Trail des Vallées du Chevalier (26km – D+1000m)

Ceci n’est pas un jogging

Samedi 22 juin 2013, 9h30, je suis sur l’autoroute, direction Marche-les-Dames. Le temps est gris, le bulletin météo fort moyen. J’ai 1h30 de route pour me rendre à ma destination. Le temps de cogiter … mais dans quoi me suis-je encore embarqué ?
Tout à commencé le 27 Avril, alors qu’on se baladait sur le chouette parcours de la Bouillonnante, en se racontant nos différentes expériences. Vincent s’arrête sur une course se déroulant sur les chemins d’entrainement des paras-commandos de Marche. De la technique, des vallées, des cordes, … « ça devrait te plaire », « ça risque d’être la dernière édition » m’ajoute-t-il. Le rendez vous est pris avec mon pc. Un petit tour sur la vidéo de monsieur et le site de l’organisation :

- La vidéo donne vraiment envie : des passages de fou et de super paysage
- Il reste de la place

Bon, ça fait une course de plus, 3 semaines après un ultra. Un peu chaud physiquement et question organisation. Une petite discussion avec madame qui n’a pas l’air contre l’idée, je refonce sur le pc et m’inscrit pour la course. Dans c’est cas là, il ne faut pas tergiverser, c’est ainsi qu’on fini par être raisonnable et ne pas le faire :roll: … de plus, 10 euros, ce n’est pas cher payé, au pire, si les jambes ne vont pas, je n’y vais pas ;-)

Le GTLC et ses 86km sont avalés non sans mal. S’en suivent 10 jours de maladie. Mouais, au moins je me serais reposé. Je prends les baskets dimanche et mardi histoire d’avoir quand même qq km dans les jambes et comme je suis assez c.n, je n’ai pas envie de renoncer … je me suis quand même inscrit :roll: . C’est donc assez hésitant sur ma condition que je me rends chez les paras !

Arrivée sur place, tout est nickel. Grand parking. Belles installations. Organisation au top … je n’avais pas besoin d’arriver 40 minutes avant le départ :-s mais bon, vaut mieux attendre un peu que stresser déjà avant le départ. Je retourne donc tranquillement à la voiture pour m’habiller … premier choix tactique : comment m’habiller ? Une ou deux couches ? Partant sur une couche manche courte car le soleil tape pas mal, je vois passer un gars avec des manches longues et les nuages gris arrivent, je choisirais la solution manches longues au corps avec un tee-shirt par-dessus (je vous l’annonce déjà, je vais avoir chaud).

11h20, je retourne « au bar » pour attendre le débriefing. J’y retrouve Vincent. Le débriefing nous fait sourire : ils sont bien insistant sur le fait qu’on ne va pas courir un jogging … euh j’espère que tout le monde réalise sur quelle course ils se sont inscrit…

IMG_0005b11h50 : Je me rends sous la ligne de départ. Oui, sous, car, comment dire, la course commence fort, par la montée d’un talus avant de passer enfin sous l’arche de départ. J’annonce un mode tranquille car je ne suis pas trop confiant sur ma capacité à enchainer les folies.

12H : L’organisateur a oublié de nous dire que, au 7eme, il y a une belle bosse rendue TRÈS boueuse et difficile par un débardage cette semaine. Bon je note, au 7eme on va morfler. Le pétard du départ explose. Ça y est tous dans le talus.

Sans titre 6Début roulant : Une fois passé l’arche de départ, on traverse la base, puis direction les champs puis une un peu d’asphalte pour entrer dans le village de Wartet … en mode jogging, l’humeur est bonne. Un futur marathonien des sables nous accompagne en expliquant sont projet. La première descente se fait sur la route.

Sans titre 4Vincent imprime un gros rythme : Parti pour le faire en mode touriste, je m’accroche quand même un peu à Vincent pour faire un petit bout de chemin en sa compagnie, en espérant ne pas trop me griller (l’inconnue du jour : ma capacité de récupération). Première difficulté du jour, ça commence en montant calmement, Vincent garde le rythme, j’essaye de rester dans son sillage qq temps puis me résout quand même à marcher quand la pente se fait trop raide pour moi … et encore, j’ai forcé un peu (et oui, sur 25km on peut quand même se faire un peu mal :-D ). Je recolle pendant la descente, car même si Vincent semble vouloir garder un bon rythme, je suis un bien meilleur descendeur 8-) On continue la ballade à un bon rythme, agréable, mais loin d’être technique.

La fameuse bosse du 7eme : 100m sur la route et Vincent me dit qu’on se présente surement devant la fameuse montée dans la gadoue … au vu du kilométrage (6.8km) de ma montre et de l’état de la route, je ne peux qu’être d’accord. Et effectivement, il est abimé le chemin … un truc immonde, dans 10cm de boue, où on (moi du moins) glisse tout les 3 pas. Pas de réel appui. C’est dur, surtout que le dénivelé est costaud par endroit. Une nouvelle fois, Vincent s’envole. A mi chemin, on escalade le talus sur le coté pour faire un peu de hors piste un peu moins éprouvant. 6 minutes pour faire ces 400m à 15% de moyenne. En haut, je relance directement et profite de la descente pour rejoindre Vincent.

Chacun sa course : Traversée d’un parc, puis au fond, premier obstacle du jour, un tronc d’arbre et une corde pour traverser la rivière. Une fois de l’autre coté, le chemin reprend de l’altitude. Pas trop fort, donc on court (en fait, j’essaye surtout de suivre Vincent qui est toujours aussi motivé). Après qq centaines de mètres, je renonce et profite de l’ascension pour prendre un gel (ça fait quand même un peu plus de 8 bornes qu’on court). A l’approche du sommet, je me rends compte que je reviens tout doucement sur Vincent, finalement il ne m’a pas trop décroché, je le rattraperai dans la descente qui suit ;-) Une fois que c’est fait, je me décide de le passer pour prendre un peu d’avance … chacun sa course ;-) Le chemin devient moins technique et il s’accroche, on finit donc la descente (assez longue) ensemble. Il me dit que les choses sérieuses vont bientôt commencer : « Au fond, il y a un mur, puis on y est ».

On arrive : Après cette belle descente, on « enjambe » un fossé puis voilà le mur dont me parlait Vincent. Une nouvelle fois avec des passages très abrupts. Les gens autour commencent à le comparer à « The Wall » de la Bouillonnante. Plus court, mais il n’a rien à lui envier. Quelques mètres à 4 pattes pour la constatation du jour : jamais je ne serais autant servi de mes bras pendant une course.

Le kif : Quelques centaines de mètres plus tard, 2 cordes, bon bin faut y aller. On n’est pas des habitués, mais ca passe bien. S’en suivent 2 kilomètres de track à bord de falaise, de montée à l’aide de corde, à 4 pattes, d’escalade, de descente à l’aide de corde, de glissade, même une chute à cause d’un fou sur une corde. J’étais venu spécialement pour ce passage, et il faut dire que je ne suis pas déçu, j’en ai pour mon argent, car en plus, le paysage est magnifique. A un moment, on a le choix entre 2 chemins et décidons de prendre le plus dur (on est là pour ça non ?).

Piste noire : Nouvelle escalade. Moi et mes petites jambes n’avons pas très facile, mais nous aimons bien. Tout à coup, le chemin devient fort dangereux : une corniche de 30cm de large à bord de falaise. Un câble pour se tenir, 100m de vide dans le dos. 3 m plus loin, on grimpe deux rochers pour arriver tout en haut de la crête. La vue sur la vallée est splendide. Encore un arbre à grimper pour continuer notre chemin et nous tombons sur des rubalise rouge nous disant qu’on ne peut pas aller tout droit … mais il n’y a pas d’autre chemin … En fait, on était hors piste et revenons sur le bon chemin … c’est vrai que le passage était fort dangereux pour emmener 300 trailers :roll:

Sans titre 2En route vers le ravitaillement : une fois sur le bon chemin, encore un peu de corde, un chouette single track … puis une cote de fou : terre, feuille, corde, pierres, rochers. Suivie d’une descente tout aussi raide où la tactique « chute » d’un arbre à un autre marche plutôt bien … puis il est l’heure de remplir la gourde… il était temps car je commençais à avoir soif (n’oubliez pas qu’avec mes 2 couches, je transpire pas mal :oops: ).

Ai-je des bonnes oreilles ? : Deux verres de coca plus le temps de remplir ma gourde que Vincent s’en va déjà. Je lui emboite presque tout de suite le pas … juste le temps de croire entendre que 63 personnes sont déjà passées … moi qui visait un top 200 tranquille, je suis un peu surpris. D’accord, on ne se promène pas, mais de la à être aussi tôt dans le peloton, il y a de la marche …

Le gros bender s’échappe : L’arrêt fût bref et je n’ai rien mangé, je m’empresse donc de manger 3 chiques au coca, j’espère que je ne vais pas payer ce manque d’alimentation. A l’entame d’une descente, je décide de prendre les devant pour forcer mon pote de course à garder un certain rythme. La descente se passe bien, s’en suit la traversée d’une carrière puis on arrive sur une route en légère cote. Elle est assez longue et je me décide à marcher à mi chemin du sommet. Un coup d’œil en arrière pour me rendre compte que Vincent est déjà assez loin. Je me décide de ne pas l’attendre et faire ma course.

On s’accroche : La deuxième partie du parcours est fort roulante. Les jambes un peu lourdes, ce n’est pas évident de courir, surtout qu’on est en léger faux plat montant (pour pas loin de 3 bornes). Il y a un groupe devant moi, je me décide de m’y accrocher. Telle une étape de montagne, les coureurs lâchent un à un. Gardant le rythme, je me retrouve devant. Les kms défilent tranquillement, mais je suis moins fan des chemins actuels, mes jambes me le confirme, mais je m’accroche.

Piqûre de rappel : Un nouveau passage sur un single track dans les bois me redonne des jambes de jeune homme. A moins que ce ne soit le petit passage par la rivière… Comme j’ai entendu à ce moment : « un trail où on ne se mouille pas les pieds n’est pas vraiment un trail » … et puis c’est cool, ainsi, mes pompes sont lavées ;-) Puis me voilà au pied de la dernière difficulté : ,si j’ai bien lu dans le journal. Cote forte avec la possibilité de monter via des escaliers, choix que je fais. A un très bon (trop bon) rythme.

DSCN6784Le sprint final : Mais voilà, cette montée « rapide » m’a complètement figé les cuisses. Pas moyen de relancer directement. Je suis donc obligé de marcher un peu sur le sommet. Lors de la traversée du parking, je recommence à trottiner et les sensations reviennent. Chouette, je passerai la ligne en ayant bien accéléré sur les 500 dernier mètres. 3h04. J’aurai bien voulu rentrer en moins de 3h, mais ca ne m’étais pas possible… la découverte du classement : 49eme, va me donner une autre satisfaction 8-)

Pasta party : Après l’avoir attendu pendant de longues minutes assis tranquillement dans l’herbe (cette phrase n’est ajoutée et fortement exagérée que histoire de me faire mousser un peu :oops: ), j’irai prendre ma douche et manger mon assiette de pâtes avec Vincent. Il n’est pas en grande forme (et ce n’est rien de le dire), mais, c’est dans la bonne humeur que se termine cette vraiment chouette journée. Bon, j’ai encore 1h30 de route, mais ça, ce n’est qu’un détail.

Le parcours, l’organisation, les sensations, la bonne compagnie, tout était vraiment réunit pour m’éclater en ce samedi et je ne peux que dire que JE ME SUIS ÉCLATÉ !!!

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