La Bouillonnante 2014 (56km / D+2400m)

J’ai les jambes lourdes

Ai-je été trop optimiste en me disant capable d’enchainer le Trail de la nuit de Mai (36km) et la Bouillonnante version longue (56km) ? Telle est la question que je me pose en rentrant de Stavelot. Je n’ai pas trop mal géré, mais les jambes sont quand même fort lourdes. Je suis fatigué. J’en arrive à me demander si ma préparation hivernale est une réussite.
J’ai 2 jours pour récupérer assez de tonus pour finir cette Bouillonnante. Une chose est ce sure, je vais devoir aller la chercher avec les tripes celle là ! Jeudi, c’est férié, je vais travailler à la maison. Vendredi, je fais le pont pour conduire les enfants à l’école. Qq course le matin et je m’octroie quand même une sieste d’une heure dans l’après-midi. Waaw, je suis hyper reposé avec ce programme :roll:
Samedi matin, le réveil sonne, une douche … et moi qui pensais partir comme un voleur, les enfants sont déjà debout, résultat, tournée tartines et câlins (ça c’est bien) et je pars avec 15 minutes de retard sur le programme prévu (pas grave je prévois toujours large :oops:).

Direction la cour intérieure

Avant la courseIl fait 4°, le ciel à l’air assez clair. Ca ne m’aide pas à prendre enfin une décision sur comment m’habiller (et oui, toujours cette crainte d’avoir trop froid (en fait, c’est la seule crainte que j’ai avant une course :? )). Arrivé à Bouillon je fais un tour de ville et me retrouve garé presqu’au même endroit que l’année dernière … à 2 minutes du chapiteau.
Je suis un peu superstitieux (ça m’aide à ne pas avoir de stress sur une ligne de départ ;-) ), et c’est donc en habit de ville que je vais chercher le dossard et faire une pause technique avant de revenir me changer à la voiture. Essoufflé et les mollets douloureux juste avec cet aller-retour, ce n’est pas la gloire. Je me change tranquillement en écoutant la grande gu bouche de monsieur la trotte du ptit poucet qui est garé juste devant moi.
Voilà, je suis prêt, retour au château, petite photo … le temps de me rendre compte que j’ai oublié le dossard à la voiture :oops: (quand je vous dit que je ne suis pas dans mon assiette) … heureusement que je suis garé assez près ;-)
Nouveau retour au château, cette fois, je suis prêt ;-) Je file dans la cour du château pour y retrouver Olivier et Vincent. Je leur fait part de ma forme du moment … il parait que je suis un taré (après Brigitte mercredi et au boulot toute la semaine je vais finir par le croire) et Olivier recommence à courir. Je ne devrai pas être seul mais de toute façon, je fais ma course et tente de gérer un max.

Direction Frahan en passant par Lyon

Ke bouchon
Qui a dit déconne ?Le départ est donné, et nous mettrons 4 minutes pour passer la ligne de départ, il y a du monde ! Le double de l’année dernière … et on va le remarquer assez vite. Un petit tour de ville et on retrouve Benoit qui vient nous divertir jusque Frahan, et il aura été utile ! A l’arrêt avant le camping, il nous faudra un peu moins d’une heure pour faire les 3 premiers km (on se croirait sur la route du soleil en plein mois d’aout ! ) et franchir la première difficulté (rocher du pendu) du jour. L’ambiance est à la déconne, le temps passe vite, mais bon, on est quand même ici pour courir. La descente se ferra dans le chaos (entre les irrespectueux qui descendent tout droit et niquent tout et les gens qui suivent le lacet original (à chaque croisements les collisions sont frôlées).

A fond dans notre course !Les sentiers s’élargissent et le parcours se fait plus roulant jusqu’aux crêtes. Benny, en briseur de moral, fait office de reporter photos dédié à notre petit groupe qui continue dans la joie et la bonne humeur comme en atteste les photos prises.

DSCN0419Les crêtes sont toujours aussi belles … tant mieux, ca bouchonne et on a le temps de regarder le paysage :roll:
1H40 pour arriver au ravitaillement et tomber sur Robert l’appareil photos carré de retour (en civil) sur des chemins qu’il a dompté il y a quelques années. La photo ici, montre bien la différence entre les courses sur route et les longues distance dans les bois : sur longue distance, on prend le temps de se ravitailler.
La joie des ravitos

Promenade dans la campagne

Un petit « on se revoit dans 4h » à Benny et on repart à 3 pour la boucle de 32 km. Les jambes ne vont pas trop mal, mais bon il n’y à que 12km de parcouru et il faut encore voir si elles vont tenir la distance. On continue à beaucoup discuter avec Vincent. Olivier est un peu plus à la peine.
La longue montée suivante (avec quelques passages plus raide) est « fatale » à Olivier. Comme Vincent est parti avec lui, je lui propose de l’attendre pour qu’ils s’arrangent entre eux sur qui reste avec qui, mais que « après, je fais ma course (avec ou sans lui ;-) ) ». On est à 3 au km 18, le chemin est roulant, en léger faux plat. Je me décide d’avancer un peu tant que les jambes vont. Je décroche donc mes 2 compagnons et continue à un rythme qui est le mien (assez rapide, mais pas trop, histoire de m’économiser). Tranquillement je remonte des gens.

Je reconnais qq passages et essaye de comparer ma condition du moment par rapport à celle l’année dernière : elle a l’air bonne … mais je commence à savoir que l’état de forme peux changer TRÈS vite et reste donc prudent.

moi ;-)27eme km : Alors qu’on est de retour sur un dénivelé plus marqué depuis qq kms Vincent me rejoins. Il m’explique qu’il à quitté Olivier vers le 22eme … Punaise, il m’a rattrapé en 5km alors que je pensais être à un rythme convenable … soit il est vraiment fort et va s’ennuyer avec moi, soit il a dû forcer pour revenir et sera content que je mène une allure modérée.

En tant que meilleur descendeur que Vincent (on parle course à pied et trail hein ;-) ), je prends un peu d’avance dans les descentes, surtout si elles sont un peu technique, de toute façon il reviendra dans la montée qui suit (en gros, comment courir ensemble sans perdre trop de temps quand on a des spécificités de course fort différentes)

« Mi course »

DSCN0433Au 31ème km, nous voila au ravitaillement de XXX que je considère comme la mi-course. Le temps de remplir ma poche d’eau et on s’attaque à une fameuse ascension (longue et raide par endroit) à 3 (un copain de Vincent va nous accompagner un petit km avant de nous laisser partir). En haut, je me sens de mieux en mieux. Je mène l’allure et Vincent prends de temps en temps le relai quand il sens que je faibli un peu. Comme il me le souligne, on avance plutôt bien.

DSCN0433Les kms défilent, puis arrivent une longue descente en mono-trace où je me fais un peu plaisir en accélérant. Sentant le point stratégique « Frahan 2″ pointé à l’horizon, j’ai de moins en moins de retenue :roll:
La longue ligne droite direction Frahan. Cette fois je sais ce qui m’attend, même si je n’aime toujours pas cette portion (pourquoi ne pas nous refaire passer une deuxième fois par les crêtes devant lesquelles on vient juste de repasser ? ) elle passe sans difficulté (quel contraste par rapport à ma déprime de l’année dernière ! ) et on est de retour au ravitaillement de Frahan !

En route vers le tombeau … pas le mien j’espère

le long de la Semois
Un bisou à Ben qui est revenu de sa ballade en solitaire, deux cocas et plusieurs poignées de cacahuètes et je suis prêt à repartir quand mes 2 supporters du jour m’interpellent

- Combien de temps pour arriver en haut de The Wall ?
- Moins de 10 minutes
- Ok, on a le temps d’être en haut avant toi

Mon objectif dans « The Wall » ? Aller plus vite que l’année dernière. Je pars donc à un bon rythme (sans trop relancer quand même car il reste 12 km pas piqué des vers après). 9’20″ plus tard, je suis en haut provoquant la surprise de Christelle qui ne m’attendait quand même pas si vite en haut. J’aurai pût mettre 20 secondes de moins si je n’avais pas été bloqué derrière deux type qui n’arrivaient pas à enjamber un petit rocher.
Ce qui m’étonne, c’est l’écart que j’ai creusé avec Vincent qui normalement monte beaucoup mieux que moi … Est-ce que j’ai trop forcé ou est ce que ca sent la fin pour lui ?

Les échelles (et sa descente technique), un deuxième mur. De nouveau, je le monte bien et attends Vincent en haut (à coté d’un groupe avec une jéolette :shock: … ils ont monté ca ? Chapeau !!). Si ma mémoire est bonne il y a une longue descente en faux plat juste après.
Ma mémoire n’est pas trop mauvaise. Comme j’ai dans ma tête d’essayer de faire moins de 2H pour les 12km je relance un peu. Voyant Vincent décrocher, je décide de partir seul et accélère encore un peu le pas. Une fois en bas, il faut remonter vers le tombeau du Géant. Je suis encore bien et arrive à trottiner quand la pente n’est pas trop forte.

Lâcher le fou

Arrivé au tombeau, Laurent et Christelle m’y attendent de pied ferme (presque) :

- (Christelle) Combien de temps pour l’arrivée ?
- (Un bénévole) Une bonne heure !
- (moi avec un petit clin d’œil) une petite heure 8-)

Et PAF un nouveau défi, ca tombe bien, je suis en forme ! Rejoindre l’arrivée en moins d’une heure. Je quitte donc le ravito comme une balle et avale la descente (droit vers la Semois, l’air de rien elle est raide) comme un malade (avec quelque dépassement un peu limite). Un premier guai : 50m avec de l’eau jusqu’au thermomètre … c’est à ce moment que je me rends bien compte que ma ballade du jour m’a irrité entre les jambes :-( Le temps de sécher un peu le short que le deuxième arrive … Comme je suis irrécupérable, je fais 2-3 pas en courant dans l’eau , dépasse 2 gars et coupe un peu car y a d’autre personne devant (dont Thomas avec qui j’avais couru à OSO).

Encore un mur, un peu de roulant et puis je ferai même la dernière (avant le château) cote en courant. Je lâche une nouvelle fois les chevaux dans la dernière descente du jour, y a plus qu’à monter vers la château … les escaliers sont plus durs que dans ma mémoire et je commence à payer mes derniers km en roue libre :-( … mais contrairement à l’année dernière, tout le monde est dehors est c’est sous une super ovation que je gravi la dernière bosse (mince, obligé de courir, tout le monde me regarde :oops  )

Bilan

- 7H42 (7h39 en temps net).
- 44 minutes entre le tombeau du géant et l’arrivée
- Les jambes commencent à raidir, mais j’ai enchainé les 2 trails de la semaine sans sourciller
- J’ai passé un chouette moment en croisant plus ou moins longtemps des gens agréables

Tout pourrait être parfait … mais, car y’a un mais :
Victime de son succès, la course est entachée par de trop nombreux bouchons et arrêts. Je sais qu’il y a moins de place dans les bois et j’essaye de ne pas râler trop vite devant un engorgement, mais là, c’était trop (une vingtaine de minutes à l’arrêt sur les 12 premiers km). Je me suis dit que, content d’être venu deux fois, il n’y aura pas de troisième … sauf, si comme il se le chuchote, un 100 km serait organisé … là, je suis partant surtout que je pense qu’on sera un peu moins nombreux sur cette distance ;-)