Olne – Spa – Olne 2013 (69km – D+2200m)

Préambule

Alors que je pensais ma saison 2013 finie avec un dernier « sprint » EcoTrail de Bxls (82km) – THF (38km), je me laisse un peu vivre. Il faut dire que la naissance de ma petite demoiselle mi octobre m’aura bien aidé. Résultat, prise de 5kg au moment. Contre toute attente, je décide de m’inscrire pour Olne – Spa – Olne … j’en ai déjà beaucoup entendu parlé, j’ai des fourmis dans les jambes et madame m’encourage même à y aller. J’ai donc un petit mois pour me remettre en « condition ». Normalement j’ai le fond me dis-je, il faut juste espérer que mes quelques kilos superflus ne m’handicaperont pas trop.

Je ne sais pas si c’est dû au fait que je me sois un peu décidé à l’arrache, moi qui prépare soigneusement à l’avance mes programmes courses (oui, je sais cà peut paraître bizarre quand on le voit ce programme), mais j’ai un mal fou à rentrer dans ma course les jours précédant le jour J. Toujours est-il que Dimanche 24 octobre à 5H du mat, mon réveil sonne. Une douche. Préparation du sac et direction Olne.

Ayant déjà frôlé les hypo, le froid est ma plus grande crainte. Encore amplifiée quand je me vois contrains de gratter la voiture ! Je décide donc de courir avec 4 couches (en mode grand gel) avec une 5ème accrochée au sac à dos.

Ce qui a de bien en trail, c’est qu’on ne sait jamais réellement à quoi s’attendre. Petite extrapolation de mes différentes expériences et je pense viser moins de 9H. Seulement suite à une petite discussion d’avant course avec Philippe (qui me dit que je dois valoir environ 8H), je me décide que malgré que je ne suis pas au « top » je vais tenter de faire 8H …je sais ils sont loin les beaux discours d’avertissement que je prodigue à gauche et à droite (attention, sur de telles distances, les erreurs se payent cash) :roll:
Enlevons, toutes formes de suspense : je n’irai pas chercher les 8H (qui étaient de toute façon beaucoup trop ambitieux) … et j’en ai morflé !!!

Comme on se plait toujours à raconter après une course, c’est fou les pic et creux moral/forme que l’on rencontre sur une course. Pour changer un petit peu, la découpe de mon récit se ferra plutôt
via ces passages de bien/moins bien.

OSO part 1

Ma préparation de course : un coup d’œil au profil : les 10 km sont descendant puis ca monte pas mal. S’en suis du vallonné. Une nouvelle période descendante puis remontée vers Olne. Dans la première descente Jean-François (alias Krodesh) me tombe dessus et me tient le même discours que tout le monde aujourd’hui : le parcours n’est pas exceptionnel, c’est surtout le regroupement régional qui fait son succès … on verra.
En tout cas, le début me plait bien. Quelques jolies monotraces pleines de relances dans les bois. Tout ce que j’aime, si les 70km sont de cet acabit, je vais me régaler !

OSO part 2

Après une dizaine de km, on est tout en bas … il faut donc remonter vers Banneux. Un long faux plat. Ca y est les chemins deviennent moins amusant et moins « comme je les aime » : La pente n’est pas assez forte pour ne pas avoir de remord à marcher, donc je cours :roll:
Je maintiens un rythme assez (trop) soutenu, toujours avec l’optique un peu idiote des 8H. Cédric, qui a décidé de (mieux) gérer sa course me laisse partir. Arrivé à Spa, les jambes sont déjà lourdes. 27km à ma montre … c’est un petit peu trop tôt :oops: La remontée qui suit va finir de m’achever. Si tôt dans la course, mon moral prend un petit coup, mais je continue. La descente plus technique (racines, pierres, feuilles mortes) me remet du baume au cœur et j’arrive au ravitaillement du 30ème en un peu moins de 3h30.

OSO part 3

2 Minutes d’arrêt et je repars. La forme du moment n’est pas terrible et je ne me rappelle plus trop mon chemin (un peu comme la trajet du matin pour aller travailler, je sais que je l’ai fait, mais je ne sais pas ce qu’il s’est passé :oops: ). Je sais juste que Cédric m’a dépassé et qu’il avait l’air bien.
Au réveil, je cours à coté de Thomas. On discute, le rythme a un peu faiblit. Comme je me fais un plaisir de lui expliquer, je me suis mis en mode « finisher » : je survis en cote et cours dès que la pente est descendante ;-)
Je peste sur les chemins trop « pierreux » à mon gout. Ils sont pas beaux et me font mal aux pieds. On ne m’y reverra pas ! Moral, mon beau moral où es tu ?

OSO part 4

Vers le 50ème, le parcours devient plus « dénivelant ». La présence de Thomas, ces montées raides suivie de belles descentes, le fait qu’on remonte enfin un concurrent de temps en temps (et pas l’inverse), mon moral et mes jambes revienne. Thomas me dit qu’il va se reposer un peu et me dis d’y aller… Donc je pars … en m’attendant à me faire rejoindre qq km plus loin :roll:
Je revis, j’ai attrapé un « bon » rythme. Les km recommencent à défiler.

Par contre, le temps, ce n’est toujours pas çà … depuis le matin il y a un brouillard avec une légère bruine et de temps en temps de la pluie. Inutile de dire que je n’aurai carrément rien vu du paysage. On aura bouffé de la boue, mais ca, ca va, car j’aime. Elle aura au moins eu le mérite de rendre amusant certains chemins campagnards ;-)

OSO part 5

Trempé jusqu’à l’os, je me profile devant la dernière cote avant le dernier ravitaillement. Nouveau coup de mou. La cote est raide et glissante. J’ai vraiment dur. Je tiens a peine debout. Il reste 8km, à ce moment, je me demande vraiment comment je vais rejoindre l’arrivée … même si je n’ai aucun doute sur le fait que je vais finir.
Je me fais rejoindre par 3 lascars qui amènent de l’ambiance et me tire jusqu’au ravito. Le temps de boire un coup, apprendre qu’il reste deux bosses que je me sers une dizaine de TUCs.

OSO sprint final

C’est en mangeant et accompagné de monsieur « la trotte du petit poucet » que je repars. Une nouvelle descente dans laquelle je fais parler ma technique :roll: et je me retrouve seul. Pas grave je me ferrai rejoindre dans la bosse qui suis…
Et non, les jambes sont une nouvelle fois de retour (il me faut vraiment du tout terrain pour me sentir bien). Les 3 derniers km sont donc une formalité et j’arrive au bout d’OSO en 8h32. Assez satisfait car je voulais faire moins de 9H et 8H32 est fort proche de mon vrai niveau.

Et alors t’as aimé ?

Ca c’est la question du lundi. Ma réponse fût « mitigé ». De beaux chemins, mais le milieu de course m’a bcp moins plus (la forme du moment aide peut-être). Le fait de ne rien voir a accentué cette déception, même si la boue a rendu certaines parties beaucoup moins monotones. Pendant la course j’ai plus ou moins juré que je ne reviendrai pas … mais il faut avouer que maintenant, rien n’est moins sûr :lol: