Olne-Spa-Olne (69km D+2200m)

Moins de 8h qu’il veut faire le gros bender ? Et bien pourquoi pas. Bon, ma course à Heidersheid 2 semaines plus tôt m’a montré quelque signes de fatigue (mentale et physique) évident. J’avais serré les temps, m’étais accroché et, finalement, avais fait un résultat plutôt honorable. Donc, ce que je crains le plus pendant les 15 jours de recup, c’est justement cette récupération …

Dimanche matin, le réveil sonne, une douche, le ptit dej et direction Olne … non sans avoir dû gratter le pare brise de la voiture. Première constatation, il fait froid et le brouillard est bien présent.
Comme 2 semaines auparavant, j’arrive fort peu motivé sur le lieu de départ. C’est là que je me dit que la saison a été bien usante et qu’il est temps que je me ressource un peu si je veux entamer la suivante avec un peu plus d’envie.
Après de nombreuses hésitations, je choisi de m’habiller chaudement (peur d’avoir froid) … à 10 minutes du départ, pour en finir avec mes hésitations, j’irai vite me changer (le soleil est prévu dès 10h).

Olne – Banneux

DSC06573-meDépart en mode jogging au coté de Thomas (mon compagnon de galère de l’année dernière) qui semble bien affuté et qui vise également 8h. On part vite, même très vite. On essaye de ne pas trop s’emballer, car la course commence à Spa … et j’ai un œuf à peler avec cette 2ème partie de course. Il fait très boueux par endroit et me retrouve en mode patinage artistique (mes chaussures trails vieille de 1200km me maudissent de toute cette gadoue que je leur fait endurer :roll: ) … pratique pour ralentir la cadence.
Lors du long faux plat vers Banneux, un mouscronnois se joint à nous. Il apprécie me suivre … il parait que je me chope tous les pièges présent sur le chemin :roll: En haut, c’est de nouveau roulant jusqu’au ravitaillement du 16eme kilomètre.

Banneux – Spa

DSC06520-meJusque là, à part la boue, rien de bien difficile et excitant mais je commence quand même à avoir les jambes un peu lourdes (pas bon signe).
Je quitte le ravitaillement avec mes 2 comparses en pensant que ca va aller. Mais après 4km, je dois les laisser me distancer un peu car j’ai mon premier (et dernier :-( ) petit passage à vide. Au 20ème, ça m’arrive assez fréquemment avant de retrouver de l’énergie pour finir pas trop mal. Je ne me tracasse donc pas trop… mais aujourd’hui, il n’y a rien à faire, je n’ai pas les jambes. L’envie n’est pas là et je me traine dans un looooong faux plat vers les hauteurs de Spa. Le brouillard et les chemins bien trop peu ludique me fatigue. Je n’ai vraiment plus envie. Même pas 30 km que les premières idées d’arrêt me passent par la tête …
Je regarde ma montre. Déjà 3h de route, l’année dernière, j’étais déjà presqu’au ravito de Spa … et là, cette année, je me traine, en marchant la tête basse. On bifurque dans un sentier plus étroit/technique/descendant … et d’un coup, je retrouve un peu de vitesse et envie.
Me voilà à Spa et la longue remontée juste avant le ravito. Celle là même qui m’avait tué l’année dernière … aujourd’hui elle peut être tranquille, je suis déjà cuit et n’ai pas le moral. J’y rattrape plus mal en point que moi : Simon (alias mr trotte du petit poucet) et on termine l’ascension ensemble … sans forcer ! J’avais un bon souvenir de la bascule vers Spa, mais là, non, je n’arrive toujours pas à m’amuser.
A Spa, je m’arrête 5’ auprès de Cindy, Marcasou et le Duss. Je n’ai franchement pas envie de repartir, mais bon, ils ne me laissent pas tellement le choix et y vais, sans oublier de demander une frontale pour le prochain ravito … car je commence à fortement douter sur une arrivée de jour :roll:

Spa – Oneux

1897936_822129401184814_1719485228767373625_nJe repars accompagné d’une poignée de TUC que je déguste tranquillement dans la montée (assez raide) qui suit. Une fois les mains vides, je regrette déjà de ne pas avoir abandonné : j’avais 2 voitures pour me reconduire à Olne …
Un pont, une montée, de la boue, une descente, un peu de roulant, un golf (je ne savais même pas qu’il y avait un golf à Spa :oops: ), une descente, de la boue, quelques pierres, … ma ballade continue. Le soleil qui devait dominer le ciel à partir de 10h se fait cruellement attendre. Est-il en grève avec un jour d’avance ? Mais bon, sympa, il nous a envoyé son amis le brouillard pour nous accompagner :roll:
Tiens je suis déjà passé par ici ? Ah oui, c’est la vielle voie romaine qu’on avait pris lors du GTLC 2013. L’état est le même (au moins je ne suis pas déstabilisé).
Durant mes interminables réflexions, j’organise mon abandon « si pas de frontale, je vais pas plus loin… je ne vais quand même pas me taper une heure de bois à la nuit tombée sans lumière »

Oneux – Dernier Ravito

Oneux. Km 48. Un rayon de soleil. Un ravitaillement. Une frontale en poche (merci Marc, tous mes plans sont tombés à l’eau en 2’! ). Après 10’ d’arrêt, je repars plein de motivation (mouais). Bon disons plein de meilleures intentions. Il faut dire que le parcours est quand même plus agréable une fois Spa passé et une fois les nécessités matérielles réglées. Bender le touriste se transforme donc en Bender le calculateur :5h30 de course. 14km avant le dernier ravito. Si je les fait en 2H et que je prends 1H pour le sprint final, ca me fait 8h30 et pas besoin d’allumer les phares.
Je me répète ces calculs et prévision pendant 2H. Tantôt motivé par mon rythme « soutenu ». Tantôt alerté par une lucidité temporaire.
C’est vallonné, je me fais toujours dépasser. Je cherche à retrouver le sentier où des jambes neuves m’avaient poussé l’année dernière… Je crois y être, mais non, cette année, rien ne se produit … et ce n’est pas faute d’essayer de relancer la machine :cry:
Ah oui, je me rappelle qu’avant le ravitaillement, il y a un fameux mur à grimper : 7h40 de route et je ne vois toujours pas ce mur … et bien, je suis encore plus lent qu’estimé :? Tout à coup, un virage à gauche, un rocher, on y est … c’est moins dur et ça monte moins longtemps que dans mes souvenirs … par contre, je ne vois pas la route. Tout à coup, des cris viennent de 50m plus haut. Le ravitaillement est là.
Alors, qu’on semble dessiner une belle boucle pour s’y rendre, Je confronte ma pensée à celle de mon futur accompagnant de fin de course. Ça donne à peu près çà :
- Merde on fait une boucle
- Je préfère, ça monte moins fort
- Oui, mais plus longtemps, et j’en ai marre, je préfère aller droit dans le mur, on y est plus vite
- Pas faux

Dernier Ravito – Olne

« Un peu moins de 8H pour arriver à ce dernier ravitaillement. C’est 30 minutes plus tard que calculé à Oneux … mais il y avait plus que 14km. Si je reprends mes calculs, en ajoutant 1heure, on est dans les timing de 9h que je m’étais projeté à Spa ! … mais, en fait, non, car j’apprends qu’il ne reste plus que 4km (et non 7 comme pensé). Et 4km, je dois quand même être capable de les finir en moins d’une heure »
Un bref arrêt (pour mes calculs, remplir la gourde et embarquer quelques TUCs) et je repars … en marchant … pendant que je me fais dépasser par des coureurs :-( .Dont .Ma force c’est les descentes lui cris-je.
Pas de chance, la descente est raide, mais sur asphalte, et j’ai mal partout. A peine sur souple, je rattrape mon nouvel amis (« à dans 500m quand ça montera »). La montée suivante, on en profite pour parler de nos saisons plutôt chargées. Puis les lumières de la salle de Olne. Il reste 500m… qu’on va courir (je n’aurai jamais cru ça possible durant tout mon périple de la journée) pour arriver en 8h22.
Merde, j’ai été plus vite que l’année dernière … en fait j’apprendrai plus tard que le parcours avait été raccourci de 2km, ça explique beaucoup de chose ;-)