EcoTrail de Paris (78km – D+1500m)

La course a été longue, le CR sera donc long ;-)

Échauffement

Il est 19h quand j’arrive enfin à mon hôtel de St Quentin en Yvelines. A un petit km de la base où aura lieu le départ de l’ecotrail de Paris version 80km demain midi. Le premier périple du week-end touche à sa fin : voiture – train – train – TGV – Metro – mode piéton – RER. 7 heures pour arriver jusque l’hôtel en ayant pris la peine d’aller chercher mon dossard. Dans ce laps de temps, il m’a fallu 1h de RER pour faire tour Eiffel – St Quentin … la question que je me pose dans le train, c’est combien pour le faire dans le sens inverse ? Je me juge valoir 10h20 sur un tel parcours donc pour bien profiter de la ballade, je me fixe une plage horaire d’environ 11h. J’ai bon dire que je viens juste pour être finisher , les calculs de timing et objectifs chronométrés reprennent le dessus. Surtout pour pouvoir me positionner face aux barrières horaires qui me semblent quand même assez facile (13h).

Maintenant il faut occuper ma soirée. Ce sera l’italien juste en dessous de l’hôtel avec 2 assiettes de tagliatelles carbonara pour commencer la soirée. J’aime l’expression des serveurs à chaque fois que je leur redemande la deuxième assiette ;-)   ensuite en mode facebook pour la fin de soirée. Dodo pas trop tard (suite aux recommandations de maman Stacy) histoire de passer une grosse nuit même si l’avantage d’un départ à midi est qu’il n’est pas nécessaire de se lever de petit matin pour pouvoir se préparer. C’est vers 10h que je quitte l’hôtel direction la base de loisir où aura lieu le coup d’envoi de la course.

Arrivé sur place, il fait froid et boueux (de l’épaisse qui colle … on en reparlera). Je remplis ma poche d’eau, ajoute une couche car j’ai vraiment froid et termine les ajustements de mon sac. Il est temps de partir.

En route vers le premier ravitaillement : Buc – km 22

Le début du parcours est plat. Il faut faire attention de ne pas s’emballer et partir trop vite… ça se payerai cash sur un aussi long parcours. On commence par un tour de lac (8km), puis direction les bois (4km). Une fois dans les bois, c’est légèrement vallonné, des chemins assez agréables (qq chouettes single track) … si ce n’est cette boue. De la laide qui colle, je me retrouve avec des semelles 2cm plus épaisses sans aucun grip et donc avec toutes les peines du monde à avancer par moment.
Vers le 17eme, « enfin » une première marche forcée. J’arrive au premier ravitaillement en 2h15. Tout se passe bien. Je me prépare à passer plus de 30 bornes sans autres ravitaillement et discute tranquillement avec mes 2 accompagnateurs (ma petite femme et son frangin qui vont se taper l’aller-retour dans la même journée). J’en profite pour leur signaler qu’on peut oublier le « moins de 10h » car ils annoncent de la boue sur le reste du parcours et que se déplacer dans une telle « merde » me coute plus d’énergie que je ne le voudrais.

C’est donc en mode tranquille et après 10 grosses minutes d’arrêt que je repars direction Meudon (km 48).

C’est dans ce tronçon qu’on annonce une grosse partie du dénivelé total. Ça commence assez vite : Deux belles bosses. Assez courtes quand on s’est farcis les dénivelés autour de chez moi en prépa. Je pense que cette différence de difficulté va me faciliter la tâche.
Une fois les deux bosses passées, on est de nouveau sur des sentiers très roulant. Trop roulant car partant du principe « je marche dans les côtes et trottine le reste », je cours beaucoup plus que prévu. J’en arrive à espérer voir enfin de nouvelles difficultés pour récupérer un peu. Je serais servi entre le 35eme et le 42eme.

Vers le 38eme, je commence à être vraiment dans le dur. De plus, les descentes (qui sont normalement ma force) se passent dans la douleur. Les cuisses sont raides. J’ai mal aux pieds. Le point de rencontre accompagnateur du 40eme me fait avancer, mais, pris dans les bouchons, ils loupent mon passage. C’est con car j’avais prévu de me remonter le moral en leur parlant 2-3 minutes.
Je continue donc dans la douleur et arrive à Meudon (48eme – Ravitaillement en eau ) en petite forme. Il était temps car ma poche d’eau était presque à sec. Je m’assois par terre pour remplir la poche d’eau avec l’aide bienvenue d’un bénévole à qui je confie ma fatigue. Il me répond que je fais un bon temps. Je suis un peu surpris et le remercie pour son sourire et soutient plus que les bienvenus. La vue de Meudon est aussi vraiment belle. Mais il faut repartir.

Direction Chaville au km 55.

Grosse descente qui fait mal aux pieds et aux cuisses, suivie d’une montée assez raide et d’une petite partie asphalte. On entre dans un nouveau parc sur les hauteurs. Qui dit hauteur dit de nouveau belle vue sur la ville. Si calme si près de la civilisation (si on peut parler ainsi des parisiens :oops:   ). De retour dans les sentiers boueux, j’ai vraiment dur. Je n’arrive pas à récupérer depuis le 40eme. Ça fait 10 bornes que je force. 6h de course, 50eme, voila que la pluie entre dans la danse … manquait plus que cà :-(

Je regrette de ne pas avoir bu un cola à Buc. 32 km sans vrai ravito, ça fait long l’air de rien. 51eme, l’odeur de Chaville (ravitaillement du 55eme) commence à se faire forte et je retrouve l’envie d’aller de l’avant. Un petit arrêt + TUC + coca + bouillon + parler avec les accompagnateurs (même si l’ambiance entre coureurs est agréable). J’en ai besoin.
C’est après 6h30 de course que j’arrive à Chaville. 2 cocas, une dizaine de tuc, enfilage d’un kawe (je commençais a être humide) et mise en place de la frontale, petites discussions avec mes supporters qui pensent que je suis dans les 500 premiers. Je savais que je courais beaucoup mieux et plus vite que prévu, mais de la à faire un top 500, j’ai du mal à le croire. En plus ils ne sont pas très surs. Mais bon c’est avec cette idée que je repars pour ma ballade dans les bois parisien.

Prochain arrêt St Cloud – km 67

La nuit tombe et c’est à la lumière de la frontale que se fera l’étape jusque St Cloud (dernier ravitaillement). Mes appuis sont de plus en plus durs : fatigue – pieds douloureux – cuisses hyper dures – noir. Qq glissades s’imposent, mais tel un vrai équilibriste, je reste debout (ce qui est un exploit en soit). 3 ou 4 cotes plus tard, on arrive dans le parc de St Cloud. Dans 2km le ravitaillement et puis ça descend jusque la Seine … La tour Eiffel approche. Rincé je commence à espérer enfin la retrouver.

J’arrive à St Cloud en 8h10. Punaise, j’ai été vraiment vite, je peux même entrevoir un moins de 9h30. Soit 1h de moins que je ne l’aurai pensé. Je m’arrête donc seulement 5 petites minutes histoire de mettre un gilet fluo pour la circulation et de me boire un petit coca pour la route.

La Tour Eiffel : Yapluka … facile à dire

Mais attention, d’après mes lectures de CR sur le net et discutions lors de ma ballade du jour, les derniers km sont un vrai supplice. Sur un trottoir le long des grands axes parisiens, dans la circulation. Ces 10 derniers km même plats ont la réputation d’être briseurs de moral et casseurs de jambes.

Grosse descente qui met de nouveau mes pieds au supplice. En plus c’est chaque fois assez dur de redémarrer après les ravitaillements. Puis arrivée sur les quais de la Seine. A peine 100m d’effectués que je comprends la réputation de la fin de course. La pluie qui ne me lâche plus depuis 3h, le vent qui tout à coup n’est plus arrêté par les bois, le bruit et l’odeur de la ville… Merde ca va être dur. :cry:

J’essaye de m’accrocher tant bien que mal au 2 gars avec qui je suis descendu de St-Cloud, mais tout le monde a un niveau bien supérieur au mien (c’est la que je me rends compte que je suis bien en avance sur mon niveau réel) et je les vois s’éloigner tout doucement. 6km que j’aurai tenu avant d’exploser au km 74.

S’en suivent 4km de galère absolue, puis enfin la délivrance : « arrivée dans 300m » – « arrivée dans 200m » – « arrivée dans 200m » (euh c’était déjà 200m il y a 100m non ?) puis dernière ligne droite je sprinte (à du 9 km/h) jusque la ligne d’arrivée : 9 :28 :40 … Waaw … 2 minutes appuyé sur la barrière nadar pour réaliser, pour quitter ma bulle et redescendre sur terre. Je suis à bout. Mais finisher. Toutes ces heures passées à lutter contre le froid et la neige ont payé, et de quelle manière ! J’ai explosé tous les objectifs (temps + joie de courir).

Rejoindre la voiture et la maison

Frigorifié, je vais chercher mon tee-shirt de finisher, faire une petite photo devant la dame de fer et manger un petit bout. Ensuite direction une douche car je suis trempé jusqu’à l’os et complètement gelé. Les 400m de marche pour arriver au stade et sa douche sont affreux … froide, la douche est froide … ooooh non :-( ( Une fois changé ça va déjà mieux, maintenant il reste la 3eme expédition du week-end : le retour à la maison … en voiture cette fois ;-)

Conclusions

Hyper content de ma course, j’ai morflé, j’ai pris du plaisir dans de chouettes sentiers dans les bois parisien. Je suis devenu ultra trailer, J’ai gagné 2 points UTMB. Plein d’étoiles dans les yeux … voilà les cotés positif et j’ai décidé de ne me focaliser que sur eux ;-)
Maintenant il me reste 6 semaines pour être de nouveau fit pour la Bouillonnante … affaire à suivre

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