Les Pierres du Diable (30 km D+1000m)

Introduction

Un an et demi que j’ai quitté le bitume pour me consacrer aux trails. C’est le temps que j’aurais mis pour participer deux fois à une même course (le THF et son parcours changeant tous les 2 ans ne peut pas compter). Donc, je vais partir avec un point de comparaison. Et effectivement, ca va être marrant de reconnaître certains points et me rappeler comment je les ai passé 52 semaines plus tôt. Les conditions sont relativement équivalente : super gras (comme moi après les fêtes :oops: ) mais quand même moins humide que l’année dernière … par contre de la flotte et du vent sur la tronche, on va être servit (même si la tempête annoncée s’est plutôt transformée en bourrasques sur certains flans de collines).
Combien je vaux sur un tel parcours ? normalement 3h30, mais vu le manque de préparation, je dirais 3h45 … et vu la cuite de mercredi, je serais déjà content de rentrer en moins de 4h :roll:
Parti un peu plus tard que je ne l’aurais voulu, j’ai à peine le temps d’arriver, prendre mon dossard et enfiler mes pompes (humide … car évidement j’ai oublié de les faire sécher depuis ma sortie du week-end) que le bus numéro 3 est prêt à partir. Je monte donc dedans et en route pour une grosse demi-heure de route.
Enfin arrivé à Wéris, on sort du bus … et j’ai froid … saleté de vent :-( Les consignes habituelles et on se retrouve tous dehors pour le pré-départ. Un tour dans le village. Il y a beaucoup trop de monde. Je comprends les organisateurs qui ont voulu faire plaisir à un max de monde, mais 50% de plus que l’année dernière, on est trop à mon gout :-(

Etape 1 : Départ – Ravito 1 (km12)

Après 600m d’échauffement, on est lancé dans la course, la vrai. L’échauffement était nécessaire, car ca monte directement. Me rappelant du passage plus étroit au niveau du lit du diable et voulant éviter de me retrouver trop coincé, je maintiens le rythme et passe la première difficulté en courant. S’en suit une descente technique où j’ai difficile. Je suis la meute et me tords, sans gravité, une fois chaque cheville. Certains fous nous passent comme des malades. Le rythme est soutenu, je suis en train de craindre d’être au dessus de mon niveau. Après 200m dans la deuxième difficulté, je me décide de marcher … et me fait dépasser par une grosse dizaine de motivés. Bin oui, je devais être trop en avant dans le peloton.
Une fois que ca monte moins fort, je relance la machine sur le km de faut plat et la descente super roulante (en mode la panse en avant et on déroule) qui suit, je re-dépasse presque tout le monde (en me disant quand même que je vais le payer au niveau des cuisses).
J’arrive au ravitaillement en 1h20. Bien ca, mais on est TRES bas par rapport à l’arrivée -> le reste du parcours va être « ascendant »

Etape 2 : Ravito1 – Ravito 2 (km 20)

Un verre d’eau, 2 gaufrettes, qq chocolats et une poignée de TUCs (oui, j’ai un peu honte), c’est relativement chargé que je repars en marchant à l’assaut de la monté suivante :roll: .
Même si il y a un peu trop de monde à mon gout, je trouve petit à petit mon rythme de croisière … et m’y tiens. Tant que les jambes vont, tout va ;-)
Ca peut sembler bizarre, mais malgré le monde, je cours seul (j’en parlerai un peu plus tard), et m’occupe donc en essayant de reconnaître les passages et sensations de l’année dernière : (en vert ma pensée sur l’année dernière … suivie de ma pensée du jour)
- le chemin où je m’étais mis à rire tout seul en me disant t’as le choix entre 10cm d’eau ou 10cm de boue alors que j’allais tout droit (plus la force de faire un choix) … Aujourd’hui il y a beaucoup de flaques d’eau, mais on peut les éviter assez facilement. Ma foulée est bien
- Ah oui, ce chemin hyper étroit et glissant où j’ai bien manqué me vautrer … Je suis bien donc je passe bien, ah non, le passage est vraiment délicat et je suis à deux doigts de me manger les barbelés par excès d’optimisme
- Oh, c’est ici que la lampe d’Olivier avait rendu l’âme … donc le ravitaillement arrive
- la montée vers l’école et son ravito était mortelle … en fait non, je la passe bien

Étape 3 : Ravito 2 – Ravito Special (km 27)

Deux verres de boisson énergétique et un petit dej « équilibré », je repars manger tout cela sur les chemins menant à la baraque fraiture (et non pas friture comme se plaisent à le répéter mes collègues français :grrr: ).
Les sensations sont de meilleures en meilleures. Et les comparaisons vont toujours de bon train :
- La montée vers Odeigne, j’avais mal partout … Aujourd’hui je marche à un bon rythme et me permet même de trottiner de temps à autre, mais sans trop forcer, il reste du chemin à monter
- Les traversées de rivière :2 pont et 50m les pieds dans l’eau … juste un pont, bin mince il y a qq chose qui cloche, j’apprendrais par la suite (merci Marc) que ce que j’appelais une remontée de rivière était en fait une coulée d’eau due aux débardages et la fonte des neiges
- Prépare ton moral, le faux plat de 2 bornes sur la balase arrive et tu deteste cà … Super, la balase a disparu, ah non, elle est juste un peu plus loin. Pas grave, je suis au train, remonte pas mal de monde et suis avance pas mal. Cette portion sera bientôt derriere moi.
- L’autoroute … L’autoroute (bin oui)
- C’est ici qu’on patinait un max … je patine toujours, mais je contrôle plus facilement
- Le virage « Oli », ok, c’est un peu méchant mais bon il avait quand même fait une belle chute ici l’année dernière, et ce, à 500m du pecket … « Ca sent l’pecket » -> accélération :roll:
- Les pierres du diable et un ravitaillement surprise à base de pecket et vin chaud, je prends ;-) … aujourd’hui je sais ce qui m’attend et le repère à 500m, accélération, petits cris de soif et j’y suis :oops:

Sprint Final

Il est toujours aussi bon. Je repars donc 2 peckets plus tard direction l’arrivée. Si mes souvenirs sont bons, ca descends 2 bornes puis c’est la piste de ski et en haut on y est.
Je cours seul depuis 3 heures, l’ambiance entre coureurs est … inexistante (déçu, je voulais faire tout un chapitre la dessus, mais finalement je préfère garder cette déception pour moi)
Donc je m’amuse tout seul. Le chemin est hyper humide et sous l’euphorie du ravitaillement, je me mets en mode « roi du monde » et commence à traverser les « étangs » (passé une certaine taille je ne peux décemment plus les appeler « flaques ») tout droit. Et de une YOUHOU, je suis trempé mais je m’en fou. Et de deux YOUHO aaaaaaaahhhh OUPLA à deux doigts de la noyade. Bizarrement ca me refroidi un tout petit peu … les suivantes ne seront plus traversées par le milieu, mais très légèrement contournées (juste assez pour quand même me mouiller les pieds :roll: ).
Virage à gauche (qu’on avait loupé l’année dernière) et les flaques d’eau sont remplacés par des pierres. Une descente roulante et légèrement technique. Mon nouveau spot en mode 760 lumens et j’y vais presqu’à fond.

L’avant dernier est finalement dernier

20130427_082221Bon j’ai été un peu trop optimiste sur la descente et l’ascension de la piste de ski se fait un peu plus difficilement que prévu. Mais comme j’explose tous les chronos prévus, je me bats et arrive en haut en 3h24.
Plutôt satisfait, je n’ai pas puisé trop dans mes réserves (et Dieu sait qu’il y en avait), mais je suis quand même un peu cuit. Un potage, une douche (sacré aventure cette douche :? ), une potée, un peu de Celeste, un ovation pour le diable … et la traditionnelle ovation du dernier qui, en fait, était l’avant dernier qui a eu le plaisir d’arriver une deuxième fois :roll:
J’aime ce respect et cette convivialité offerte par les organisateurs. Je me dois de les remercier et les féliciter pour cette course qui fût une nouvelle fois parfaite … dommage que ce soit la dernière :-(