gens que je croise ne restent pas longtemps dans ma foulée. Je continuerai bien ainsi toute la journée, mais arrive le temps du dernier ravitaillement.

10641156_10203756587929239_5844712931576682850_nPart 4 :

Soyons honnête, j’ai perdu pas mal de force lors des derniers km, mais comme je le dirai plus tard à Christophe « A quoi bon venir si ce n’est pas pour m’amuser sur de tel chemin ? ». Aux nombreuses questions « Ca va ? « , je réponds, aux choix : « super ! « , « La forme ! « L’éclate ! » tout en sachant bien que je vais regretter mon excès d’optimisme dans 2-3 km ;-)

Il est temps de repartir direction la Warche pour une longue descente par moment roulante, à d’autre moment technique voire glissante. De nouveau je pars assez vite, (je suis en mode « j’en profite un max tant que ca tient ») et ralenti sur les portions de schiste hyper glissantes (fou mais pas con ;-) ). Je dépasse encore quelques coureurs plus prudent ou plus fatigué (le bon effet boost quand on démarre calmement ;-) ), il n’y à que Marc qui résiste à ma descente ;-)

Ca y est, nous sommes au pied du premier mur… il est vraiment costaud ! Directement en mode marche, il me faut quelques dizaines de mètres pour chopper le rythme. Afin d’éviter toute défaillance, j’ingurgite une dose de sucre dès les premiers pas de l’ascension … erreur car si d’un point de vue énergie ca marche bien, le tout me tombe directement dans les intestins :-(

J’arrive à oublier la douleur et gravit bien le mur. En haut la machine se relance assez bien (si on ne tient pas compte de ces lancements dans le bas du ventre) et contrairement à l’année dernière, je traverse Mont à un rythme plutôt correct.

Nouvelle grosse descente mangée et voilà la dernière sapinière. J’ai de plus en plus mal au ventre et n’arrive plus à vraiment relancer. « Si je sors des bois avant 4h10, je ferrai ce qu’il faut pour arriver en 5’ à l’arche de d’arrivée ». Panneau 37km et 4h05 de course. « C’est plus que jouable » … seulement le dernier km ferra 1800m et j’en suis à 4h12 de course lors de mon arrivée à l’église. 3’ c’est trop juste. Je me remets quand même à courir jusque l’arrivée pour en finir avec le temps plus qu’honorable de 4h17’29″

Conclusion

J’ai l’impression de me répéter, mais c’est la 4eme fois que je viens faire le THF (1 court et 3 longs) et à chaque fois, c’est la même chose : tout est parfait. De l’organisation au parcours, en passant par les paysages, ravitaillement, … et PRIX … même le beau temps est chaque fois de la partie