Trail de la Lesse (50km D+2100m)

Lorsqu’en décembre 2012, je remportais une inscription pour le trail de la Lesse (à une tombola, ca va de soit :roll: ), je ne connaissais pas du tout cette course (il faut aussi dire qu’elle est assez jeune… un peu comme moi dans le monde du trail :oops: ). « C’est la descente de la Lesse ? » Bin non, ce n’est pas les bonnes distances. Dans ce cas, Internet est ton ami. A oui, pourquoi pas, ca peut être chouette. Vincent terminera de me convaincre lors de la Bouillonnante. « Je n’ai jamais autant galéré sur une course » « Les organisateurs sont des fous » « ils ont allongé la boucle de 10km en passant par des endroits costauds » « les dénivelés annoncés sont vraiment là » sont les mots que j’ai retenus (du moins voulu entendre).

Juin 2013. Il est temps de planifier la deuxième partie de l’année. 4 courses au mois d’aout me tentent … euh, oui, va falloir faire des choix. « Retiens en deux » … donc comme tout taré qui se respecte, mon choix se porte sur deux trails deux semaines de suite (bin voyons).

37 - avant 111Aout 2013 : Jour J. Voici venu le temps de ce fameux trail qui s’annonce difficile et seulement 8 jours après le trail des croix et ses 35km (dont je ne m’attarderai pas sur mes performances vu qu’elles sont disponibles sur la page dédiée ;-) ).

2 appréhensions m’accompagnent au réveil :
- les bâtons : comme la course s’annonce dur, j’ai décidé de les prendre avec … mais je n’ai jamais fait plus de 25km avec les bâtons.
- la recup : j’ai quand même eu des débuts de crampes il y a 8 jours. J’espère que la récupération, si elle n’est pas totale sera au moins suffisante.

Mais, il faut être optimiste, ca va le faire. Ce sera même mon leitmotiv durant toute la journée. Ayant égaré mes clés et ne voulant pas retourner toute la maison alors que je suis le seul debout, je quitte la maison comme un voleur, direction Daverdisse.

Le ciel est bleu, les oiseaux chantent, ……….. et ma voiture m’annonce 6°. Ouch, je n’ai qu’un tee-shirt avec moi, pourquoi n’ai-je pas vérifié la météo :? bon on ferra avec, plus le choix ;-) (je peux déjà vous l’annoncer, le tee-shirt était largement suffisant)

37 - avant 28H : DAVERDISSE et son terrain de motocross, je m’en vais rechercher mon dossard (les pauvres bénévoles qui sont en plein vent), affronter (le mot est faible) le WC2000 faisant office de toilette, me change, participe à une petite séance photos personnelle … voilà, je suis prêt à en découdre avec les chemins de la Haute Lesse !

9H : Petit débriefing où on apprend qu’il y aura peut-être qq km de plus (moins de 4, promis) et il est temps de partir.

A travers tout

Petite boucle sur le parcours du motocross, puis on rentre directement dans le vif du sujet. Pas que ca monte ou descente fort, juste que le sol est bizarre, recouvert de branches et autres obstacles, en plus il y a des branches partout, même pas 5 minutes qu’on est déjà en mode « à travers tout », ca promet. Je reste tranquillement dans le sillage des coureurs devant moi. Ils vont un peu moins vite que moi, mais je me force à rester derrière histoire de modérer mes ardeurs offensives et ainsi éviter d’être grillé après 10km (je commence à me connaître :oops: ).
Après un peu plus de 3 km, la première difficulté du jour se profile. Un mur … à travers tout. Avec cette première bosse, la fin de mes bonnes résolutions … j’ai un peu honte. Lassé du rythme trop lent, je dépasse et accélère un peu le mouvement. A peine en haut, on redescend en ligne droite. C’est technique comme j’aime. En plus après 5 bornes j’ai toujours la « souplesse » pour sauter au dessus des obstacles, je me fait donc bien plaisir dans cette descente. Bon il faudra enlever les qq crasses qui se sont faufilées dans mes pompes un fois en bas, mais ce n’est pas grave ;-)

37 - gueL’almache des sports

100m plus loin, c’est l’Almache et son premier passage à gué. Les pieds mouillés, j’aime encore bien -> plouf. Un gros talus pour sortir de cette cuve, puis on va montrer tranquillement sur chemin fort roulant. Suivie d’une chouette descente dans les bois. Après j’ai un petit passage où je ne me rappelle plus trop, à part que la ballade est agréable, le rythme plus rapide que prévu et les jambes tournent pas trop mal. Après à peine 1H30, les premiers du 32 me dépassent déjà …

Tel Alberto Tomba

Passage à coté d’un belvédère tout beau tout neuf et la vue sur une vallée. C’est beau, mais je décide de continuer mon bonhomme de chemin. Ca descend. J’en profite pour récupérer un peu. Une nouvelle petite bosse puis, si mes souvenirs sont bons (j’ai quand même d’énormes doutes) arrive le déraillement psychologique de la journée :oops: (oui, accélérer après 4km n’est pas la chose la plus stupide que j’ai faite :roll: ) …
Donc, j’étais tranquillement en train d’évoluer sur un joli sentier, quand tout à coup on doit quitter notre confort pour descendre assez abruptement. C’est raide. La tête la première je me jette dans le trou, plus en glissade que réellement en course. Tel un skieur, les bâtons plantés au sol, je saute et glisse d’un coté puis de l’autre dans un énorme nuage de « poussière » … « je suis là pour m’amuser, alors j’y vais » un peu inconscient. Je dépasse un mec, puis une dame. A force d’attaque, je commence à ne plus être dans les traces souhaitées, le souffle court, mes glissades deviennent de plus en plus limites … et ce qui devait arriver arriva, mes deux talons se dérobent, qq mètre sous le dos pour m’arrêter … sous un arbre … waw je suis pas passé loin !!! A peine debout, je repars d’aussi belle pour me re-gameller 30m plus loin. Heureusement, le fond arrive, car je suis bien poussiéreux et cette « attaque » m’a bien tué physiquement. Je me prendrais encore un arbre à la sortie du fossé de fin. Waaw, quel kif, quelle folie. Mon cœur bat à 200, pas le bon plan pour une course d’endurance. Je partirai donc à l’assaut de la cote suivant à mon aise…

Ave Maria

La passerelle Maria et son ravitaillement sont atteint en 1H50. Il commence à faire chaud, mais je suis assez bien. Je m’arrête 2minutes histoire de boire 2 cocas et manger qq chips.
Petite montée suivie d’une descente sur route. Endroit choisi par la première dame du 32 pour me dépasser. Je me ferrai plaisir en allant la rejoindre dans le mur suivant 8-) . Mais bon une fois en haut, elle a relancé pendant que je la regardais partir pour de bon :-( Un peu plus loin, la descente qui suit est raide, étroite et assez casse gu…e Bizarrement, je me tiendrai à carreau et descendrai à un bon rythme mais ASSURÉ :roll:

Poltergay

Les 10 km suivants seront roulants et usants. Avec 2 traversées de gué. Il commence à faire chaud. Ce mouillage de pied me fait du bien. J’ai les jambes qui commencent à être lourdes. Evidement, on vient de passer la mi course. Même si je galère un peu, je profite bien du moment, je trottine calmement, marche un peu quand l’envie me prend. Pas de stress quoi. Les kilomètres augmentent et j’ai quand même de plus en plus dur.

Aie

Arrive le 30eme kilomètre et son MUR ! LE mur de la course. Un truc immonde, verticale. Avec les bâtons, puis à quatre pattes, puis un peu à la corde, mais mes bâtons me 37 - mur hautgênent. Il y a du monde, on n’avance pas très vite. Mes yeux brulent à cause de la transpiration. J’ai les mains pleines de terre (le tee-shirt aussi faute à une descente un peu folle une heure au par avant), je ne sais donc pas faire autre chose que endurer ces brulures, fermer les yeux où je suis (80m de vide dans le dos), ce n’est pas la bonne idée. Arrive enfin le sommet, punaise je suis EXPLOSÉ !!!

Mental, accroche toi !

Je traverse le champ suivant avec un gars du 32 qui est également mal. Un peu de route puis retour dans les bois, un coucou à notre dame de Lourdes, passage d’un petit ruisseau, puis ça remonte direction le motocross pour le deuxième ravitaillement … juste à coté de l’arrivée. Un peu salaud de nous faire passer si près de l’arrivée. J’y croise Ben qui en fini justement avec le 32. On remplit ma poche d’eau. 5 minutes de papote en buvant 3 cocas histoire de repartir pour la boucle du 18 (Ben m’a dit avoir dépassé une dame du 18 dans le mur) avec un nouveau stock de motivation.

Seul au monde

« Il y aura moins de monde dans le mur » me disait ce cher Ben, et bien il ne se trompait pas le bougre… Après 500m, je rattrape et dépasse 2 concurrents, puis plus rien. Seul dans les bois. Heureusement, le circuit est roulant et le marquage est top. Je profite à fond de ce moment, d’autant plus que j’ai réussi à chopper un rythme constant. Les km défilent. Juste un peu trop facile, quand à moment donné, au milieu de nulle part, le chemin part vers une crête (fallait le voir) que je me fais un plaisir d’escalader. Ensuite c’est 2 km au milieu des bois. Heureusement que le marquage est bon, car il n’y a pas du tout de sentier et je dois quand même chercher à deux reprises mon chemin.

Dernier point d’eau

« A 9km on a mis des bouteilles par terre, servez-vous », Je suis sur une partie pleine de racines. Le rythme est donc un peu plus saccadé et j’ai déjà plus de 9 bornes à ma montre et je ne vois toujours pas ces bouteilles. Le moral baisse de nouveau (c’est dans ces moments qu’on peut se rendre compte du travail fourni par le mental). Lors d’une nouvelle traversée de la Lesse (calmement pour bien me rafraichir), je rattrape enfin qqun qui me dit que l’année dernière les bouteilles étaient dans la bosse qui suit et me confirme qu’on repasse par le mur.
Arrivé aux bouteilles d’eau, je m’assois 2 minutes au sol et regarde ma montre. Si il reste bien 9km dont le mur, je peux oublier le « moins de 7H » pour viser le « moins de 7H20″ (qui représente une heure de moins que la Bouillonnante). Je m’octrois 40’ pour les 3 derniers kms (oui, à y repenser, j’étais large dans mes calculs), j’ai donc 40’ pour faire les 6 prochains km.

Le mur II, le retour

Les jambes vont de mieux en mieux. Le parcours roulant et plutôt descendant, ainsi que 37 - lessel’odeur de l’écurie aide à ce retour en « forme ». Avec toujours la crainte du mur après 50km. Mais il sera toujours temps de voir au moment même. Passage à gué que je crois reconnaître, vite qq bonbons au coca pour chopper du sucre rapide juste avant le mur.
6h25. Poufti, j’ai bien avancé. Maintenant on attaque le gros morceau. Directement à 4 pattes. Dès que les cordes se profilent, je poigne dedans et monte à la force des bras. Les cordes ont intérêt de tenir ! Qq minutes plus tard, je suis en haut. Je prends encore une petite minute pour retrouver mon souffle et je repars chancelllant vers l’arrivée.
Finalement, le « moins de 7h » est possible. Je m’accroche à cette idée pour la dernière bosse. Et pour tenter de relancer à la vue du terrain de motocross (la 4eme tentative sera la bonne). Plus que quelque centaines de mètre et j’y suis en 6h51’33″.

Podium

Super performance (pour moi) sur une course vraiment agréable et super bien organisée. En plus, je récupère ma place dans le top 3 des trailers préférés de notre chère Stacy. Que demande le peuple 8-) Il ne me reste plus qu’à attendre une demi-heure que mes supportaires arrivent pour boire une petite bière bien méritée. Et puis retour à la casa, la tête pleine de super souvenirs ;-)

37 - result

Une réflexion au sujet de « Trail de la Lesse (50km D+2100m) »

  1. super compte rendu.
    Si tu dis a tout le monde que les organisateurs sont fous, il va y avoir des centaines d’autre fous qui seront au départ en 2014.
    Et, c’est promis en 2014, le parcours sera encore plus fou …

    Greg le traceur.

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