Crêtes de Spa (21km – D+600m)

4 mois que je lis les comptes rendu de course sur plusieurs forum. Toujours avec la même joie et émotion. Je me disais toujours « un jour, ce sera toi qui sera lu, admiré, adulé, … « . Bon je m’emporte un peu, mais ce weekend, j’ai eu la chance de participer à ma première course : les crêtes de Spa.
C’est donc avec un plaisir à peine camouflé, que je me suis lancé dans la rédaction de mon premier compte rendu de course. J’espère qu’il vous procurera autant de plaisir que j’en ai eu en l’écrivant  ;-)

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Samedi 17 avril, 10h, le baromètre affiche 10 degrés et plein soleil pendant que la météo prédit un bon 20° ensoleillé pour l’après midi… mais où avais je la tête lorsque j’ai décidé des faire ces crêtes de Spa (21km avec un dénivelé positif d’environ 800m) et encore pire, qu’est ce que j’avais bien pu boire en ce mardi 13 vers 22h quand je suis passé à l’acte et me suis préinscrit pour cette épreuve.
La course se déroule dans 3h, il est peu être temps de penser à se nourrir, un parcours intensif des forums de course à pied m’a renseigné le gatosport, une sorte de gâteau au chocolat caoutchouteux qui a la particularité d’apporter l’énergie nécessaire tout en étant super digeste. Une fois ce super repas avalé, il est temps de se préparer et de se mettre en route.
11H45, toute la petite famille est dans la voiture direction Spa.
12H30, le dossard 476 est accroché, petite séance photos, ensuite, il est temps d’aller sur la piste pour s’échauffer un minimum.

Arrivé sur la piste, je me rends compte que mon rythme cardiaque est anormalement haut. La pression ? Comment çà ? Qu’est ce qui pourrait provoquer cela ? Les 3 côtes répertoriées au programme ? Le fait que 3 semaines de préparation spécifique est un peu court ? Ma difficulté à terminer ma sortie longue du 5 Avril (qui en plus ne proposait que 18km et 2 côtes) ? Allez, il faut oublier tout çà. Donc on y va. 3 petits tours de pistes, quelques étirements, un dernier coup d’isostar, un dernier bisou à madame et junior. Un énorme baffle nous signale que le départ aura lieu dans 3 minutes.
Tel un saumon prêt à déposer sa semence, je remonte la file de départ pour me positionner où je me sentirai le mieux : tout dans le fond !

10,9,8,7,6,5,4,3,2,1, PAN c’est parti, du moins pour les premiers, moi j’attendrai encore un bonne petite minute. On quitte le parc de la Fraineuse pour rejoindre Spa. Surtout, ne pas faire l’idiot en prenant un trop gros rythme dès le début. 1km, on entre dans Spa, je pense que j’ai pris un rythme adapté. « Vous roulez à 12 km, Merci » nous renseigne un panneau routier. Traversée de Spa effectuée, la route commence à monter. « J’y suis » me dis-je. Ralentir un peu pour passer ce premier cap calmement. 500m plus loin le peloton prend à droite … « Quoi ? On ne continue pas à monter ? ». Apparemment ce n’était pas le premier col de la journée, juste une bosse pour nous mettre en jambe.

Kilomètre 4. 21minutes. On est parti plus vite que je ne le pensais. Virage à gauche et plus de doute, c’est là la côte du mouton !! En plein soleil, c’est dur, à mi chemin je suis contraint marcher une cinquantaine de mètres si je veux avoir la force de faire les 17km restant. 6’55″ plus tard la côte du mouton est derrière moi. Un petit ravitaillement et on va descendre. Je vais pouvoir récupérer un peu avant la montée de la piste de ski !
Kilomètre 5. 29 minutes. Petit virage à droite, entrée dans les bois et grosse perte d’altitude sur peu de temps … et bien ce n’est pas dans cette descente assez technique que je récupérerai 
Kilomètre 6. Déjà fini de descendre, ca monte de nouveau. 3 kilomètres de montées sur chemin rocailleux plus tard, virage à gauche et « Impressionnant », je suis au pied de la piste de ski. 800m de ligne droite quasi vertical … et le pire c’est que ces 3 derniers kilomètres m’ont déjà fait prendre dans mes réserves. 2 nouvelles zones de marche forcées sont de nouveau au programme de cette ascension.
Kilomètre 10. 1:04. Fin de la piste de ski, elle aura été vaincue en 6’47″, on est enfin en haut j’espère ! Deuxième ravitaillement de la journée puis on prend vers la droite, et surprise : la route continue à monter. Moins fort, mais çà monte quand même. Je le saurai après, mais il y avait encore 3 kilomètres.
Donc Kilomètre 13. On y est, on va enfin perdre de l’altitude. Mais, pourquoi sur des chemins de pierres ? J’ai besoin de récupérer moi. Snif. Malgré la difficulté du chemin, une petite foulure au km 14, la chute de la personne me précédant au km 15 et un ravitaillement, je descends à un bon rythme, peut être trop bon même, car au km 17, c’est la dernière difficulté de la journée qui se profile : La côte de Cherville. Celle-ci se déroule sur des chemins très sinueux dans le bois. C’est alors, dès que l’inclinaison s’intensifia, que j’ai complètement craqué, plus moyen d’avancer, je vais faire presque toute la côte en marchant, et même marcher se révèle être très dur tellement je suis HS. Il me faudra 9 minutes 47 pour quitter la côte, les bois et rejoindre le dernier ravitaillement.
Kilomètre 18. On est sur la route (une vraie en bitume) et çà descend, que du bonheur … si je n’étais pas sous les assauts de crampes dans les mollets et cuisses. Il va donc falloir être fort et mordre sur sa chique. Un petit coucou à mes parents venus me supporter (à la piste de ski et au km 19). Plus que 2 kms, les deux personnes qui étaient devant moi il y a 1 km commence à être loin, je suis seul sur la route pour les 2 derniers kms !
Kilomètre 20. Entrée du parc de la Fraineuse, j’y suis, courage. Entrée sur la piste d’arrivée. Faut encore rester concentré quelques secondes, ce serait bête de tomber juste avant la ligne d’arrivée à cause de crampes. J’y suis arrivé. En fait non, le tapis d’arrivée est 50m après l’arche d’arrivée. Voila, maintenant c’est fini : 2:10:20 (2:09:10 en temps réel) sur le chrono du stade. J’ai parcouru les crêtes de Spa et beaucoup plus vite que les 2heures20 espérés !!

Rendez-vous l’année prochaine ? Pourquoi pas, franchement je ne sais pas. Si il fait sec, oui car j’ai adoré cette épreuve. S’il fait humide, ce sera un non qui a 80% de chance de se transformer en oui car je voudrai surement tester la version boue ;-)

En tout cas, moi je ne peux que vous recommander de vous essayer à cette course difficile, conviviale et remarquablement organisée … elle en vaut vraiment la peine !!