EcoTrail de Bruxelles (83km – D+1200m)

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« Suite à une réunion entre l’organisation de l’Ecotrail de Bruxelles et les différents services de police concernés par le parcours, il a été décidé, pour raison de sécurité, que l’organisation ne pouvait pas procéder à un chronométrage officiel des épreuves. D’après les autorités, la mesure du temps et la notion de compétition qu’elle induit risque d’encourager des comportements à risque lors de la traversée de grands axes routiers (notamment en vue de l’Atomium) qui seraient en contradiction avec l’engagement pris par les participants de se comporter en toute occasion comme des piétons (ou des cyclistes) respectueux des règles du code de la route. »

Oui, comme si le fait de ne pas faire de classement allait changer la donne … pourquoi quand même remettre plus de 500€ de cadeaux aux vainqueurs ? !!!
Ca fait plus « esprit trail » qu’ils disent … parlons-en de cet esprit trail … je ne savais pas que c’était de faire un max de profit sur le dos des coureurs en leur faisant payer 65€ pour un service minimum (semi autonomie avec ravitaillement vide lors du passage des longues distances quelques heures après tout le monde). Sans compter les 3€ que j’ai donné pour que ma petite femme puisse recevoir mes temps de passages via SMS … 0, c’est le nombre de SMS qu’elle a reçu !!!
Parcours assez moyen, organisation déplorable, conditions climatiques exécrables, … ma participation à l’eco trail de Bruxelles ne fût pas exceptionnelle. Mais bon, j’y ai quand même vécu pas mal de bons instants (heureusement que j’adore courir :roll: ) que je vais tenter de narrer ci-dessous.

En route vers le départ

DSCN0063L’avantage des courses qui commencent à 12h30, c’est qu’on n’est pas obligé de se lever à 2h du mat pour se rendre sur la ligne de départ. Maintenant, Bruxelles est quand même à presque 2H de route de chez moi. A ca vous ajoutez 1H de transfert en métro entre l’arrivée et le départ. Heureusement, la veille un certain Benny Gonzales m’appelle pour me proposer de me conduire sur la ligne de départ et ainsi m’éviter le stress des transports en commun. Il décidera même de m’accompagner les 26 derniers kilomètres … elle n’est pas belle la famille running ?
Comme je suis du style un peu stressé, c’est à 8H, que je quitte la maison, direction la capitale. Arrivé un peu avant 10H, c’est sous la pluie que je me rends au chapiteau pour récupérer mon dossard. 30 minutes plus tard, j’ai eu à peine le temps de m’habiller que je croise Ben devant les boules. Petite séance photos (au milieu de la route sinon, ce n’est 2013-09-14 11.30.01pas marrant) et on est prêt à partir vers la zone de départ.
Une heure encore à attendre, à hésiter sur le nombre de couche à mettre… tout ceci en grignotant un peu de chocolat et quelques TUC. Je changerai d’avis au moins 3 fois. Et c’est finalement avec une seule couche (comme il semblait vouloir faire sec) que je vais démarrer.

 

Étape 1 : Bois de la Cambre (km0) – Lion de Waterloo (km22)

2013-09-14 12.26.35Le départ est donné avec une dizaine de minutes de retard… peut-être pour attendre que la pluie ne commence à tomber ? C’est donc sous la pluie et sans kawe que je commence ma course.
Les sentiers sont assez roulant et large (bon c’était quand même prévu). Après 5km, la troisième bosse, je me décide de ne pas forcer et de marcher un peu, il me reste encore un peu de chemin à faire.
Vers le 14eme, alors que les chemins deviennent plus intéressants et étroits, les run-bike-bike partis 20minutes après nous (allez comprendre) commencent à nous dépasser. La cohabitation est cordiale et respectueuse, mais assez pénible pour ces pauvres coureurs individuels qui vont passer leur après-midi à se faire dépasser par des cyclistes papotant tranquillement. Dur pour le mental :-(
Vers le 20eme, je crois halluciner dans un carrefour de deux sentiers dans lequel les gens vont tout droit, à droite, tournent en rond, viennent d’en face … bref le bordel. J’apprends que je dois continuer tout droit pour aller au ravitaillement 1km plus loin. Au vu du nombre de personnes croisées, ce sera un aller-retour.
La pluie qui continue à tomber de plus belle empêche de profiter du paysage et j’arrive au ravitaillement en 2h05. Pas de tapis, je ne suis pas certain que le détour en valait la peine (à part pour le fait que je cours pour moi et veux donc faire la distance complète sans tricher). Les tables sont assez peu fournies. J’arrive quand même à chopper un peu de coca et qq poignées de cacahuètes. Je repars sans trop m’arrêter.

Étape 2 : Lion de Waterloo – Stalle (km43)

Je peux donc me refaire les 1,5km de sentier assez pourris et dégueu à partager avec les run-bike-bike, les gens qui sont derrière moi au chrono … et quelques voitures. A ce moment, je ne suis pas de très bonne humeur !
Heureusement, le spectacle un peu plus loin va me rendre le sourire : un tronçon de terre que le déluge du jour et de la veille à rendu terrible. Les vélos tombent, dérapent, galèrent … pendant ce temps, moi je les dépasse 8-) ca plus, la boue qui a cette particularité de me ressusciter, je repars de plus belle, avec le sourire revenu. Même si on retourne sur l’asphalte moins de 2km plus loin.
De nouveau, une alternance de routes et sentiers assez roulant. Le tout légèrement vallonné. Je cour tout du long et passe le 40ème kilomètre en un peu moins de 4h. Pas mal, mais ne vais-je pas le regretter par la suite ?

Étape 3 : Stalle (km43) – Erasme (km59)

43km et 4h25 de course à ma montre. J’en profite pour dire à Ben que j’arrive « bientôt » à Erasme. J’ai un peu froid au sortir de la tente et décide donc, après presque 5h de rinçage, de, enfin, enfiler mon kawe… et miracle du kawe, la pluie s’arrête et ne reviendra plus jusque l’arrivée …
Tenir un rythme « élevé » sur d’aussi longue distance est vraiment dur. Je suis déjà au mental, je m’accroche à l’idée de ne bientôt plus être seul même si je suis en mode 2013-09-14 18.31.19accordéon avec 2-3 équipes de run-bike-bike depuis qq temps. La mi-course est passée et je peux donc commencer à décompter les kms … même si l’Atomium est encore LOIN.
De nouveau des passages dans la boue. Je perds peut-être du temps, mais je gagne surtout de la joie, je suis dans mon environnement :oops:
Puis tout à coup, un drôle de loustic vient à ma rencontre et son premier mensonge : « le ravitaillement est la juste au coin » 2km plus loin, non sans le maudire car je suis HS, j’arrive au ravitaillement numéro 3. Yes

Étape 4 : Erasme (km59) – Scheutbos(km70)

DSCN0075En fait, non, pas Yes, car il n’y a plus rien. Plus de coca , ni cacahuètes, ni TUC, ni raison, … Merci d’avoir pensé à nous. Je bois donc un verre d’Isostar et mange un chocolat (en gros, tout ce qu’il restait).
Sale coup au moral ! Le coca aux ravitos est sacré pour moi ! En plus, à ce niveau d’épuisement, je n’avance plus qu’au moral. C’est le genre de petits contre temps qui ferrait pleurer. C’est con. Je rejoins Ben la tête basse. Il me dit qu’on va bien trouver une station pour acheter un canette de coca. Moyennement convaincu, on repart. Il parle beaucoup et se rend vite compte que je ne suis plus trop d’humeur … même si sa présence fait du bien.
Passage devant le café du Rugby, ils sont arrangés là dedans :roll: et Ben s’en va mettre un coca dans sa gourde. Génial, mon « sauveur », je l’ai mon coca ;-)
Comme je ne suis pas très loquasse, j’entends Ben discuter avec une équipe de run-bike-bike derrière moi « il cavale le jeune », … puis petit débriefing sur ma performance à 4 … petit sourire, je fais semblant de ne pas entendre car cette admiration temporaire fait du bien :roll:
Tronçon un plus technique, je j’ai de nouveau plein d’énergie et fais donc 3km à un chouette rythme pour arriver au dernier point d’arrêt.

Étape 5 : Scheutbos(km70) – Arrivée (km84)

DSCN0072De nouveau plus rien pour les courageux qui se tapent la longue distance :-( Heureusement, j’ai appris à gérer les stocks et il reste du coca dans la gourde de Ben ;-)
Il commence à faire sombre et le parcours en profite pour se faire plus forestier. C’est agréable, mais on y voit pas grand-chose … surtout que ce naze d’accompagnateur à réussit à ne pas prendre de frontale avec :roll: c’est donc à la faible lueur de ma frontale et du GSM de monsieur que l’on continue notre avancée.
« Passe devant, mène un rythme constant, je m’accroche ». C’est donc ainsi qu’on avance depuis qq minutes … quand … la deuxième femme, venue de nulle part, nous dépasse comme une balle… ce qui provoque une soudaine accélération du mexicain moustachu qui semble apprécier moyennement de se faire dépasser par une femme. Résultat, il la re-dépasse, je m’accroche un gros km et décide de le calmer un petit peu avant d’exploser.
L’Atomium est en vue, mais il faut encore faire un détour dans le parc de Laeken. Une 2013-09-14 21.36.12dernière ascension que je fait presqu’intégralement en trottinant sous le regard admiratif de Ben (la clase ;-) ) avant de craquer complètement. Ca y est, j’en ai marre :oops: Une fois en haut, un gentil monsieur nous qu’il ne reste plus qu’à descendre vers l’Atomium. Cool. Bin on y va alors.

 

Étape 6 : Arrivée – Arrivée

2013-09-14 21.44.40C’est sous les applaudissements des quelques supporters toujours présents que je passe la ligne d’arrivée, tourne à gauche et traverse le chapiteau en direction de la fameuse cage d’escalier.C’est alors que j’entends le speaker annoncer que j’ai décidé d’affronter les 220 marches qui mène à la deuxième arrivée … « Quoi ? J’avais le choix ? Quoi ? 220 marches ? tout de même, cà fait beaucoup :oops: Finalement, je m’en fous car de toute façon je suis venu jusqu’ici pour les affronter ces marches 8-)  »

C’est 2 par 2 que j’entame mon ascension. Hyper motivé. après quelque paliers, je commence à avoir les jambes hyper lourdes. Je faiblis un peu le rythme, surtout que le cœur s’emballe un max. Mais toujours les marches 2 par 2. 2 minutes plus tard, je suis en haut. Waw, belle ascension ;-) Dommage qu’il n’y aie pas de tapis en haut histoire de d’avoir le temps réel d’ascension.

Le temps de retrouver un peu de souffle et je peux embarquer mon tee-shirt finisher et redescendre au niveau du sol (par l’ascenseur) pour rejoindre mon ami et chevalier servant d’une après midi d’automne.

Conclusion

2013-09-14 21.28.239h07 à ma montre
temps officiel de 8h59’45″.
L’objectif temps est plus qu’atteint, mais je ne suis pas certain de repartir avec des objectifs temps aussi élevé sur une aussi longue distance car c’est vraiment usant physiquement et mentalement.

 

Maintenant il me reste à récupérer pour retourner sur des parcours tels que je les aime dans 15 jours au Trail des Hautes Fagnes ;-)

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