Marathon D’Amsterdam

Quoi ? Le parcours est dessiné sur 2 tours : un petit autour du stade et un grand qui nous envoi dans la campagne ? Et bien le fil conducteur de mon récit est tout trouvé … reste plus qu’à réussir ma course … et mon CR :
1 La communauté de l’anneau
Pierre de Coubertin à dit : “Le drapeau olympique, [...], est tout blanc avec, au centre, cinq anneaux enlacés : bleu, jaune, noir vert, rouge ; [...]. Ainsi dessiné, il est symbolique ; il représente les cinq parties du monde unies par l’olympisme et ses six couleurs d’autre part reproduisent celles de tous les drapeaux nationaux qui flottent à travers l’univers de nos jours.“
C’est ce symbole qui se retrouve sur l’arche d’entrée du stade olympique d’Amsterdam, dans le stade (rénové depuis) qui accueilli les JO de 1928. Nous somme le 16 octobre 2011, soit 30395 jours après l’inauguration de ce stade, il est 8h45 et je m’apprête à y entrer pour tenter mon objectif de l’année : FINIR UN MARATHON.Comment est on arrivé là ? Retour en arrière : juin 2010. Cela fait plusieurs mois que je parcours internet en quêtes de lecture de compte rendu de marathons, je calcule tous les agendas possibles, cherche toutes les courses existantes. Je vais avoir 30 ans dans qq jours et çà y est, je suis décidé, je ferais un marathon pour mes 30 ans. Après une grande hésitation entre Visé et Stockholm, mon choix se porte sur … Paris (pourquoi faire simple…). Seulement, une élongation aux ischios jambiers à 4 semaines de la date butoir en décidera autrement, et me contraint à l’annulation. Une cuite plus tard, j’ai récupéré de ce contre temps et l’objectif « un marathon à 30 ans » se transforme en « 2011 année du premier marathon ».Départ et arrivée dans le stade olympique : ces mots magiques orienteront donc mon choix. Comme le dit le slogan du marathon (I AMsterdam), Bender sera sterdam !Mai 2011, à peine les frais d’inscription de Paris en poche que je m’inscris pour le marathon d’Amsterdam, prépare mon plan d’entraînement qui commencera début août. Il comprendra 3 sorties course plus une piscine la semaine (mon corps ayant peu supporté les 4 sorties semaines tentées pour Paris)
Après des (très) nombreuses discutions aux 4 coins de la Belgique (et du Luxembourg), mon beau frère et sa femme nous accompagnerons à Amsterdam… Un peu plus tard, c’est ma sœur qui m’annonce qu’elle va passer un week-end avec son galant (qui fête ses 33 ans le 17 octobre) dans la capitale des vélos et caravanes! Voilà la communauté formée… j’aurai donc 5 vaillants supporters à mes coté le jour J. Nous formerons la communauté de l’anneau!

Nous voilà, en août, il est temps de commencer l’entraînement, c’est plein d’énergie que je les commence. Deuxième entraînement de la première semaine … et … entorse … c’est pas vrai, le sort s’acharne vraiment sur moi :cry: 2 semaines de piscine, de vélo et de vélo elliptique intensif plus tard … me voilà de retour sur les routes. Tout se passe bien, je n’ai pas perdu de temps et vaut mieux avoir le petit contre temps à 12 semaines du marathon que 5 jours avant ;-)

Les entraînements continuent, la forme est là. L’envie et la volonté, bien qu’en dents de scie persistent et c’est sans avoir loupé de sortie que je me présente au 20 miles de la belle iloise : histoire de prendre un maximum de renseignements pour le jour M (comme certain l’appelle). Les 32km sont parcourus en 3h10. Fatigué, mais pas à bout. Cela confirme mes objectifs de 4h10 – 4h15 … il faudra juste perfectionner l’endurance.

5 semaines plus tard, le 15 octobre 2011, nous laissons les enfants pour un premier week-end sans leurs parents, direction Verviers où mon beau-frère et sa femme nous attendent. Çà y est, on part direction Amsterdam où ma sœur partie en train nous attend déjà.

2h20 de route plus tard, je me gare à moitié sur un arbre. Sur les 500m qui nous séparent du marathon expo, nous pouvons voir pourquoi les hollandais préfèrent le vélo aux voitures : roulant sur la piste cyclable, une blonde a tourné un peu court pour se retrouvé la voiture soulevée sur une bordure de 20cm de haut… et 4 mecs en train d’essayer de lui expliquer comment se sortir de sa mauvaise situation.
30 minutes plus tard, le dossard 6722 et le tee shirt sont en main … le moins qu’on puisse dire, c’est que nos hôtes sont peu être bien organisés, mais question amabilité, on repassera !
Allez, direction l’hôtel. Et là, on se rend compte qu’il va être difficile de se trouver un resto italien :?

On finit par en trouver un et après deux plats de tagliatelles gorgonzola, il est temps de rejoindre le lit où contre toute attente, je vais dormir (chose que je n’ai pas fréquemment lu dans les autres CR), 6h le réveil, le petit dej au gatosport … et le bal des toilettes commence.

Comme à 6, le taxi ne coûte pas beaucoup plus cher que les transports en commun on en resserve un à l’accueil pour 8h15 … le temps de laisser déjeuner mes accompagnants qui n’ayant pas la « chance » de manger du gatosport doivent trouver une boulangerie. Aucune des 9 boulangeries devant lesquelles nous sommes passé n’était ouverte le dimanche (mwouais), c’est donc le ventre vide (sauf pour moi 8-) )qu’on retourne à l’hôtel pour prendre le taxi.

Il est 8h15 quand on arrive devant le stade, il est temps de rappeler les points de rdv et de se dire au-revoir … il est temps aussi pour moi de laisser tomber mon pull et de rentrer dans ma course. C’est donc seul que je quitte mes compagnons … la communauté fut!

2. Les 2 tours

40 minutes avant le départ, je rentre donc dans le magnifique stade olympique d’Amsterdam, stade dans lequel je compte arriver comme un héros dans à peu près 5h. Mais trêve de rêvasserie, il ne fait pas très chaud et il faut se garer dans le box réservé aux “athlètes non confirmés“. C’est armé d’un tee shirt et un sac poubelle que je tente d’affronter les 5° matinal.

9h30, le départ est donné et quelques secondes plus tard les kényans sont sortis du stade … de mon coté je vais battre mon record du 200m le plus lent de ma jeune carrière : 12 minutes pour passer sous l’arche de départ et enfin commencer à courir.

Je ne me suis pas très bien placé sur la grille (et ce n’est rien de le dire), et vais donc devoir dépasser beaucoup de monde, et ce, dès le début de la course.
Je me suis donné un rythme de 5’50“ au kilomètre à suivre, mais dans cette foule, il est assez difficile de trouver le bon rythme. La traversée du parc Vondel se passe en slalom et avec le sourire.

Km5 en 29’27“ et premier passage devant mes supporters en délire. Tout se passe bien, et mon sourire leur fait savoir… mais bon, manquerait plus que je souffre déjà après seulement 5 bornes. L’allure commence a bien s’imprégner dans les jambes, je dois moins surveiller ma montre, je commence à avoir plus de place et devoir moins dépasser, çà y est, la course commence !

Après 7,5 km, le premier tour est bouclé en 43 minutes, place au deuxième, qui m’emmènera loin le long de l’Amstel !
9,6km, je repasse devant la communauté et en profite pour faire un détour tapage de main : la bonne ambiance est la, je commence à avoir moins froid. Direction les rives de l’Amstel, passage tant redouté lors des lectures de cartes.

Km 15 passé en 1h27. Autour de moi les gens commencent à marcher, c’est là qu’une pensée de sage me traverse l’esprit : “Continue zen, il fait bon, le paysage est chouette, prends du plaisir au moins jusqu’au semi, le reste sera encore assez long pour souffrir !“. C’est donc à mon rythme que j’atteindrai le semi en 2:02:26.
A cet instant, il est temps de sortir la calculatrice et de vérifier les diffèrent objectifs: 4h15 semble sur la bonne voie, mais avec un peu plus de 2 minutes de retard, je m’en voudrais de ne pas tenter les 4h. Je tente donc une accélération (qui se révélera vaine qq km plus tard).
Contre de gros effort, mon rythme passe à 5’40“ du kilomètre.

Km 26, je continue ma remontée de peloton et passe une dernière fois devant mes admirateurs, le reste se ferra seul.
Km 28. Un lancement dans le genou droit survient. Aie, tout sauf çà. Je décide de forcer qq secondes pour voir si çà passe. La douleur passe et je peux continuer mon avancée
Km 30 en 2h53’06“, je commence à avoir difficile. Un homme couché par terre en train de se faire réanimer fait relativiser la douleur et rappelle l’intensité de l’exploit que je suis en train de réaliser.
Km 32 en 3h05. Ma remontée entre tous ces marcheurs m’a fait croire que j’avançais plus vite que ce qui n’était réellement le cas et je me rends compte que je n’arriverai pas en moins de 4h. Tant pis, çà me donnera un objectif pour le prochain ;-) Par contre, je suis toujours en route vers un negative split et continue donc ma route en avant.

3. Le retour du roi

Km 35 : 3h23 . Plus rien. Plus de jus Plus de mental. Tout s’effondre en 2 secondes. Tout çà pour çà, je ne peux pas m’arrêter après autant d’effort. Un gros ravitaillement et je trouve la force de redémarrer au plus profond de moi même … mais lentement … en plus ils ont réussit à mettre la seule difficulté du jour à l’endroit où j’ai le plus dur … mais comment ont ils fait :-( … 2km en 13minutes20 plus tard, je retrouve un peu d’énergie et arrive à continuer à 10 km/h. Je passerai le dernier ravitaillement et en ferrais un personnel au 41eme (histoire d’arriver frais au stade). Le parc Vondel semble beaucoup plus long que lors du premier passage, mais j’arrive au bout et fait donc mon dernier ravitaillement tant attendu.
Ma montre indique 41km à l’instant où je redémarre de ce ravitaillement. La route redescend, le moral remonte car je sens le souffle du stade.

Un panneau indiquant le dernier km. J’y suis presque. Mon esprit est en dehors de mon corps, je ne cours plus, je vole. Virage à droite et voilà le stade. Qu’il est beau, 4h que j’attends de le revoir… dernier sprint et voilà que je passe la ligne d’arrivée en 4h08’11“ … CONTENT … ca y est, je suis un MARATHONIEN et fierté de plus, je n’ai marché qu’au ravito !! … je m’en vais récupérer mon trophée (euh ma médaille quoi) et direction la sortie du stade où je dois rejoindre le groupe.
Pour la douche, ce sera retour à l’hôtel, dans la chambre de ma sœur qui reste un jour de plus … mais comment on retourne à l’hôtel ? (Ben 07, les 2 paragraphes suivant sont pour toi ;-) )

Bin comme à l’aller, en taxi. Si ce n’est que j’ai pas de numéro, la circulation est complètement bloquée. On décide donc de se déplacer en quête d’un café. Après qq minutes de marche, je décide d’utiliser le seul document que l’on aie en notre possession (suite à une mauvaise manip de ma part le matin) : la facture du séjour. Et appelle l’hôtel pour leur demander qu’ils nous réserve un taxi. Les taxis ne peuvent pas venir nous chercher et l’hôtel nous conseille le métro. Sortie Gaewadsffdaan (ou un truc de ce style).
Donc direction le métro, où c’est la cohue (ce serait pourtant si simple de rendre les transports en commun gratuit un jour comme cela). Le nom que j’ai cru comprendre de l’hôtel est la 5eme sortie, et la sortie que la dame du métro m’a conseillée est la 7eme → on sortira du métro à la 6eme sortie.
Bon maintenant, on va où ? Et comment ? J’ai bien l’adresse de l’hôtel, mais aucune carte et personne en rue. On choisit donc la grande rue et on remonte vers la supposée 7eme sortie.
Comment dire, après 42bornes de course, on est peu enclin à marcher inutilement et l’ambiance du groupe (qui a aussi fait sa part de km de marche) commence à être bien morose quand, par miracle, on passe devant un point connu du quartier, à 100m de l’hôtel, on sait où on est !!! Deuxième exploit de la journée, rentrer à l’hôtel sans carte et sans préparation 8-)

Une bonne douche (en évitant les multiples brûlures de la course du matin) et en route pour la maison (et la bonne lasagne qui m’attend) … sauf que il était écrit que le retour serait chaotique : deuxième épreuve : retrouver le ticket du parking … ah bin il est perdu … il va donc falloir négocier avec un nouvel hollandais aussi sympathique qu’une porte de prison. Après qq minutes, il se décide de me fournir un ticket pour les 2 jours et, nous pouvons, enfin, quitter Amsterdam!

3h plus tard, le roi était de retour à la maison, accueilli par ses enfants et le reste de la famille !

Une histoire, un mythe, un objectif, de l’amitié, de la volonté, des galères, de la chance et au final, un week-end que je ne suis pas prêt d’oublier !
Désolé d’avoir été aussi long, mais il y avait tant de choses à raconter … et maintenant, je vais pouvoir conseiller les petits jeunes :roll: :roll: :roll: