La Bouillonnante (56km – D+2400m)

C’est avec les traditionnelles douleurs du lendemain que je m’installe devant mon ordinateur. Un objectif : parvenir à raconter au mieux cette expérience particulière que fût cette Bouillonnante version 2013…. Alors en selle, on y va.

Mardi 23 avril : on apprend sur la page facebook de la course que, sécurité oblige, les 2 traversées de la Semois n’auront pas lieu car son débit est trop élevé. Un peu déçu, car au vu de la dizaine de jours de beau temps que l’on venait de connaitre, je m’étais pris à espérer barboter dans l’eau jusque hauteur de taille après 50 bornes d’effort mais ce n’est pas grave, il reste un paquet d’autre réjouissances au programme. Juste après cette annonce, je décide de faire un check météo : temps superbe mercredi et jeudi et puis dégradation vendredi et le week-end … on annonce même des giboulées samedi … génial comme programme. Je garde le côté positif en tête : je ne devrais pas affronter la canicule :roll:

Vendredi 26 Avril : Un petit tour au resto histoire de me remplir le ventre de pates 4 fromages. Un dernier détour sur l’ordi histoire de vérifier les informations de l’organisation et il est temps de me mettre au lit, car le départ n’est pas à midi (comme Paris) et en plus, j’ai 1h30 de route pour arriver à destination.

Samedi 27 avril : 5H, le réveil sonne. On est le jour J. Le jour de ma deuxième course de mon triptyque ultra un peu fou. Une douche, une part de gatosport, remplissage du sac et direction la voiture. Il pleut, il y a du brouillard et la voiture indique 3° extérieur … ouais, vais-je rajouter une couche ?

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7h30 : C’est bien en avance que j’arrive. Idéal pour pouvoir me garer à proximité et aller chercher mon dossard en toute quiétude. Je retourne m’habiller à la voiture. Là je me rends compte que ma poche d’eau a une légère fuite. Je décide donc de l’emballer dans mon essuie histoire de limiter l’humidité dans le sac. Ensuite, retour devant le château. Petite séance photos, et voilà que je rencontre E.T. en « personne ». Ensuite, arrive Vincent (avec qui je ferai toute la course), Benoit et Oliver (qui, en préparation de la maxi race, ont préféré jouer la prudence et on bifurqué vers le parcours du 24 à Frahan).

8H45 : Le départ est donné de la cour du château, qq mètres en marchant puis on peut débouler du tunnel d’entrée (sortie dans notre cas) et aller rejoindre la Semois. Les trailers des 19 et 24km (qui partent une heure après nous) sont amassés devant le château et on a droit à une très chaleureuse ovation. Je retiendrai un « allez les fous » décrivant assez bien la situation ;-)

 

20130427_090919L’ambiance dans notre petit groupe de 4 est bonne, premier ralentissement et arrêt (pipi) vers le 2eme km. Il faut dire qu’on est devant la première difficulté du jour. Ça monte assez fort, mais pas trop longtemps, Un bon petit échauffement. Une descente tout aussi brève suit. On est au 3eme kilomètre, tout va bien, on recommence à monter sur un sentier. C’est un faux plat, on court, je me demande si ce n’est pas dangereux de faire cette montée en courant et en déconnant autant, mais on suit le rythme de tout le monde, et j’ai facile -> pourquoi s’arrêter ?  Descente sur asphalte, un peu de faux plat et arrive la montée vers les crêtes de Frahan.

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Km 9 : Les crêtes de Frahan. C’est ici qu’on a un premier aperçu de la technicité future de certains sentiers. On est en mode escalade de rochers. En haut la vue est superbe. La descente est chouette et se fait aussi dans la joie. Un peu trop distrait, je pars en glissade, heureusement contrôlée. Ce serait con d’abandonner si tôt dans la course. Après ce petit bout de 32-cretes2chemin sur les crêtes, on redescend vers le premier ravitaillement. Lieu où le groupe se sépare : Olivier et Benoit se la joue raisonnable et bifurque vers le 24, tandis que Vincent décide de continuer à me tenir compagnie… si ce n’est pas mignon ;-) Les bénévoles du ravitaillement annonce qu’on est 10 minutes avant la barrière horaire … ah oui, quand même, c’est vrai qu’on y est allé calme… je suis 453eme au premier check point …

Km11 : Juste après le ravitaillement, nous prenons à gauche, histoire de faire une petite boucle de 32 km avant de revenir au même point pour y affronter « The Wall ». Mais bon, on n’y est pas encore ;-)   Après qq km sur un single track, nous sommes de retour sur un sentier plus roulant. En faux plat montant, nous continuons en trottinant, notre allure est stable et assez facile. Nous remontons pas mal de monde. Ça va monter ainsi longtemps … 2,5km … puis on atteint enfin le point culminant du circuit. S’en suit un chemin toujours fort roulant en faux plat descendant avec qq petites bosses.

Km 25. les kms commencent à se faire sentir et les jambes commencent à être lourdes (déjà :-( ). En plus revoilà du dénivelé plus costaud. Ça grimpe bien et longtemps. J’ai mal aux jambes, mais je m’accroche à Vincent et arrive à rester devant le gars aux bâtons qui était juste derrière moi à l’entame de la cote (je pense que c’est déjà lui qui s’est mis 2 fois dans ma roue dans les difficultés), je pense que le rythme est donc convenable (j’apprendrai plus tard qu’il nous suivait, mais ça pas besoin de le retenir ;-) ). S’en suit une grosse descente avec qq passages fort techniques vers Mouzave (D- 230m sur 2km), là je revis.

Km 30 : Ravitaillement en eau, j’en profite pour remplir mon Camel-back. Content de voir l’organisation nous offrir également du coca car je commence à être dans le dur. Après 5 minutes d’arrêt, il est temps de reprendre. Et ça recommence fort : nouvelle grosse cote. On va pouvoir redémarrer doucement :?   Après qq mètres, on voit un type en blanc qui était assis sur un tronc d’arbre et qui se relève à notre vue … il s’agit du fameux type qui me talonnait dans les cotes précédentes. Il devait bien aimer nos discutions pour nous attendre de la sorte… les présentations sont faites, on terminera à 3 ;-)

Vincent mène le rythme, son allure facile et sa foulée légère contraste avec mes pas d’éléphant … merde, il est fort le gars surtout si il est aussi peu préparé qu’il ne le dit.

Km38 : belle descente sur un sentier assez roulant, on manque de louper le petit chemin remontant presque d’où on vient. Le ravitaillement suivant est annoncé au 39eme. On suppose que ce sera en haut de cette remontée … et non ça redescend très fort puis on continue dans les bois. On loge la Semois mais aucune trace du ravito.

Km42 : Toujours pas de ravito, je suis à bout et n’ai plus trop envie d’avancer, on est sur plat, le long de la Semois, Vincent me dit qu’il reconnaît les lieux que le pont de Frahan est dans moins d’un kilomètre. Un calcul vite fait, ça fait le 43eme km. Si on ajouter les 13 kilomètres restant, on est à 56km et non 54km … pfff j’en ai marre. Heureusement Vincent et Xavier me tire de l’avant.

Km43 : Ravitaillement de Frahan (2eme passage) en 351eme position … belle remontée 8-) : Une assiette de cacahuètes et 3 cocas plus tard, je suis prêt à repartir … direction The fameux Wall. On m’en a tellement parlé, je me réjouis de le voir. En fait au vu de la forme du moment, « réjouis » est un grand mot, disons que là je redoute plus qu’autre chose.

32 the wallThe Wall : En deux parties qu’il est. La première est assez courte. J’ai quand même le souffle court et mon gavage de cacahuètes m’oblige à boire à deux reprises. Je commence à me dire que j’ai un peu déconné. Je prends un rythme calme (de récup) sur le faux plat entre les 2 parties, rebois une jatte d’eau, puis  reprends la deuxième ascension sans trop forcer (je n’en serais de toute façon pas trop capable). Au final, je mettrai 10 minutes pour gravir The Wall, ce qui me positionne 70eme au classement de la montagne :!

Km44 : Les jambes sont un peu moins fébriles, le chemin sur lequel on a « atterrit » semble plus clément et en pente légèrement descendante, je décide donc de prendre enfin un relai. Surtout que le pauvre Vincent souffre des cacahuètes qu’il a aussi ingurgitées.

Km45 : il faut remonter, mais celle-ci me semble encore plus impressionnante que The Wall. Une colline faite en hors-piste (faut dire qu’à part un panneau de temps en temps, j’ai été incapable de trouver le chemin « normal ») sur 10cm de feuilles mortes. Une fois en haut, c’est la promenade des échelles qui se profile … punaise, on n’a plus de répits !

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32-echelles1Les échelles : Elles aussi, j’en ai entendu parler à maintes reprises. Les conditions clémentes me font ne pas trop les craindre, et j’aurais raison, car 3 petites échelle, ce n’est quand même pas la mer à boire … par contre les sentiers autour sont terrible. Un peu comme les crêtes de Frahan 5h plus tôt, on a droit à 2 km de rocher à escalader ou à dégringoler, des talus assez sec, des racines, de la technicité … l’éclate (pour le côté ludique, le côté physique c’est autre chose :?   ).

Km48 : Une longue descente assez facile, je tente donc de mettre un rythme élevé mais pas trop. Même si je semble facile pour mes 2 collègues (comme quoi la différence entre le paraître et la réalité peut être fort différente), je me fais vraiment souffrance car un paquet de souffrances sont en train de me faire souffrir : lancement aux 2 coups de pied – tendinite du moyen fessier droit qui se réveille – mollet hyper raides – jambes lourdes … On travaille bien, le tombeau du géant ne devrait plus trop tarder.

Km50 : Ça recommence à monter. Je suis en train de manquer de lucidité, le seul chemin qui me semble praticable est la remontée du ruisseau. Mes compagnons me suivent. Soit leur esprit est aussi embrumé que le mien, soit ils ont capitulé et me suive sans trop réfléchir, soit c’était effectivement le meilleur moyen d’aller en haut.32-legeant

Km51 : Tombeau du géant : C’est une équipe fort fébrile qui s’arrête et boit tranquillement le fameux Aquarius. Les bénévoles nous annoncent « 2 descentes, 1 montée et un peu de faux plat puis enfin le château ». On approche du but. Petite séance photo puis on repart. Descente droit devant, y a de nouveau un fameux dénivelé … et les genoux morflent !

Km52 : Looooooong faux plat montant. J’essaye de garder un semblant de rythme mais c’est dur. Entendant les pas de qqun derrière moi (qui n’était pas eux) je décroche un peu mes copains. Puis on arrive au pied de ce que je note comme la dernière montée (hors château) du jour.

Km54 : Je n’en peux plus. Je me fais rattraper et dépasser par ces messieurs aux bâtons (« tu nous rattraperas dans la descente, t’es plus fort que nous »). Essaye de m’accrocher et revient sur le sommet. Vraiment cuit le gros bender.

Km55 : On est face au château. Je commence la descente à un bon rythme, dépasse qq personnes et entendant Xavier qui me reviens dessus j’accélère et finit en roue libre, je me dis que je suis vraiment en train de faire le con car les cuisses morflent vraiment et il reste le retour au château … mais je m’éclate et continue.

Le château : Le trio est recomposé sur le pont au dessus de la Semois, prêt à en découdre avec le dernier obstacle du jour. On a le choix entre les escaliers ou l’herbe sur le côté … en hommage au premier étage de la tour Eiffel que je n’ai pu rejoindre 6 semaines plus tôt, je me décide de monter TOUS les escaliers ;-) ensuite direction l’arrivée qui, oh surprise, se fait dans le chapiteau … sous une put..n d’ovation … le kiff  8-)

Conclusions :32-arrivee

  •           Organisation au top
  •           Parcours magnifique
  •           Difficile
  •           Varié
  •           Exigeant
  •           Entouré de personnes géniales
  •           …

Bref, j’ai passé un super journée ;-)

32 result

Mes 2 coéquipiers d’un jour ont également écrit leur aventure, si vous voulez vivre la ma bouillonnante 2013 d’un autre angle d’attaque, n’hésitez surtout pas .
Voici le Compte Rendu de Vincent : http://www.vinrouxh.be/2013/la-bouillonnante-2013/
Et le Compte Rendu de Xavier : http://www.diagovale.net/2013/05/la-bouillonnante-2013.html

Pour finir la vidéo de Vincent :

 

7 réflexions au sujet de « La Bouillonnante (56km – D+2400m) »

  1. C’est une de mes plus belles courses, sinon la meilleure. Il faut dire que l’ambiance à plusieurs est super sympa. Que de beaux souvenirs. Un énorme grand MERCI pour ses quelques km passés ensemble.
    Excellent CR, j’avais l’impression de refaire la course à côté de moi, dans ton corps… attention, il n’y a rien de pervers dans mes propos ;-)
    A+ sur les chemins :-D
    PS : mon CR sera bientôt en ligne…

    • Merci, j’ai également passé une super course en ta compagnie. En attendant une nouvelle occasion de refouler les chemins ensemble … je suis en préparation de mon calendrier de la 2eme partie d’année ;-)

  2. Ping : La Bouillonnante 2013 @ Bouillon… La reprise en douceur | vinRouxh's blog

  3. Bravo!!!!! Je suis d’accord avec Corinne. Respect mon gars!!! J’espère que je pourrais un jour en faire un avec toi…… ;-) ) Mais y a encore du boulot….

    • Merci.
      Mais non, y a pas tant de chemin, tu en es déjà capable. Je pense me diriger vers des 30km au mois d’aout, viens en faire un avec moi ;-)

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